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Fortes répercussions de la crue printanière de 2017 dans le golfe

Un troupeau de phoques gris dans le golfe Saint-Laurent
Un troupeau de phoques gris dans le golfe Saint-Laurent Photo: Gil Thériault
Radio-Canada

Les fortes pluies qu'ont connues certaines régions du Québec au printemps dernier ont mené à la crue printanière la plus imposante depuis 1948 dans le golfe Saint-Laurent.

Un texte de Félix Morrissette-Beaulieu avec les informations d'Isabelle Damphousse

La quantité d’eau déversée dans le golfe Saint-Laurent lors des mois d’avril et de mai 2017 n’a jamais été aussi importante depuis que Pêches et Océans Canada collige des données sur les crues printanières, souligne Peter Galbraith, chercheur scientifique au ministère.

Les précipitations qu’ont connues les régions de Montréal et de l'Outaouais au printemps expliquent ce record. « Si l'on fait la moyenne du débit mensuel de ces deux mois-là, c’est un record. […] Ce serait la crue la plus forte, confirme le scientifique.

Le débit mensuel d’eau déversée dans le Golfe pour ces deux mois est de 23 400 m3\seconde, indique M. Galbraith. La moyenne pour le reste de l’année 2017 est de 12 500 m3\seconde. « C’est presque le double que la moyenne annuelle » affirme M. Galbraith.

La moyenne annuelle des crues printanières entre 1981 et 2010 était de 15 650 m3\sec par seconde.

Des conséquences sur les courants marins

L’augmentation de la quantité d’eau douce déversée dans le fleuve influe sur la stratification de l’eau dans le fleuve et ultimement, sur les courants marins, précise le chercheur.

La crue printanière a apporté une quantité anormalement élevée d’eau moins salée qui s’est superposée à des eaux plus salées, plus profondes. Ce phénomène affecte la circulation des courants marins à cause de la différence de densité entre les eaux.

« Le golfe profond se réchauffe, énormément »

La température dans les eaux profondes du Golfe Saint-Laurent n’a jamais été aussi élevée, ajoute M. Galbraith. Il s’agit d’une tendance lourde depuis plusieurs années.

C’est la même histoire depuis plusieurs années […] On a un léger répit [en 2017] dans les eaux intermédiaires, jusqu’à 250 mètres. C’était un petit peu moins chaud. À 300 mètres, ça a augmenté encore. On est à un nouveau record. Le golfe profond se réchauffe, énormément.

Peter Galbraith, chercheur scientifique, Pêches et Océans Canada

Le réchauffement des eaux profondes a des conséquences. Certaines espèces vont en profiter, comme le sébaste et la morue, dit le chercheur. D’autres, comme la crevette et le crabe, préfèrent des eaux moins chaudes. La situation peut donc entraîner des effets sur les pêches commerciales.

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