•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Archives
  • Journée Martin Luther King : la ségrégation raciale expliquée par René Lévesque

    Radio-Canada

    Chaque troisième lundi du mois de janvier, on célèbre à travers le monde la Journée Martin Luther King. Une façon de souligner la lutte du pasteur américain pour la reconnaissance des droits des Noirs. De nos archives, voyez l'histoire du ségrégationnisme exposée par le journaliste René Lévesque.

    En 1960, aux États-Unis, le mouvement des droits civiques est en pleine ébullition. Les campagnes de protestation et de résistance passive se multiplient pour dénoncer la ségrégation raciale. Des jeunes, blancs et noirs, entreprendront sous peu les « Voyages de la liberté » ou « Freedom rides » pour défier les ségrégationnistes dans le sud des États-Unis.

    C’est dans ce contexte que, le 24 avril 1960, le journaliste René Lévesque dresse l’histoire de « l’homme noir ». Diffusé dans le cadre de l’émission Premier plan, son exposé captive et nous plonge entièrement dans cette période effervescente. Il nous démontre toute l’ampleur et la complexité de cette lutte pour l’égalité raciale. Il le fait aussi suivant une manière et un vocabulaire représentatifs de l’époque, qui peuvent surprendre aujourd’hui.

    Section d'une carte géographique avec un bateau à voile apposé et quelques drapeaux de pays colonisateurs sur le bord de la région identifiée comme la « Côte des esclaves ».

    Section d'une carte géographique utilisée par le journaliste René Lévesque pour illustrer la colonisation de l'Afrique

    Photo : Radio-Canada

    Pour bien expliquer l’émergence du mouvement des droits civiques, René Lévesque remonte à l’histoire de la traite des Noirs. À l’aide de cartes géographiques – qui sont devenues sa signature – il illustre de quelle façon les colonies ont importé des esclaves en Amérique. Une opération qui a duré plus de 300 ans.

    C’était un parfait circuit commercial. Ça a l’air d’un roman d’horreur pour faire peur aux enfants, mais c’est exactement comme ça que ça se passait.

    Le journaliste René Lévesque

    Après avoir décrit l’exploitation du continent africain par les colonisateurs européens, le journaliste s’attarde longuement à la genèse d’États indépendants sur ce territoire. Aux Nations unies, le bloc africain mène une campagne pour l’autonomie des pays encore sous le contrôle de minorités blanches. Le délégué de la Guinée à l’ONU se dit très optimiste. « Nous donnons l’année 1963 pour que toute l’Afrique soit indépendante », affirme-t-il. L’Afrique du Sud, sous le régime d’apartheid, est alors à feu et à sang.

    Martin Luther King, portant chapeau et habit, entouré de partisans.

    Discours de Martin Luther King, à l'émission Premier Plan du 24 avril 1960

    Photo : Radio-Canada

    Le journaliste termine son récit en exposant la ségrégation raciale qui sévit encore aux États-Unis. Il dénonce la doctrine « Separate, but equal » qui a permis aux sudistes blancs de rétablir « officieusement » l’esclavage, pourtant aboli 100 ans plus tôt. Puis il décrit le mouvement de résistance passive qui se met en place « sous la conduite d’un homme nouveau, le pasteur King ».

    Cette fois, la jeunesse noire est galvanisée comme jamais, jusqu’au chanteur de charme Monsieur Belafonte. Elle montre à la fois une audace et un entêtement tranquille qui sont sans précédent et qui la mène jusqu’aux portes de la Maison-Blanche.

    Le journaliste René Lévesque

    L’émission se termine sur cette note, prédisant dans un avenir proche des événements encore plus marquants pour les droits civiques des Afro-Américains.

    C’est le 28 août 1963 que le Martin Luther King prononce à Washington son discours I have a dream. L’année suivante, il reçoit le prix Nobel de la paix. En 1964, le gouvernement américain promulgue aussi le Civil Rights Acts, la loi abolissant officiellement la ségrégation aux États-Unis. Le combat pour l’égalité raciale n’est pas terminé pour autant. Martin Luther King est assassiné le 4 avril 1968, à Memphis, au Tennessee, alors qu’il est venu soutenir des éboueurs grévistes.

    Encore plus de nos archives

    Archives

    International