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Des centaines de Britanno-Colombiens abandonnent leur animal pour un toit

Quatre jeunes chatons tachetés se serrent sur une couverture.

Selon des données de la SPCA de la Colombie-Britannique, plus de 1700 familles se sont départies de leur animal de compagnie pour trouver un logement.

Photo : iStock / Daniela Jovanovska-Hristovska

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Trouver un logement abordable à Vancouver relève d'un exploit. Si en plus vous avez un animal de compagnie, c'est presque mission impossible. Plus de 1700 Britanno-Colombiens ont ainsi abandonné leur animal en 2017 pour avoir un endroit où se loger, selon la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux.

Un texte de Charlotte Dumoulin

La question du logement est la raison première pour laquelle des animaux se retrouvent dans des refuges comme ceux de la SPCA de la Colombie-Britannique, selon le cofondateur et organisateur de l'association Pets OK BC, Eliot Galán.

Pets OK BC défend le droit des personnes avec un animal de compagnie d’avoir accès à des logements abordables dans la province.

Dans cette optique, l'organisme fait actuellement pression sur le gouvernement provincial depuis maintenant un an pour abolir une loi qui permet aux propriétaires de refuser les locataires avec des animaux.

Pets OK BC a recueilli 17 500 signatures pour sa pétition qui implore le gouvernement d’agir rapidement.

« C’est très rare »

Cécile Bourget est l’une des habitantes de Vancouver qui a eu à relever ce défi : trouver un logement abordable et où son chat est permis.

Contrairement à d’autres, pour elle il était hors de question d’abandonner son animal de compagnie : « On l’a emmené de France avec nous, ce n’est pas pour l’abandonner en Colombie-Britannique », dit-elle.

Elle a fait le voyage France-Vancouver avec son chat en octobre, et a ensuite cherché pendant près de deux mois un logement.

Chat brun couché sur une table avec un petit jouet entre les pattes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Mon chat n'a jamais rien brisé », assure Cécile Bourget.

Photo : Radio-Canada

Les longues recherches et la liste des refus essuyés par Cécile Bourget témoignent de cette difficulté. Elle explique que la plupart des propriétaires refusaient les locataires avec des chats. Ceux qui les acceptaient demandaient toutefois que l’animal reste enfermé dans une chambre. D’autres refusaient catégoriquement à cause des prochains locataires qui peuvent être allergiques.

Il lui a fallu faire plusieurs visites avant de trouver finalement un appartement convenable dans une colocation. Mais à sa grande surprise, il lui faut faire un dépôt de 1250 $ chaque mois en plus de son loyer au cas où son chat ferait des dommages.

« Je pense que je suis plus maladroite que mon chat. S’il y a quelque chose qui va être cassé, c’est plus facilement moi qui vais le casser plutôt que mon animal. » « Un animal s’il est bien éduqué fera moins de dégâts qu’un enfant par exemple », poursuit-elle.

Un changement de politique

Pour Pets OK BC, la situation devient de plus en plus problématique chaque année dans la province. Selon l’organisme, presque tous les propriétaires ont une politique qui proscrit les animaux dans leur bâtiment. Eliot Galán, le cofondateur de l’organisme, juge que le marché n’est pas équitable entre ceux qui ont un animal de compagnie et ceux qui n’en ont pas.

La solution pour Eliot Galán serait un accommodement raisonnable pour les locataires qui ont un chat ou un chien par exemple. « Il est temps d’abolir cette politique qui interdit les animaux de compagnie dans certains immeubles à logement », juge-t-il.

Homme debout habillé d'un veston dans un parc de la ville de Vancouver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Eliot Galán, co-fondateur de l'organisme Pets OK BC, demande que les propriétaires n'interdisent plus les animaux de compagnie dans leurs logements.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

M. Galán est d’avis que les animaux ne font pas autant de dommages que peuvent le croire les propriétaires d’appartement. « Nous ne sommes pas coupables avant qu’on n'ait pas prouvé le contraire, sauf lorsque le temps vient de trouver un logement avec son animal de compagnie », dit-il.

À son sens, le vrai problème n’est pas l’animal, mais plutôt certains locataires irresponsables qui ne s’en occupent pas toujours bien.

Comme solution, Pets OK BC propose la même politique qu'en Ontario où les propriétaires ne peuvent refuser un locataire avec un animal, à quelques exceptions près.

La ministre se dit consciente du problème

Le gouvernement de la Colombie-Britannique reconnaît le défi de trouver un logement abordable dans la province pour une personne ou un couple avec un animal ou même des enfants.

Dans une déclaration écrite, la ministre des Affaires municipales et du Logement, Selina Robinson, assure que c’est pour cette raison le gouvernement néo-démocrate prévoit construire notamment 114 000 unités de logements abordables dans la province au cours des 10 prochaines années.

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