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Les syndiqués de l'ABI disent non à l'offre finale de l'employeur

Des représentants du syndicat des Métallos, section locale 9700.
Les employés syndiqués de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) ont rejeté massivement les offres finales de la partie patronale. Photo: Radio-Canada / Jérôme Roy
Radio-Canada

Les travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) ont rejeté la dernière offre patronale à 80,3 %. La direction avait qualifié cette offre de finale. Le syndicat lance tout de même un « ultime appel aux négociations ».

L'instauration d'un nouveau régime de retraite, considéré comme moins avantageux par le syndicat, est l'un des points de litige, selon la section locale 9700 du Syndicat des métallos.

L'autre point de désaccord, selon le Syndicat, a trait au respect de l'ancienneté dans les mouvements de main-d'oeuvre.

Les 1030 syndiqués étaient invités à se prononcer sur cette offre lors d'assemblées qui se sont tenues mardi soir et mercredi matin.

Pour sa part, la direction de l'ABI se dit déçue du rejet de son offre par la partie syndicale, et ajoute qu'elle « évaluera les prochaines étapes ».

La pression était forte sur les travailleurs. Plusieurs élus ont publiquement affirmé qu'ils craignent le déclenchement d'un conflit de travail.

L’Aluminerie de Bécancour inc. est l’un des plus importants employeurs privés de la région. En plus des 1030 travailleurs, de nombreux emplois indirects dépendent de cette usine. ABI entraîne des retombées économiques de l'ordre d'environ 500 millions de dollars annuellement dans la région.

Vers un conflit de travail?

La section locale du Syndicat des métallos a déjà obtenu de ses membres un mandat de grève à déclencher « au moment opportun ».

La direction de l'ABI pourrait aussi décider de décréter un lock-out.

Des gens assis à une table.Conférence de presse du syndicat des Métallos annonçant le rejet de l'offre finale de la direction de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI). Photo : Radio-Canada / Pierre Marceau

Les réactions ne se sont pas fait attendre de la part d'intervenants de la région qui suivent le dossier avec grand intérêt. Le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, se dit déçu de la tournure des événements et appréhende maintenant la suite des choses.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle, déplore-t-il. S’il y avait un lock-out ou une grève, ça aurait un impact énorme pour la région, les familles, l’économie et pour des investisseurs potentiels, parce que ce n’est pas une bonne indication, une entreprise de cette ampleur-là qui a des problèmes d’opérations. »

De son côté, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, garde espoir que les négociations puissent reprendre et qu’un conflit de travail soit évité. « Moi, les échos que j’ai eus, c’est qu’il y avait quand même eu des discussions entre le syndicat et la partie patronale, dit-il. Je sais que le canal de communication n’était pas tout à fait fermé. C’est ce qui me rend optimiste par rapport à la poursuite des discussions. »

La convention collective est échue depuis le 22 novembre.

Un conciliateur, Jean Nolin, a été nommé pour aider aux négociations.

Une première offre soumise au vote avait été rejetée à 97 % par les travailleurs.

Elle contenait notamment l'implantation d'un régime à deux vitesses, qui aurait fait en sorte que les nouveaux employés bénéficient d'un régime beaucoup moins avantageux.

Mauricie et Centre du Québec

Économie