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« C'est une guerrière », témoigne la soeur d'une Gatinoise amputée de ses 4 membres

Sabryna Mongeon, 18 ans, dans un lit au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (archives).

Âgée de 18 ans, Sabryna Mongeon devrait sortir du coma prochainement (archives).

Photo : Facebook

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Sabryna Mongeon, la Gatinoise de 18 ans amputée de ses quatre membres à la suite d'un accident de voiture, devrait sortir du coma cette semaine, au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Sa grande soeur Samantha garde espoir que sa cadette puisse être à nouveau autonome dans les prochaines années.

Un texte d'Agnès Chapsal

« C'est une guerrière », lance Samantha Mongeon, 21 ans et mère d'un bébé de 4 mois, en parlant de sa soeur cadette. « C'est une grande battante, elle débordait d'énergie. »

Dans la nuit de Noël, Sabryna Mongeon quitte le domicile de sa mère à Luskville pour aller rejoindre un ami à Gatineau. Sur la route, elle constate que les conditions météorologiques ne sont pas bonnes et elle choisit de prendre un chemin moins encombré.

La jeune femme perd alors le contrôle de son véhicule et percute un poteau d’Hydro-Québec.

Inquiète que sa voiture prenne feu, elle en est sortie. Mais avec l'obscurité, elle ne voit pas fils électriques tombés sur son véhicule et reçoit une très forte décharge électrique.

« Aussitôt qu'elle est sortie de l'auto, c'est là qu'il y a eu un choc. Ce sont 14 500 volts qu'elle a reçus. »

— Une citation de  Samantha Mongeon, soeur de Sabryna Mongeon
Sabryna Mongeon tient le fils de sa soeur dans ses bras.
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Sabryna Mongeon a été amputée des 4 membres.

Photo : Courtoisie

Sabryna perd conscience. Quand elle se réveille, elle voit qu'il lui manque un pied.

La jeune femme rampe jusqu'à son auto et se relève en s'appuyant sur son véhicule. Hydro-Québec a alors coupé l'électricité, constatant qu'il y avait eu un problème dans cette zone.

« Une fois qu'elle est entrée dans son véhicule, ses mains étaient gelées, donc elle ne pouvait pas démarrer l'auto. Elle ne pouvait pas appeler le 911. »

— Une citation de  Samantha Mongeon, soeur de Sabryna Mongeon

Après plus de quatre heures d’attente dans le froid, un bon samaritain vient lui porter secours. « Il a pris ma petite sœur dans ses bras et l’a réchauffée », explique la sœur de la victime. « C’est son ange et elle est très, très reconnaissante envers lui. »

Samantha Mongeon et son frère Jacob Lafrance dans les locaux de Radio-Canada Ottawa-Gatineau
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Samantha Mongeon et son frère Jacob Lafrance.

Photo : Radio-Canada / Agnès Chapsal

Une fois à l'hôpital, Sabryna est placée en coma artificiel, notamment pour atténuer sa douleur. Elle est ensuite brièvement sortie du coma pour qu'on l'informe des opérations qu'elle devait subir.

« Je lui ai parlé personnellement. Et je lui ai dit : "Écoute Sabou, si tu veux aller rejoindre notre grand-père, au ciel, tu peux y aller et on ne sera pas fâché contre toi, on va t'appuyer dans toutes les décisions que tu vas prendre". Et puis elle m'a répondu avec le même petit caractère qu'elle avait : "Je n'ai pas gelé dehors pendant quatre heures de temps pour m'en aller là-bas" », raconte Samantha.

La jeune femme, très protectrice de sa petite soeur, avoue qu'elle ne pensait pas que Sabryna « aurait pu passer à travers ça ».

Un choc terrible

Pour Samantha comme pour Jacob, 11 ans, le frère cadet de Sabryna Mongeon, le choc est terrible quand ils revoient Sabryna à l'hôpital, une fois amputée.

« Je l'ai vue hier [samedi, NDLR] amputée. [...] J'ai trouvé ça dur pour être honnête », reconnaît la jeune femme. « Mais juste de voir la sérénité dans son visage, ça fait vraiment du bien. »

Mais Samantha croit que le plus difficile est à venir.

« Ça va être une claque dans le visage. »

— Une citation de  Samantha Mongeon, soeur de Sabryna Mongeon

Pour sa part, Jacob Lachance dit avoir été le dernier à avoir été informé de l'état de sa soeur.

« Je ne pleurais pas au début, mais quand j'ai compris, j'ai eu de la misère à passer à travers », témoigne le garçon, très ému. « Au début, je ne voulais pas aller la voir à l'hôpital, mais quand j'ai vu qu'elle voulait vivre, je suis allé la voir ».

Samantha Mongeon en entrevue à Radio-Canada
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Samantha Mongeon, la soeur de Sabryna Mongeon qui a été amputée de ses quatre membres.

Photo : Radio-Canada / Agnès Chapsal

Campagne de sociofinancement

Malgré les difficultés, Samantha Mongeon garde espoir et se dit optimiste face au rétablissement de sa soeur, portée par la générosité de la population.

« En moins de 12 heures, on a dépassé les 10 000 $ », assure la jeune femme, encore étonnée des résultats de la compagne de financement participatif qu'elle a lancée avec l'aide de son conjoint.

« J'ai augmenté à 200 000 $, mais pour Sabryna, il va falloir plus que ça », dit Samantha, qui veut faire tout son possible pour que sa soeur retrouve son autonomie, « se sente belle et réapprenne à aimer son corps ».

Pour l'instant, elle a récolté plus de 100 000 $. L'argent servira à aider la mère de Sabryna à emménager à Montréal pour être près de sa fille et à la réhabilitation de Sabryna.

« Mon rêve, c'est qu'elle puisse se faire à manger toute seule, qu'elle puisse ravoir une vie quasi normale. »

— Une citation de  Samantha Mongeon, soeur de Sabryna Mongeon

« On n'est pas riche. On n'a jamais eu besoin d'avoir d'argent pour être heureux dans la vie. Mais maintenant, c'est sûr que le sociofinancement, c'est une demande de dons, c'est vraiment pour aider Sabryna », précise la jeune femme qui regrette d'avoir reçu des commentaires négatifs sur Facebook à ce sujet, mais se dit très heureuse de tous les messages de soutien qu'elle reçoit.

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