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Recourir aux cellules souches pour traiter la sclérodermie

Maya Kallips souffre de sclérodermie.

Maya Kallips

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une nouvelle étude, faite en partie à Calgary et publiée dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, démontre que la transplantation de cellules souches peut améliorer et rallonger la vie des patients atteints de sclérodermie, une maladie rare qui cause le durcissement de la peau et des tissus internes.

L’Albertaine Maya Kallips est une des patientes qui a pu participer à l’étude internationale chapeautée par le National Institute of Health aux États-Unis. Souffrant de sclérodermie, elle se souvient de ses premiers symptômes.

« Mes doigts devenaient bleus ou mauves et engourdis. Je travaillais à l'extérieur, je ne comprenais pas ce qui arrivait. Finalement, j’ai été diagnostiquée en 2014, juste après m’être fiancée », raconte-t-elle.

Je suis sortie du bureau du médecin, je me suis assise dans ma voiture et j’ai fondu en larmes.

Une citation de : Maya Kallips, patiente

La sclérodermie est une maladie auto-immune rare qui cause le durcissement de la peau et pour laquelle il existe peu de traitements. « Le terme de sclérodermie veut dire durcissement de la peau, mais il est important de comprendre que cette maladie cause aussi le durcissement de tous les organes du corps, du système digestif aux poumons, ce qui est très grave et entraîne la mort », explique Sharon Le Clercq, rhumatologue et professeure à l’Université de Calgary. Une petite partie des cas est extrêmement grave. Les patients meurent en cinq ans.

Pour Maya Kallips, l'annonce de la maladie a été une terrible nouvelle. « Je travaillais comme électricienne industrielle, à l’extérieur. Ma nouvelle carrière, pour laquelle j’avais investi quatre ans d’études, tombait à l’eau. Ensuite, cela a empiré. Ma vie est devenue une suite sans fin de rendez-vous médicaux. Les mauvaises nouvelles s’accumulaient. Je n’osais même pas aller à un rendez-vous par moi-même, parce que je ne savais pas quand on allait m’annoncer mon pronostic, quand j’allais mourir », dit-elle.

C'est alors que son mari a fait des recherches et trouvé un essai clinique mené aux États-Unis et à Calgary. Une chance unique.

Utiliser les cellules souches

Le nouveau traitement propose de détruire la moelle osseuse et le système immunitaire avec de la chimiothérapie et de la radiation, puis de réintroduire des cellules souches provenant du patient pour les rebâtir.

« Les médicaments que nous utilisions avant ne faisaient qu’arrêter la maladie. Les cellules souches semblent non seulement arrêter l'avancement de la maladie, mais aussi réinitialiser le système immunitaire. La peau s’améliore, les poumons restent au même niveau, et nous évaluons actuellement les données pour voir l’effet sur le système digestif », précise Sharon Le Clercq.

Même si les médecins ne savent pas encore précisément pourquoi le traitement fonctionne, ils constatent que les effets sont remarquables, comme l'explique l’hématologue et professeur de médecine de l'Université de Calgary, Jan Storek.

Le taux de survie après six ans de traitement conventionnel était de 51 %. Avec le nouveau traitement, 86 % des patients étaient en vie. Leur qualité de vie s'est aussi beaucoup améliorée.

Une citation de : Jan Storek, hématologue et professeur de médecine à l'Université de Calgary

Pour Maya Kallips, la procédure a transformé sa vie. « Je vais beaucoup mieux. Je peux bouger, monter les marches. Je peux sortir promener mes chiens, j’ai beaucoup plus d'occasions qu’avant le traitement », explique-t-elle.

« Avant, nous n'envisagions pas d'avoir des enfants. Maintenant, nous y pensons. C'est une grosse différence. Avant, j'attendais juste de mourir », ajoute la jeune femme.

La rhumatologue Sharon Le Clerc est aussi convaincue de l’importance de cette avancée scientifique.

La médecin Sharon Le Clercq a fait partie de l'étude internationale pour traiter les patients atteints de sclérodermie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La médecin Sharon Le Clercq.

Photo : Radio-Canada

« Je pratique la médecine depuis longtemps et j’ai vu quelques moments extraordinaires. La transplantation de cellules souches dans le traitement de la sclérodermie est une de ces révolutions. Le taux de mortalité pour cette maladie n’a pas changé depuis 40 ans, mais je dois dire que cette procédure a le potentiel de changer cela », explique-t-elle.

En Alberta, le coût de la procédure est d’environ 70 000 $.

Des efforts sont maintenant faits pour rendre le traitement plus facilement accessible dans d’autres provinces canadiennes. Les résultats de l’étude sont publiés dans le numéro du 4 janvier du New England Journal of Medicine.

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