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Tendances alimentaires : on mangera quoi en 2018?

Photo : iStock

Radio-Canada

Des superaliments aux farines à base d'insectes, en passant par les boulettes de burgers véganes, l'industrie alimentaire tente constamment d'aller au-devant des goûts de consommateurs et de prédire les tendances à venir, quitte à se tromper. Coup d'œil sur l'année culinaire qui s'amorce.

Un texte de Dominic D. Matthews (Nouvelle fenêtre)

Les protéines végétales pour remplacer la viande

C’est loin d’être nouveau, mais la réduction de la consommation de protéines animales stimule le marché des substituts végétaux. Des boulettes véganes aux laits d’origine végétale, l’offre se diversifie.

« Que ce soit pour des raisons de santé, environnementales ou de bien-être animal, ce mode d’alimentation est bien plus qu’une mode passagère », affirme la nutritionniste et auteure du livre Sucre, vérités et conséquences, Catherine Lefebvre.

« C’est le début d’une révolution alimentaire », croit-elle.

Une mise en garde toutefois : les substituts végétariens ou végétaliens ne sont pas nécessairement meilleurs pour la santé que l'original. La nutritionniste donne l’exemple de la crème glacée ou du bacon végétaliens, qui sont des aliments ultra transformés.

La viande de labo, bientôt dans nos assiettes?

Les géants alimentaires mondiaux, comme General Mills, Unilever ou Cargill, investissent dans la production d’aliments cultivés en laboratoire, ce qui stimulera l’innovation en 2018, selon Mintel, une firme britannique spécialisée en étude de marché.

« D’un point de vue environnemental, la viande de synthèse permet de réduire considérablement l’empreinte écologique de l’élevage animal », indique Catherine Lefebvre.

Une boulette de viande cultivée en laboratoire posée sur des pâtes et disposée au centre d'une assiette.

Photo : Memphis Meats

En 2016, l’entreprise américaine Memphis Meats a présenté des boulettes de viande faites de cellules de porc et de bœuf cultivées en laboratoire à un coût de 18 000 $ US par livre, rapportait le magazine Fortune.

Ces produits n'arriveront donc pas sur les étals de sitôt, selon Catherine Lefebvre. Trois défis sont à relever : « Le prix devra être compétitif à celui de la viande d’élevage, le goût et la texture devront être similaires [à ceux de la viande d'élevage], et les consommateurs devront être prêts mentalement à manger quelque chose qui n’est pas "naturel". »

D’ici là, les consommateurs soucieux de l’environnement peuvent se rabattre sur les insectes en poudre, suggère la nutritionniste.

Transparence, transparence, transparence…

On demande de plus en plus d’honnêteté de la part de l’industrie alimentaire et « c’est une très bonne nouvelle », croit Catherine Lefebvre. Les consommateurs veulent savoir d’où vient leur nourriture, comment elle est produite et comment sont traités les fermiers, les producteurs, les animaux, etc.

À quand l'étiquetage des OGM d'ailleurs?

Catherine Lefebvre

Seul un adulte canadien sur cinq fait confiance aux entreprises qui annoncent, sur l'emballage de leurs aliments, des bénéfices pour la santé, rapporte une étude de la firme Mintel.

Ils ont raison d’être sceptiques, selon Catherine Lefebvre, qui donne l’exemple des œufs de poules en liberté : « [Ces poules] ont seulement un peu plus d’espace que les poules d’élevage conventionnel. [...] L’industrie doit s’adapter et être encore plus transparente à propos du contenu de ses produits. »

Attention aux « superaliments »

La chaîne de supermarchés américaine Whole Foods a inclus les champignons médicinaux et les super-poudres dans sa liste des 10 tendances à surveiller en 2018.

De la poudre de curcuma dans une cuillère en bois.

Les vertus médicinales des super poudres, comme le curcuma, restent à prouver.

Photo : iStock

Déclinés en boissons, en thés, en infusions ou intégrés dans des plats, les champignons ont la cote, selon l’entreprise. Et comme le curcuma, on prête aussi de nombreuses vertus à la poudre d’açaï, ou au matcha, par exemple.

La prudence est cependant de mise. « Les gens aiment croire aux solutions miracles en alimentation », affirme Catherine Lefebvre. « À ce jour, il n’y a pas suffisamment de données probantes à propos de ces produits pour nous permettre de confirmer s’ils procurent de réels bienfaits. »

« Manger des aliments frais ou peu transformés demeure la meilleure solution pour profiter des bienfaits réels des aliments », soutient-elle.

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