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Peu de victimes de violence sexuelle utilisent un programme d'aide à Ottawa

Une femme se couvre le visage dans un coin d'une pièce avec son ombre au dessus d'elle.
Le but du projet est de s'assurer que les victimes de violences sexuelles puissent accéder aux services juridiques, apprendre quelles sont leurs options et prendre une décision réfléchie sur la façon de procéder. Photo: Shutterstock
Radio-Canada

Un projet pilote ontarien visant à offrir des conseils juridiques aux présumées victimes d'agression sexuelle est peu utilisé dans la région de la capitale nationale, selon des chiffres obtenus par Radio-Canada.

Des données du ministère du Procureur général de l'Ontario révèlent que 295 personnes ont utilisé le service du Programme pilote de prestation d’avis juridiques indépendants aux survivantes et survivants d’agression sexuelle en Ontario. On en compte à peine 79 à Ottawa et une centaine à Toronto.

Une seule demande en français a été formulée, mais il est possible que des francophones aient fait leurs démarches en anglais, selon le ministère.

Le programme provincial est offert à Toronto, Ottawa et Thunder Bay depuis le printemps 2016.

Les personnes qui en font la demande peuvent obtenir quatre heures de conseils juridiques gratuits. L’avocat consulté ne va pas toutefois jusqu’à représenter le plaignant ou la plaignante en cour si la personne décide de porter plainte.

Utiliser ce service est un choix personnel. Notre objectif est que les victimes sachent qu'il est disponible si, et quand, elles en ont besoin.

Emilie Smith, porte-parole au ministère du Procureur général de l'Ontario

Si une dizaine de victimes d'agression sexuelle de Thunder Bay ont eu accès au programme via le Centre d'aide aux victimes d'agression sexuelle, le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d'Ottawa n'a pas suggéré cette voie à une seule cliente.

« C'était une très bonne nouvelle [l'annonce de ce projet], par contre, nous avons très peu entendu parler de ce nouveau service-là au fil de la dernière année », a déclaré la gestionnaire du CALACS, Josée Guindon.

Nous travaillons avec des centaines de victimes d'agression sexuelle chaque année et si nous n'entendons pas parler de ce service-là, comment voulez-vous que ces femmes-là puissent l'utiliser?

Josée Guindon, gestionnaire du CALACS francophone d'Ottawa

Une porte-parole du ministère du Procureur général dit que le ministère est satisfait du taux de participation au programme. Le projet pilote se termine en mars et le ministère n’a toujours pas annoncé quelle sera la suite des choses.

« En offrant le service à différents endroits [...] nous voyons ce qui fonctionne le mieux avant de décider les prochaines étapes, par exemple une expansion du programme », a déclaré Emilie Smith par courriel.

Selon Mme Guindon, le gouvernement provincial a une obligation d'offrir des services aux victimes et qu'elle « ne se limite pas à faire une petite promotion des services ».

« Le service à la base est une très bonne initiative, par contre, il ne faudrait pas le reconduire tel quel. Il faudrait lui apporter des modifications surtout au niveau de la promotion et une promotion spécifique auprès des francophones », a-t-elle déclaré.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

Ottawa-Gatineau

Sexualité