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L'ALENA comme trouble-fête à la rencontre du cabinet Trudeau

La tête de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, derrière un lutrin où on peut lire NAFTA-ALENA-TLCAN.
La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland devrait être la grande vedette de cette rencontre du cabinet à London, en Ontario. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Les ministres du gouvernement de Justin Trudeau entament une retraite de deux jours pour plancher sur les dossiers importants de 2018, avec les yeux rivés sur l'année suivante et ses élections générales. Ils vont tenter de pousser sous le tapis leurs déboires éthiques en rappelant aux Canadiens que l'économie roule à plein régime. Mais l'incertitude entourant l'avenir de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) pourrait gâcher la fête.

Une analyse de Fannie Olivier

Il y a fort à parier que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, fraîchement arrivée de Washington, sera la vedette de cette rencontre du cabinet, à London, en Ontario. C'est elle qui donnera l'heure juste à ses collègues sur l'état des négociations de l'ALENA, si cruciales pour le Canada. C'est elle aussi qui leur dira si l'accord se trouve à l'article de la mort ou si l'espoir que les négociations aboutissent est toujours permis.

Les probabilités que le Canada, les États-Unis et le Mexique parviennent à s'entendre s'effritent toutefois à vue d’œil. Quand des sources gouvernementales canadiennes laissent filtrer dans les médias qu'elles considèrent « de plus en plus possible » que Donald Trump annonce bientôt son intention d'en retirer les États-Unis, c'est qu'elles ne donnent plus cher de sa peau.

C'est aussi que le gouvernement Trudeau veut préparer le terrain et envoyer aux Canadiens le message qu'on ne le prendra pas par surprise et qu'il est prêt à toutes les éventualités.

Le plan B existe, nous dit-on, même si le plan B demeure pour l'instant top secret.

Le destin plus qu'incertain de l'ALENA pourrait donc faire ombrage aux bonnes nouvelles économiques sur lesquelles le gouvernement veut désormais insister.

Cet automne, alors que les indicateurs économiques lui souriaient, le gouvernement Trudeau n'a pas été en mesure d'en parler. Car dès qu'il ouvrait la bouche pour évoquer la croissance ou le bas taux de chômage, le ministre des Finances Bill Morneau était enseveli par les attaques de l'opposition sur la gestion de son propre portefeuille et sur son jugement éthique.

En 2018, les troupes de Justin Trudeau ont bien l'intention de se reprendre, de se vanter des bonnes nouvelles et, surtout, d'en prendre le crédit.

Le gouvernement Trudeau ne peut cependant faire le pari que seule l'embellie économique suffira à gagner le cœur des électeurs dans un peu plus de 18 mois, d'autant que le destin de l'ALENA pourrait l'altérer.

Il devra aussi présenter un bilan concret de ce qu'il a accompli au cours de son mandat.

À l'heure actuelle, bien des projets de loi sont encore à des stades préliminaires, il reste beaucoup de ficelles à attacher avant que les libéraux puissent se vanter d'avoir rempli une part respectable de leurs promesses électorales. Ce n'est sans doute pas par hasard que le maître de la « deliverology », la livraison de résultats, Michael Barber, est à nouveau l'un des invités spéciaux de la rencontre du cabinet.

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