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Jeanson coiffe Bessette in extremis

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2003 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Geneviève Jeanson a devancé, d'extrême justesse, Lyne Bessette pour remporter l'épreuve sur route des Championnats canadiens à Hamilton, dimanche. Par contre, Manon Jutras a chuté et a subi une fracture à la clavicule droite et une commotion cérébrale.

HAMILTON, 29 juin 2003 – Les Québécoises Lyne Bessette et Geneviève Jeanson ont vraiment démontré qu'elles étaient dans une classe à part, dimanche, lors de la course sur route des Championnats canadiens, en imposant un rythme d'enfer qu'aucune autre coureuse n'a pu suivre.

Jeanson a finalement coiffé Bessette par une roue à la ligne d'arrivée après un sprint endiablé de 300 mètres. Les deux filles ont mis 3 h 16 min 50 s pour parcourir les 111,6 km (vitesse moyenne de 34 km/h), tandis que la favorite locale, Sue Palmer-Komar s'est pointé en troisième place, à plus de 2 min 31 s des meneuses. Le reste du peloton, ou ce qu'il en restait puisque seulement 33 des 72 participantes étaient encore en selle après neuf tours, a terminé loin, très loin derrière. On parle de près de 9 minutes pour une dizaine de coureuses et pratiquement d'années-lumières pour le reste d'entre elles.

Ce parcours sélectif de Championnats du monde a donc séparé les femmes des fillettes.

Et pour les deux grandes que sont Jeanson et Bessette, le tout s'est joué dans le dernier virage. D'ailleurs, la porte-couleurs de l'équipe RONA/Esker a bien failli se retrouver le nez dans les barrières. Bessette a alors pris une trentaine de mètres d'avance, mais Jeanson a profité de l'aspiration pour se sauver in extremis avec la victoire.

«Je n'avais pas de jambes aujourd'hui (dimanche). Lyne était vraiment forte et ma seule chance, c'était au sprint. Mais quand j'ai manqué mon coin, je me suis dit Tabarnouche, ne viens pas me dire que j'ai perdu la course sur un coin. Je suis donc bien niaiseuse!» a raconté la championne encore toute en sueur.

Jeanson a donc mis la main sur le titre canadien qu'elle convoitait depuis si longtemps. «Je vais enfin pouvoir porter le maillot tout le temps maintenant et je vais avoir des cuissards rouges», a lancé, tout sourire, la petite blonde.

Pas de déception pour Bessette

De son côté, Bessette n'était pas du tout déçue d'avoir perdu le titre par une si petite marge. «Je suis super contente de ma fin de semaine. Geneviève mérite autant que moi de gagner le maillot, puis, elle a fait la course qu'il fallait faire pour gagner», a déclaré la championne canadienne du contre-la-montre qui s'inquiétait surtout de la condition de sa coéquipière chez Saturn, Manon Jutras, victime d'une fracture de la clavicule droite et d'une commotion cérébrale (Nouvelle fenêtre) après une lourde chute dans la deuxième descente du deuxième tour. D'ailleurs, Bessette s'est rendue directement à l'hôpital d'Hamilton après la cérémonie des médailles.

C'est justement après cette chute que la cycliste de Knowlton a décidé d'imposer le rythme pour ne pas risquer de subir le même sort que sa complice. De toute façon, elle n'avait plus le choix, elle venait de perdre la seule fille qui pouvait l'aider. «Je me suis dit que s'il y en a qui veulent courir, c'est aujourd'hui que ça se passe. J'ai alors monté ça d'un cran.»

Et à part Jeanson, personne ne voulait rouler ou plutôt, n'était en mesure de le faire. Au 35e kilomètre, Bessette, Jeanson, Palmer-Komar et Leigh Hobson ont rattrapé le trio de tête formé de la coéquipière de Jeanson, Melissa Holt, Cybli Diguistini et Jane Despas qui détenait plus d'une minute d'avance.

Dans la montée suivante, Holt et Hobson ont lâché. Bessette a ensuite augmenté la cadence sans attaquer. Seules Jeanson et Palmer-Komar ont suivi, mais cette dernière refusant de travailler, elle s'est fait larguer par les Québécoises.

C'est à ce moment que Jeanson a réalisé que sa rivale était dans une forme splendide. «Quand Lyne a accéléré, je me suis dit Oh! boy, la journée va être longue», a avoué la Lachinoise de 21 ans.

L'union fait la force

Jeanson dit avoir particulièrement souffert dans la première des deux ascensions, une côte pourtant étrangement similaire à la montée Camilien-Houde sur le mont Royal où elle s'est imposée il y a un mois. La dernière montée, longue de 2,5 km, était cependant plus régulière.

Mais comme les deux filles n'avaient plus le choix de travailler ensemble, Bessette encourageait sa cadette: «On a 1 min 30 s d'avance, envoie, let's go», a-t-on pu entendre de la caravane de presse.

À chaque ascension, elles doublaient des coureuses qui peinaient sous le poids de l'effort et de l'humidité, alors que ces deux-là avaient l'air de s'adonner à une petite balade dominicale.

Dans le dernier tour, Jeanson a arrêté de prendre les relais pour s'économiser. Bessette a décidé de ne pas forcer la note et a ralenti la cadence. Contre toute attente, elles ont réglé ça au sprint, un scénario qui annonce des Championnats du monde drôlement excitants.

D'ailleurs, Bessette aimerait bien que Jeanson se joigne à l'équipe canadienne qui participera aux trois dernières Coupes du monde de la saison en Europe. «Ça serait l'fun que Geneviève vienne faire les Coupes du monde avec nous à la fin de l'année. Ça serait l'fun qu'on puisse courir ensemble avant les Championnats du monde.»

L'invitation est lancée. Et en passant, à ceux qui croient que ces deux fières compétitrices entretiennent encore une rivalité malsaine, eh bien, Bessette n'aurait sûrement pas fait un petit clin d'oeil complice à Jeanson en lui serrant la main sur le podium!

À lire aussi : Un premier titre pour Perras (Nouvelle fenêtre)

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