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  • Exclusif
  • Un projet pilote pour régler les problèmes de Phénix

    Le reportage de Florence Ngue-No
    Radio-Canada

    Une nouvelle Unité des services de paye formée de 22 conseillers en rémunération a été mise sur pied à Service correctionnel Canada (SCC). Ce projet pilote donne de l'espoir à plusieurs fonctionnaires et a déjà permis de régler des dizaines de dossiers.

    L'idée de réembaucher des conseillers en rémunération germait depuis longtemps à Service correctionnel Canada, un ministère qui a été durement touché par les problèmes liés au système de paye Phénix. Environ 85 % des fonctionnaires d'établissements carcéraux et de bureaux de libération conditionnelle ont une paye erronée, selon le Syndicat des employés du Solliciteur général (SESG).

    Cette unité a donc vu le jour à la suite d'une « vaste campagne de recrutement », a expliqué le vice-président du SESG, Yvon Barrière. Elle est constituée d'anciens employés qui avaient été mis à pied lors du démantèlement de l'ancien système de paye.

    « Les conseillers vont s'occuper principalement du backlog, des éléments qui traînent depuis des mois au niveau des manquements de paye des employés de Service correctionnel », a expliqué M.Barrière. « Ce sont des employés qui avaient de l'expérience et qui avaient été mis de côté lors de l'implantation [de Phénix]. »

    On espère que ce service va servir d'exemple à tous les ministères.

    Yvon Barrière, vice-président du Syndicat des employés du Solliciteur général

    La nouveauté de ce projet pilote est que les conseillers auront un accès complet à Phénix. Il s'agit d'une grande avancée, selon le syndicat.

    « Une conseillère qui va récupérer un cas problématique avec deux ou trois problèmes, au lieu de travailler en silo, va pouvoir s'occuper des problèmes du même fonctionnaire avec tous les accès nécessaires de cette personne-là », a souligné M. Barrière.

    Un projet pilote à exporter?

    M. Barrière espère maintenant que le projet pilote de Service correctionnel Canada sera adapté aux réalités d'autres ministères.

    « Il va falloir que chaque ministère ait son propre bureau de rémunération pour apporter les corrections nécessaires, sinon on n'en viendra jamais à bout », a déclaré le syndicaliste, qui estime que le centre de paye Miramichi est trop centralisé pour être en mesure de traiter efficacement tous les dossiers.

    Le vice-président régional de l'Alliance de la fonction publique du Canada pour la région de la capitale nationale, Greg McGillis, se dit également optimiste face aux résultats du projet pilote.

    « On croit que ce serait bien de considérer le faire ailleurs, surtout les autres ministères où il y a des aspects de compensations difficiles », a-t-il fait valoir.

    M. McGillis croit tout de même qu'il sera nécessaire de continuer à embaucher plus de conseillers en rémunération à Miramichi, pour régler « le grand problème des fonctionnaires qui ne sont pas bien payés, la chose la plus importante pour nous ».

    Pas de service direct

    Par ailleurs, cette nouvelle unité n'offrira pas de service direct aux employés. SCC leur demande de continuer à faire appel aux « processus existants » pour acheminer leurs demandes et leurs questions, ce que déplore le professeur de gestion et de droit Gilles Levasseur, de l'Université d'Ottawa.

    « Quelle est la capacité du fonctionnaire de pouvoir faire appel à un service qui va lui permettre de résoudre son cas individuellement? On a ici un système proactif qui va essayer de faire une démarche administrative pour l'organisation. Mais pour l'employé, qu'est-ce qu'il va retirer de cela, à court terme? » s'interroge M. Levasseur.

    Avec les informations de Florence Ngué-No

    Ottawa-Gatineau

    Politique fédérale