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Un livre de chanson pour préserver les traditions inuites

Elik Tologanak bat le tambour dans un groupe de chants de la danse du tambour à Cambridge Bay, au Nunavut.

Elik Tologanak bat le tambour dans un groupe de chants de la danse du tambour à Cambridge Bay, au Nunavut.

Photo : CBC / Kate Kyle

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une association inuite a lancé un livre de 30 chansons en inuinnaqtun et en inuktitut pour préserver les chants de la danse du tambour, une ancienne tradition des populations du Nord canadien.

Quand Elik Tologanak bat le tambour, elle est transportée dans son enfance, où elle vivait avec sa famille sur les terres près d'Ulukhaktok, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Aujourd'hui, l'aînée redécouvre ces chansons en participant, chaque semaine, à un groupe de chants de la danse du tambour dans sa communauté, à Cambridge Bay, au Nunavut.

« Quand nous avons recommencé à chanter, c'était comme si j'étais un enfant qui se réveillait en entendant les chansons », se souvient-elle, affirmant que l'expérience a été pour elle transformatrice.

Elik Tologanak et d'autres résidents de Kitikmeot, une des trois régions administratives du Nunavut, utilisent un nouveau livre de chansons de la danse du tambour pour réapprendre la langue et les chansons de leurs ancêtres.

Huqqullaarutit Unipkaangit — Stories Told Through Drum-Dance Song est un projet lancé par la Kitikmeot Inuit Association (KIA), qui vise la préservation des dialectes de la région, y compris l'inuinnaqtun. La langue inuite a connu un fort déclin, malgré une légère résurgence dans le recensement de Statistique Canada de 2016 : 675 personnes l'ont identifiée comme leur langue maternelle, contre 395 en 2011.

« [Les chansons] sont une fenêtre sur notre histoire », estime Julia Ogina, coordinatrice au programme de la KIA, la corporation représentant les Inuits de la région de Kitikmeot.

« Pour que la langue soit parlée à nouveau, nous devons la comprendre dans son ensemble », ajoute Mme Ogina, qui a aidé à compiler les chansons du nouveau livre en travaillant avec des aînés.

Le groupe de chants de la danse du tambour.
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Le groupe de chants de danse à tambour se sert du livre lancé par la Kitikmeot Inuit Association.

Photo : CBC / Kate Kyle

Des histoires de nomades

Traditionnellement, les chants de la danse du tambour étaient plus prolifiques lorsque les Inuits de la région étaient nomades. Les Inuits se rassemblaient après de longs et sombres hivers et racontaient des histoires de leurs voyages, de leurs célébrations et de leurs combats. Certaines chansons se terminent par une danse contemporaine avec un ou deux danseurs, où le chanteur principal prend le tambour.

Au total, le livre contient plus de 30 chansons dans le dialecte des Inuits du cuivre (Inuinnait) et des Nattilingmiut dans la région de Kitikmeot, au Nunavut.

Les chansons sont imprimées en inuinnaqtun et en inuktitut, à la fois en texte romain et en écriture syllabique. Une partie de la terminologie est si ancienne que Julia Ogina et d'autres essayent encore de les décoder. Ils ont également écouté de vieux enregistrements de cassettes.

« Ce sont des chansons sur le fait de ne pas avoir assez à manger, de ne pas pouvoir attraper d'animaux, parce que les animaux ne viennent pas », explique-t-elle.

Une fois que les Inuits se sont installés dans les communautés, Julia Ogina souligne que ces rassemblements sont devenus moins communs, en plus d'être interdits par les missionnaires.

Moins de chansons et d'histoires ont été transmises à la génération suivante, et seulement une poignée de nouvelles chansons ont été créées.

La bonne nouvelle : de plus en plus de jeunes assistent aux chants de la danse du tambour hebdomadaires qu'organise la KIA. « Beaucoup de jeunes veulent apprendre. [Le livre] a créé les outils pour qu'ils fassent partie de l'environnement d'apprentissage », souligne Mme Ogina.

Selon un reportage de CBC de Kate Kyle

 

 

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