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Accès réduits aux antibiotiques pour les éleveurs à partir de décembre 2018

On voit une vache de face, en gros plan. Plus loin dans le champ se trouvent d'autres vaches.
Une vache canadienne Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des centaines d'antibiotiques pour traiter les animaux d'élevage actuellement offerts en vente libre ne le seront plus à compter du 1er décembre 2018. Après cette date, il faudra l'ordonnance d'un vétérinaire pour en acheter. Un changement auquel le monde agricole doit se préparer, selon la vétérinaire Carolyn Sanford.

Les apiculteurs du pays sont parmi les éleveurs qui pourraient être les plus touchés par cette mesure, puisqu’ils n’ont pas toujours recours aux vétérinaires pour obtenir les médicaments requis par leurs abeilles, selon Carolyn Sanford, une vétérinaire qui travaille sur l'Île-du-Prince-Édouard.

La mesure s’inscrit dans une initiative menée par le ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Lawrence MacAuley. Celui-ci cherche à réduire de façon importante la quantité d’antibiotiques administrés aux animaux.

Carolyn Sanford rappelle que l’administration répétée d’antibiotiques peut créer une résistance aux antimicrobiens et entraîner d’autres maladies ou encore l’apparition de « supermicrobes » qui peuvent se retrouver chez l’humain.

Le gouvernement fédéral a déjà dit que les supermicrobes sont « une des plus importantes menaces à la santé des Canadiens », ce qui l’a amené à mettre sur pied l'initiative Lutter contre la résistance aux antimicrobiens et optimiser leur utilisation.

Une initiative pancanadienne

Cette initiative, qui vise autant la santé animale que la santé humaine, repose sur un travail concerté de la part des milieux gouvernementaux, de la recherche, de la santé et de l’industrie. Elle vise à créer une approche pancanadienne de lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

« Les supermicrobes peuvent apparaître chez les animaux comme chez les humains, explique la Dre Sanford. [...] Nous devons nous assurer que les antibiotiques [...] vont agir contre [les microbes qu’ils doivent combattre]. »

Un des objectifs du plan fédéral est de réduire les besoins de traitement antimicrobien notamment par la prévention et le contrôle des infections, tant chez les humains que chez les animaux. Le plan d’action vise aussi à encourager une utilisation appropriée des antibiotiques pour en préserver l’efficacité et limiter la création d’organismes résistants aux antibiotiques.

la vétérinaire Carolyn Sanford en gros planLa vétérinaire Carolyn Sandford estime que les éleveurs doivent se préparer à l'échéance du 1er décembre 2018. Photo : Radio-Canada / Randy McAndrew

À compter de décembre 2018, l’accès à ces médicaments pour les animaux requerra une « relation client-vétérinaire valide », indique Carolyn Sanford. Selon elle, cela signifie que les vétérinaires ne prescriront pas d’antibiotiques pour un animal avant de s’assurer qu’ils connaissent bien leur client et l’animal.

Une échéance à préparer

Cela ne changera pas grand-chose pour des éleveurs habitués à faire appel à un professionnel de la santé animale de façon régulière, selon la vétérinaire, mais pour d’autres, des adaptations seront nécessaires.

C’est le cas de nombreux apiculteurs qui, en ce moment, peuvent recourir à des antibiotiques pour traiter leurs abeilles sans nécessairement faire affaire avec un vétérinaire.

La vétérinaire estime que les éleveurs doivent se préparer à l’échéance du 1er décembre 2018, notamment en s’assurant qu’ils en auront discuté avec un vétérinaire. « Il reste 11 mois aux éleveurs pour comprendre » comment la mise en oeuvre du plan d’action fédéral pourrait les toucher, prévient-elle.

Pour en appendre davantage au sujet de l'initiative fédérale :

 Lutter contre la résistance aux antimicrobiens et optimiser leur utilisation (Nouvelle fenêtre)

Avec des informations de CBC News

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