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Des Premières Nations insatisfaites de la stratégie de la Saskatchewan sur le cannabis

Des plats de métal contenant de la marijuana.

Des Premières Nations déplorent le manque de consultation de la part du gouvernement de la Saskatchewan en ce qui concerne la stratégie de la province sur la vente de cannabis.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

À la suite de l'annonce de la stratégie de la Saskatchewan pour la vente du cannabis lundi, des Premières Nations de la province déplorent le fait qu'elles n'ont pas été consultées par le gouvernement. De plus, elles s'interrogent sur l'autorité de la province relativement à la vente de cannabis sur leur territoire.

La stratégie sur la vente du cannabis dévoilée par le gouvernement de la Saskatchewan, lundi, stipule qu’une soixantaine de permis de vente au détail seront délivrés dans 40 municipalités de la Saskatchewan et communautés des Premières Nations.

Les communautés admissibles doivent avoir une population de plus de 2500 personnes pour demander un permis, ce qui élimine la possibilité pour de nombreuses collectivités autochtones d’ouvrir un commerce de cannabis.

Depuis l'annonce lundi, trois communautés autochtones de la Saskatchewan ont été autorisées à demander un permis de vente de cannabis. Il s’agit des nations cries d'Onion Lake et de Peter Ballantyne, ainsi que la Première Nation de Lac La Ronge.

L'accès au cannabis sera toutefois un obstacle pour de nombreux membres des communautés rurales, selon la chef de la Première Nation de Sakimay, Lynn Acoose. « Je crois qu’ils sous-estiment vraiment la demande », dit-elle.

Il n'est pas trop tard pour que le gouvernement fédéral permette aux Premières Nations de s'autoréglementer en ce qui concerne le cannabis, tant pour la production que pour la vente au détail.

Lynn Acoose, chef de la Première Nation Sakima

La juridiction sur la production et la vente de cannabis est une préoccupation majeure pour les Premières Nations de la Saskatchewan qui souhaitent devenir des détaillants de cannabis.

« Je crois que nous serons à la merci du gouvernement provincial lorsqu'il s'agira d'établir les ventes de cannabis comme une entreprise rentable, craint Mme Acoose. J'aimerais voir une réglementation fédérale dans les réserves plutôt qu'une réglementation provinciale. »

Le manque de consultation dénoncé

Mme Acoose n’a observé aucune forme de consultation des Premières Nations par la province sur la question. Elle croit que, s’il y avait eu une consultation, la loi serait un peu différente.

La Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN) a déclaré qu'elle s'efforçait de créer des partenariats et des relations avec la province fondées sur le respect mutuel des compétences et des droits.

Mais l’histoire entre les communautés autochtones et la province n’a pas toujours été rose, selon le deuxième vice-chef de la FSIN, David Pratt.

Il indique que la vente aux enchères des terres de la Couronne constitue un excellent exemple du manque de consultation de la Saskatchewan.

En 2017, le gouvernement de la Saskatchewan a mis aux enchères plusieurs parcelles de terres de la Couronne situées dans des secteurs reculés de la province.

Ils viennent nous voir le jour ou la semaine précédant une annonce, ce qui est inacceptable.

David Pratt, deuxième vice-chef, Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN)

Or, les Premières Nations ont le droit de refuser la vente des terres de la Couronne, selon l’entente provinciale sur les droits fonciers issus des traités.

« Ils ont le devoir de nous consulter, dit M. Pratt. La plupart du temps, ils viennent après le fait accompli. »

M. Pratt indique que d'autres Premières Nations de la province envisagent de s'engager dans la production et la vente au détail de cannabis.

Avec les informations de CBC News

Saskatchewan

Nations métisses et autochtones