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Cure de beauté de quatre ans pour la rue Sainte-Catherine

Les précisions de Julie Marceau
Radio-Canada

La Ville de Montréal lance lundi une série de travaux d'infrastructures et d'embellissement de la rue Sainte-Catherine Ouest, au centre-ville de Montréal, qui perturbera la circulation dans le secteur pour au moins quatre ans.

Ces travaux ont été rendus nécessaires par le vieillissement du système d'aqueduc, qui date de plus d'une centaine d'années, et des installations électriques souterraines.

L'artère commerciale sera réaménagée sur une distance de 2,2 kilomètres entre l'avenue Atwater et le Quartier des spectacles.

La première phase des travaux, entre les rues Mansfield et De Bleury, coûtera plus d'une centaine de millions de dollars.

Un camion devant l'église Christ-ChurchLa circulation sera perturbée tout au long des travaux. Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Profitant du fait que l'ensemble de la rue devra être refait dans le secteur, la Ville entend revoir l'aménagement de cette importante artère commerciale pour la rendre plus conviviale et attirante pour la clientèle. Il est entre autres question d'élargir les trottoirs.

Le square Phillips et la place du Frère-André, un peu plus au sud, seront également réaménagés.

« On voit une opportunité pour revoir l’aménagement, pour en faire une expérience commerciale, mais aussi pour redynamiser le secteur Sainte-Catherine Ouest, qui en avait grandement besoin, a expliqué Robert Beaudry, responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville de Montréal, à Gravel le matin, lundi.

On veut en faire une artère signature pour le centre-ville de Montréal.

Robert Beaudry, responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville de Montréal

Conscient des difficultés importantes que connaît le secteur du commerce de détail ces dernières années, la Ville de Montréal mise sur la réfection de la rue Sainte-Catherine pour offrir un tout nouveau concept de magasinage urbain destiné à séduire et à attirer la clientèle qui déserte de plus en plus les grandes artères commerciales à Montréal.

« Actuellement, le commerce de détail ne va pas très bien. On a déjà 60 places commerciales fermées sur Sainte-Catherine Ouest avant même le début du chantier, a souligné M. Beaudry. Il faut que les gens souhaitent venir sur cette artère. »

Un travailleur de la construction fait fonctionner une scie à béton.Les trottoirs de la rue Sainte-Catherine seront refaits. Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Avant de déambuler dans une rue Sainte-Catherine toute neuve et moderne, piétons et automobilistes devront toutefois endurer quatre années de travaux qui affecteront sensiblement la circulation au centre-ville de Montréal. Certains tronçons étaient déjà fermés, lundi midi.

La Ville promet de tout faire en son pouvoir pour que les commerces de la rue Sainte-Catherine Ouest demeurent accessibles pendant toute la durée des travaux. Elle leur promet aussi 4,6 millions de dollars via le programme PRAM - Accès chantier ainsi qu'une compensation lorsque les travaux seront terminés.

Car certains marchands appréhendent un impact notable sur leurs revenus. C'est le cas de Mathieu Maloin, qui possède le Piranha Bar et un restaurant Frites Alors!, deux établissements situés près du boulevard Robert-Bourassa.

On se demande : Comment ça va se passer? Est-ce que les délais vont être respectés? Est-ce que les clients vont venir? Est-ce que je vais survivre?

Mathieu Maloin, commerçant

« Il y a quand même eu plusieurs appels aux commerçants et il y a eu beaucoup d'informations Internet qui a été données, admet-il. J'ai pu suivre le projet. Mais quand tu es un petit commerçant, que tu travailles 60, 70, 80 heures, tu n'as pas le temps d'aller communiquer face à face avec tout le monde. »

Destination centre-ville, qui représente des milliers d'entreprises comme la sienne, souhaite qu'au moins la rue ne soit pas excavée à nouveau lorsque les travaux seront complétés, comme ce fut le cas sur le boulevard Saint-Laurent il y a quelques années.

« Il faut s'assurer qu'il n'y aura pas de travaux suite aux travaux. On a vécu ça sur d'autres rues, rappelle son directeur général, André Poulin. Peut-être qu'il faudrait remettre sur la table l'idée qui avait été énoncée à un moment donné de prévoir un corridor de service sous la rue, pour s'assurer que s'il y a des réparations à faire, des changements à effectuer, qu'on puisse avoir accès sans ouvrir la rue dans le futur. »

Les trottoirs chauffants remis en question

En ce qui a trait à l'installation de trottoirs chauffants que proposait l'administration Coderre, cet aspect du projet est remis en question par l’équipe de la nouvelle mairesse Valérie Plante, qui a constaté des problèmes avec les dalles chauffantes installées lors de la rénovation de la place Vauquelin, près de l'hôtel de ville.

Robert Beaudry explique que le comité exécutif analysera la question sous trois angles, soit : la valeur ajoutée de cet élément pour les commerçants, le ratio du rendement de l'investissement pour les contribuables et l’efficacité de cette technologie.

L'administration Plante-Dorais compte annoncer sa décision aux commerçants le 15 janvier.

Grand Montréal

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