•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

CIBL : « Ce n'est pas la fin », assure sa vice-présidente

Valérie Plante et Julien Poirier-Malo.
L'animateur de l'émission « La matinale », Julien Poirier-Malo, qui recevait ici Valérie Plante en entrevue, fait partie des employés qui ont perdu leur emploi. Photo: Facebook / CIBL 101,5
Radio-Canada

La nouvelle crise qui frappe la radio communautaire CIBL est symptomatique de ce que vit l'ensemble de l'industrie des médias, estime la vice-présidente de son conseil d'administration, Lise Millette. Mais, contrairement à d'autres entreprises qui ont coulé avec la perte de leurs revenus publicitaires, tous les espoirs sont permis pour la radio communautaire appréciée des Montréalais, dit-elle.

« Je refuse de dire que c’est la fin », affirme avec emphase Mme Millette en entrevue à RDI matin week-end. La station a connu de nombreuses crises depuis sa fondation en 1980, mais elle a toujours survécu, rappelle-t-elle.

Vendredi, la radio communautaire du 101,5 FM dans la région de Montréal a fait parvenir à ses 13 employés et ses quelque 200 bénévoles un courriel leur annonçant la mise à pied temporaire de tout le monde et la suspension des émissions, en raison de ses difficultés financières.

Mme Millette rappelle qu’en 2001, lorsqu’elle faisait partie du conseil de programmation, la direction avait aussi dû mettre à pied ses employés, avant de trouver des solutions pour surmonter ses difficultés économiques. C’est dire que la station est habituée de renaître de ses cendres et que sa mort moult fois annoncée n’est pas encore survenue, jure Mme Millette.

« Ce n’est pas la fin, parce que ce n’est pas une station privée où, lorsque les investisseurs décident de retirer leurs billes, on met tout simplement le cadenas dans la porte », dit-elle.

CIBL, c’est une radio communautaire. Ça veut dire qu’elle repose sur une communauté. On peut être membre de CIBL. On peut toujours sauver CIBL, comme il y a eu des sauvetages un peu par miracle dans le passé.

Lise Millette, vice-présidente du conseil d’administration de CIBL

Sans faire d’angélisme – Lise Millette admet que « la situation est sérieuse » –, la vice-présidente croit beaucoup au comité de relance qui entreprendra ses travaux dès lundi, selon elle.

« Un comité de relance sera mis sur pied et on évaluera toutes les situations. Toutes les options seront sur la table. Évidemment, on ne va pas s’avancer maintenant, parce que le comité n’est pas formé », dit Mme Millette, qui a dirigé la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pendant 18 mois jusqu’en 2016.

À ce poste, Mme Millette a été aux premières loges pour défendre la profession en crise en raison de l’effondrement des marchés publicitaires et de la dispersion sur les plateformes numériques de géants américains tels que Facebook et Google.

Ça représente le symptôme et la réalité de l’ensemble de la crise dans l’industrie médiatique. On n’est pas épargné comme station communautaire. L’effondrement du marché, c’est la même chose que pour bien des journaux, bien des magazines et des publications.

Lise Millette, vice-présidente du conseil d’administration de CIBL

CIBL peine à trouver une stabilité financière, malgré les profondes modifications apportées à sa structure au cours des dernières années. L’ex-directeur Arnaud Larsonneur, qui a démissionné il y a trois semaines après avoir été deux ans à la tête du navire, avait notamment réorganisé la programmation en retirant plusieurs émissions des ondes.

Pour l’exercice financier 2015-2016, son budget s’est soldé par un déficit de 100 000 $. Cette année-là, l’organisation avait lancé une grande campagne de soutien, à laquelle participait Mme Millette à titre de co-porte-parole, pour amasser des fonds sous le thème #jaidecibl.

L’entreprise Cogeco Média s’était engagée à soutenir CIBL à hauteur de 375 000 $ sur trois ans.

Les employés et les bénévoles sont convoqués à une rencontre lundi à 16 h.

Avec des informations de Pascal Robidas

Engagement communautaire

Société