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Bilinguisme du service d’incendie de Moncton : un plaignant obtient gain de cause

Un camion sort d'une caserne des pompiers de Moncton

L'Association des pompiers de Moncton a déposé un grief lorsque la Municipalité a désigné un poste d'agent de prévention des incendies comme étant bilingue.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le service d'incendie de Moncton doit servir le public dans les deux langues officielles en tout temps, conclut la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, à la suite d'une plainte portée par un citoyen qui n'avait pu être servi en français durant une urgence médicale.

Un texte de Pierre Philippe LeBlanc

Les faits à l’origine de la plainte remontent au 20 février 2014. Le plaignant, Louis Audet, avait composé le 911 afin d’obtenir des secours pour sa conjointe en difficulté. Une équipe du service d’incendie a été la première à arriver sur les lieux, mais aucun de ses quatre membres ne parlait français, selon M. Audet.

La commissaire Katherine d'Entremont juge que la Ville de Moncton a dérogé à ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Ambulance NB doit fournir ses services dans les deux langues officielles en vertu de la loi, explique la commissaire. Cette obligation s’applique donc au rôle de premier répondant. Tout organisme qui agit comme un premier répondant avec des employés rémunérés a la même obligation, ajoute Mme d’Entremont. Le service d’incendie devait donc servir le citoyen dans la langue officielle de son choix, conclut-elle.

Des conséquences pour les municipalités

Les premiers répondants doivent comprendre l’importance de servir le public dans les deux langues, selon l’avocat Michel Doucet, expert en questions linguistiques et conseiller juridique de Louis Audet.

« Donc, finalement, tout l’ensemble des services ont été offerts à M. Audet en anglais malgré le fait que lui-même avait indiqué à plusieurs reprises que l’anglais n’était pas sa langue première, qu’il n’était pas en mesure de comprendre les questions qui lui étaient posées. Ce sont des situations très importantes, des situations de crise où les gens ont besoin de se faire offrir des services dans leur langue », affirme Me Doucet.

Toutes les municipalités du Nouveau-Brunswick devraient maintenant revoir la capacité de leur service d’incendie à servir le public dans les deux langues officielles, ajoute-t-il.

Ça veut dire que les municipalités comme la ville de Moncton ou d’autres services de premiers répondants contre rémunération dans ce cas-ci devront revoir leur protocole en ce qui concerne la première approche auprès des clients, et s’assurer que ces protocoles respectent la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Une citation de : Michel Doucet, expert en questions linguistiques et conseiller juridique de Louis Audet

La commissaire aux langues officielles présente d'ailleurs des recommandations à la Ville de Moncton, dont celle de s'assurer que son service d'incendie, à titre de premier répondant, respecte en tout temps la Loi sur les langues officielles, et celle de formuler un plan avec un échéancier pour améliorer la capacité bilingue de ce service.

Il n’a pas été possible d’obtenir des réactions de la Ville de Moncton.

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