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Les optométristes menacent de se retirer de la RAMQ

Une patiente en train de faire un examen de la vue.

En 30 ans, les frais des cliniques d'optométrie ont augmenté trois fois plus que la rémunération à l'acte.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un bras de fer se dessine entre les optométristes du Québec et le ministère de la santé. Puisque la tarification des examens remboursés par Québec n'a pas été indexée depuis plusieurs années et que les négociations piétinent, les optométristes menacent de se retirer de la RAMQ et de charger le plein prix aux patients.

Guillaume Fortin, optométriste à la Clinique Optik Maltais de Jonquière, perd un dollar chaque fois qu'un patient couvert par la RAMQ s'assoit dans sa chaise.

Pour lui, le déficit grimpe rapidement, puisque les jeunes de moins de 18 ans, les personnes de 65 ans et plus et les prestataires de la sécurité du revenu représentent 50 % de sa clientèle.

« C'est une situation qui est devenue insoutenable pour les optométristes parce que c'est comme si on faisait du bénévolat », explique-t-il.

Guillaume Fortin dans son bureauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guillaume Fortin, de la Clinique Optik Maltais de Jonquière, dénonce le fait que la tarification des examens remboursés par la RAMQ n'a pas été indexée puis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada

En 30 ans, les frais des cliniques d'optométrie ont augmenté trois fois plus que la rémunération à l'acte. Un écart qui s'explique mal, puisque les optométristes ont investi pour offrir des services auparavant réservés aux médecins et aux ophtalmologistes.

« C'est très payant pour le gouvernement, c'est accessible pour les patients, mais ce n'est pas rentable pour l'optométrie »

— Une citation de  Guillaume Fortin, optométriste à la Clinique Optik Maltais de Jonquière

Les négociations avec Québec ne mènent nulle part. À moins d'un rattrapage substantiel pour couvrir leurs frais, les optométristes menacent donc de se retirer du régime public, ce qui forcerait les patients à payer de leur poche.

Celui qui siège au comité national de négociation estime que la balle est désormais dans le camp du ministre Barette.

« Les optométristes coûtent 0,15 % du budget total de la santé, donc c'est une très infime partie et pour ce 0,15 % là, ils en font beaucoup pour décharger les urgences des hôpitaux et pour décharger les ophtalmologistes », ajoute Guillaume Fortin.

Le ministre de la Santé, Geatan Barrette, a décliné les demandes d'entrevue, mais a fait savoir par son attachée de presse qu'il veut en arriver à une entente le plus rapidement possible. Il refuse toutefois de négocier sur la place publique.

D'après le reportage de Priscilla Plamondon-Lalancette

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