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Concerts en direct sur Facebook : quel avenir pour les artistes?

Radio-Canada

De plus en plus d'artistes utilisent Facebook comme outil promotionnel. Certains vont même jusqu'à y diffuser gratuitement certaines oeuvres. Le phénomène des concerts en direct sur Facebook ouvre un nouveau chapitre quant aux droits d'auteurs et aux habitudes de consommation des mélomanes.

Un texte de Geneviève Lapalme

Diffuser un concert en direct sur Facebook représente une occasion en or pour The Village Idiots, un nouveau joueur winnipégois dans la production et la diffusion de spectacles de musique.

Depuis novembre 2016, une prestation musicale est présentée chaque mercredi soir sur cette page Facebook. Les membres à l’origine de la série de concerts Live at the Roselyn ont un but précis : utiliser Internet pour démocratiser la diffusion de musique tout en offrant une vitrine internationale aux talents locaux, explique l’un d’entre eux, Riley Saunders.

« Nous croyons que les artistes d'ici sont aussi talentueux que ceux diffusés à la radio et à la télévision », explique-t-il.

Nous voulons que la prochaine sensation musicale canadienne provienne de Winnipeg.

Riley Saunders, un des fondateurs de The Village Idiots.
Riley Saunders et Kevin Repay, membres de « The Village Idiots »

Riley Saunders et Kevin Repay, membres de «The Village Idiots» souhaitent mettre de l'avant le talent des musiciens locaux.

Photo : Radio-Canada

Ils souhaitent aussi offrir au spectateur une nouvelle forme de concerts où les gens peuvent découvrir de nouveaux artistes dans leur salon.

Cinq techniciens suivent une procédure méthodique avant chaque spectacle pour assurer aux internautes une bonne qualité du son et de l’image.

« Facebook en direct, c'est un couteau à double tranchant. Pratiquement tout le monde peut y diffuser un contenu avec un simple téléphone intelligent, mais ça ne garantit pas le niveau de qualité. Une diffusion de qualité permet d’accrocher l’attention des spectateurs », précise un autre membre fondateur de The Village Idiots, Kevin Repay.

Diffusion étendue, revenus limités

La formation winnipégoise Red Moon Road s’est prêtée au jeu et a offert une prestation musicale sur la page Facebook de The Village Idiots. Résultat? Ils ont pu attirer quelque 18 000 curieux des quatre coins de la planète.

Les trois membres de Red Moon Road lors d'une session photo sur le toît de ArtSpace

La formation winnipégoise Red Moon Road a offert une prestation musicale en direct sur Facebook pour la première fois de leur carrière.

Photo : Red Moon Road

Même si les membres du groupe n'ont pas touché de redevances pour ce concert, ils ont pu rejoindre leurs fans, leurs amis et leur famille éloignés sur le plan géographique. Ils reconnaissent toutefois qu’une vidéo virale de bonne qualité sonore et visuelle représente un outil de promotion intéressant et surtout, gratuit.

Si les avantages sont nombreux pour les diffuseurs et les artistes, ce nouveau phénomène suscite tout de même des questions quant aux droits d’auteurs et aux revenus des artistes.

Stephen Carroll de la corporation de développement Musique et Film Manitoba précise que, contrairement à YouTube, Facebook, n’a pas de système en place pour rémunérer les artistes en fonction de la diffusion de leurs oeuvres sur cette plateforme.

La technologie évolue plus rapidement que la capacité de la loi à s'adapter. C’est un système complexe, il y a beaucoup de droits.

Stephen Carroll, Musique et Film Manitoba

Pour beaucoup de musiciens, comme pour Red Moon Road, c’est la vente de billets de spectacles qui constituent le principal revenu. L’arrivée des concerts gratuits sur Facebook est donc un élément qui risque de transformer l’industrie de la musique.

Daniel Peloquin-Hopfner, banjoïste du groupe Red Moon Road.

Daniel Peloquin-Hopfner, banjoïste du groupe Red Moon Road, croit qu'aucun format, aussi réaliste soit-il, ne pourra remplacer l'expérience d'un concert en salle.

Photo : Radio-Canada

« C’est un grand avantage pour les amateurs parce qu’il peut voir son groupe préféré, même si la tournée ne s’arrête pas dans leur ville ou que les billets sont tous vendus. Mais de la perspective du groupe, c’est à découvrir. Pour nous, c’est vraiment juste une expérience, une façon d’essayer un nouveau média », raconte le banjoïste de Red Moon Road, Daniel Peloquin-Hopfner.

L’évolution de la technologie et des habitudes de consommation de la musique est incontournable, selon les fondateurs de The Village Idiots. Ils espèrent toutefois qu’elle sera avantageuse pour les artistes et les mélomanes.

La technologie virtuelle n'est pour eux qu'une façon de transposer leur passion de la musique dans un monde bien réel.

Musique