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Un groupe veut que le stationnement au centre-ville de Moncton soit limité

Krystia Cowling, directrice générale de La Bikery de Moncton.

Krystia Cowling, directrice générale de La Bikery de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe militant pour le transport actif veut que les arrêtés municipaux de la Ville de Moncton soient modifiés pour limiter les espaces de stationnement au centre-ville. Il propose qu'on passe d'un système qui prévoit un minimum de places de stationnement pour un commerce ou une entreprise donnés à un système qui impose un maximum.

Un texte de Mathieu Massé

Le groupe mené par la directrice générale de la coopérative de vélo La Bikery, Krysta Cowling, présentera son plan lors du comité plénier de la Ville de Moncton le 22 janvier. « À Moncton, on a un minimum pour le parking, mais on voit maintenant que plusieurs villes commencent à changer ou modifier leurs arrêtés pour avoir des maximums. Le but est donc d’inverser notre système pour le stationnement », résume-t-elle.

Une pétition a été mise en ligne (Nouvelle fenêtre) pour obtenir l’appui des citoyens de Moncton. « 42 % de la surface du centre-ville de Moncton est déjà du stationnement. Ces endroits, souvent déserts, dévitalisent notre ville », peut-on lire dans le document.

Un cercle vicieux ou vertueux?

Yves Bourgeois, doyen des Études du campus de Shippagan de l’Université de Moncton, est spécialiste en aménagement urbain. Il estime que l’idée de réduire les espaces consacrés au stationnement dans les centres urbains fait beaucoup de chemin.

Yves Bourgeois en entrevueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yves Bourgeois, professeur à l'Université du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

Ottawa l'a fait, note-t-il, tout en investissant d'importantes sommes dans le transport en commun. Il explique que si on réduit le nombre de stationnements, il faut augmenter les autres moyens de transport pour se rendre en ville et revenir à la maison, sans quoi, le résultat ne sera pas celui qui est recherché.

« Ottawa a fait beaucoup d’investissements dans le transport en commun avec son système de train léger sur rails, mais ça s’est fait main dans la main avec le fait de réduire les contraintes minimales de stationnement », explique-t-il.

Yves Bourgeois, qui a aussi présidé le comité consultatif de la stratégie provinciale pour les services de transport inclusifs et durables au Nouveau-Brunswick, suggère de créer des parcs de stationnement en périphérie du centre-ville à partir desquels on pourrait privilégier le transport en commun ou actif.

Tant et aussi longtemps qu’on continue à devoir accommoder les espaces de stationnement pour les voitures, ça fait l’inverse de densifier.

Une citation de : Yves Bourgeois, spécialiste en aménagement urbain

Et la condition gagnante pour améliorer le transport en commun et actif? Une plus grande densification des espaces urbains. « Ça crée un cercle vicieux… ou vertueux, dépendant de la manière dont on le regarde », analyse-t-il.

Pour Krysta Cowling, il est temps que les villes cessent de prioriser les automobilistes. « Il faut qu’on commence à investir dans le transport actif et en commun. Ça, c’est une façon qu’on peut le faire : arrêter de prioriser la voiture et commencer à planifier nos villes pour qu’elles soient accessibles à tout le monde.

L’avantage du maximum

Krysta Cowling estime que l'idée d’établir un un nombre maximal d'espaces de stationnement permettrait de limiter les abus.

Dans le plan de la ville, la zone 1, qui englobe le centre-ville, n'impose pas de nombre minimal de places de stationnement, ce qui n'est pas le cas des autres zones tout autour, selon Mme Cowling. Un maximum permettrait d’éviter qu’un commerce donné ne propose des stationnements dont il n’a pas réellement besoin, dit-elle.

Yves Bourgeois est d’accord, mais vient toutefois tempérer les souhaits de la directrice de La Bikery. Selon lui, la tendance est plus à abaisser les minimums qu'à imposer des maximums. Même s’il est d’accord avec le principe, il rappelle qu’une volonté politique et publique devra se manifester pour qu'on arrive à ce résultat.

On vient de terminer la stratégie de transport actif et durable pour la province. Dans nos recommandations, on dit qu’on ne peut pas encourager le transport actif et partagé si on n’est pas en train d’agir sur l’environnement bâti en même temps.

Une citation de : Yves Bourgeois, spécialiste en aménagement urbain

Y a-t-il une volonté ?

Cette volonté, Yves Bourgeois n’est pas certain de la percevoir depuis quelques années. Il mentionne le déménagement de l’école Moncton High loin du centre-ville, dossier qui a fait couler beaucoup d’encre. Selon lui, le fait de déplacer l’école dans un secteur très mal desservi par le transport en commun a augmenté la dépendance à la voiture pour les élèves et les parents.

Yves Bourgeois soutient que le Nouveau-Brunswick est une des provinces les plus dépendantes à la voiture. Il affirme que pour promouvoir le transport actif, il faut plus que de bons arguments. Il faut un changement de mentalité et beaucoup d’éducation.

« Les arguments comme ceux sur les bienfaits du transport actif sur la santé interpellent les apôtres, ceux qui sont déjà convertis. »

Pour lui, il faudra beaucoup plus de créativité pour convaincre les autres, ceux qui critiquent le manque de stationnement par exemple.

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