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Ottawa et OmniTRAX devant le tribunal

Voie ferrée menant vers Churchill sous la neige.

Le gouvernement fédéral avait pressé OmniTRAX en septembre dernier de réparer la voie ferrée menant vers Churchill.

Photo : Radio-Canada / Omnitrax

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

OmniTRAX et le gouvernement fédéral sont attendus en cour lundi, à Winnipeg. Les deux parties s'affrontent depuis que la compagnie a décidé de ne pas respecter la date limite imposée par Ottawa pour réparer la voie ferrée menant vers Churchill.

Les résidents de la petite communauté dans le nord du Manitoba s’impatientent. « J’espère qu’OmniTRAX et le fédéral vont trouver une solution pour réparer la voie ferrée. C'est toute une histoire et ça commence à faire longtemps », mentionne Juliette Lee, résidente de Churchill et bibliothécaire à la retraite.

La seule ligne terrestre vers Churchill est inaccessible depuis mai dernier, et les coûts de la nourriture grimpent. « Quatre kilos et demi de sucre qu’on achèterait 5,89 $ à Winnipeg, à Churchill, on les paie 16,99 $. C'est une grosse différence. Heureusement que j'ai fait des économies. Pour une famille qui a deux, trois enfants, cela ne doit pas être facile », dit Mme Lee.

« Tout est devenu cher ici. L’essence est à 2,20 $ le litre. Tout a augmenté. À la maison, on chauffe au gaz, et la dernière facture était de 677 $ pour le mois de décembre, et avant, c’était 100 $, le mois », poursuit Mme Lee.

Selon le maire de Churchill, Mike Spence, cette situation est désastreuse. La communauté d'environ 900 personnes dépend du tourisme et de la saison estivale, centrée sur les bélugas.

À qui la responsabilité?

OmniTRAX avait déclaré qu’il faudrait des mois pour réparer la voie ferrée endommagée à la suite d’inondations. En juillet, la compagnie a annoncé que le coût de la réparation de la ligne s'élèverait à 60 millions de dollars. La compagnie ferroviaire avait ajouté qu’elle serait incapable de couvrir la facture.

OmniTRAX a alors demandé aux autorités fédérales et à la province, ainsi qu'aux Premières Nations de participer financièrement à la réparation.

Du côté des gouvernements fédéral et provincial, la réponse a été claire : l’obligation d’effectuer les réparations revient à l'entreprise de Denver.

En septembre, le gouvernement fédéral a « formellement exigé » qu'OmniTRAX reprenne le service ferroviaire. Ottawa a avancé qu’une entente conclue avec OmniTRAX l’autorisait à exploiter la ligne, mais l'engageait aussi à entretenir et à réparer toute la ligne jusqu'en mars 2029.

En novembre dernier, le gouvernement fédéral a intenté une poursuite contre OmniTRAX pour 18 millions de dollars en violation d'une entente conclue en 2008.

OmniTRAX conteste la décision d’Ottawa en vertu de l’Accord de libre-échange nord-américain, alléguant que le gouvernement fédéral sabotait le travail de réparation de la voie ferrée.

La compagnie a mentionné vouloir un arrangement raisonnable avec Ottawa, sans quoi elle demandera des dommages et intérêts de 150 millions de dollars et des frais juridiques.

Alors que le gouvernement fédéral et OmniTRAX se préparent pour le premier jour prévu au tribunal, les démarches pour acheter la ligne se poursuivent.

Lueur d'espoir

« Que le gouvernement et OmniTRAX soient en Cour est une bonne chose. Nous espérons qu’ils parviendront à une entente. C’est notre source d’espoir depuis longtemps », déclare Dale de Meulles, propriétaire d’un magasin à Churchill.

« Nous nous aidons entre résidents du mieux que nous pouvons, mais nous aimerions retourner à la normale et que les gens puissent retrouver leur emploi », a-t-il rappelé.


M. De Meulles a dû licencier 10 de ses employés. « Le processus à la Cour peut être long, alors l’idéal serait de trouver une façon de réparer la voie afin que l’économie puisse reprendre. Quelqu’un doit vraiment agir pour nous permettre de nourrir nos familles. »

Les deux parties seront de retour à la cour le 22 février.

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