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La Presse tourne définitivement le dos au papier

Le dernier numéro de la version papier du quotidien « La Presse », le 30 décembre 2017.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une page de l'histoire de la presse écrite québécoise se tourne aujourd'hui. Le journal La Presse, fondé en 1884, publiera sa toute dernière édition papier du samedi, la seule encore imprimée depuis la fin de 2015.

Le quotidien de la rue Saint-Jacques avait annoncé en juin dernier son intention de délaisser complètement le papier, indiquant que cette décision entraînerait la suppression d’une cinquantaine d’emplois. Des mesures d’accompagnement et un programme de départs volontaires étaient prévus pour les travailleurs touchés.

Le président de La Presse, Pierre-Elliott Levasseur, avait souligné au même moment que 90 % des revenus publicitaires du journal provenaient dorénavant de ses plateformes numériques.

Le virage numérique du quotidien, amorcé en 2000 avec le site web Cyberpresse.ca – devenu en 2011 LaPresse.ca –, se voulait une réponse à la baisse des revenus publicitaires qui touche l'ensemble des médias écrits et qui force de nombreuses salles de nouvelles, ici comme ailleurs, à réfléchir à leur avenir.

L’encre et le papier, ça coûte une fortune. Il en coûtait près de 80 millions de dollars par année pour imprimer La Presse, d'où le calcul fait par ses patrons, au début des années 2010, d'investir près de 40 millions de dollars en recherche et développement pour dire au revoir à la longue tradition du journal imprimé et bonjour à un nouveau support virtuel.

Le papier, c'est extrêmement rigide. S’il arrivait un gros événement dans la soirée, que ce soit le renversement d'un président en Afrique, ou le début d'une guerre, ou la mort de quelqu'un d'important, ou simplement un match du Canadien qui se déroulait dans l'Ouest, on pouvait faire une deuxième édition pour 00 h 30 ou même 00 h 45. Mais si on dépassait ça, on avait des pénalités.

Éric Trottier, éditeur adjoint et vice-président de La Presse

Le numérique offre donc plus de souplesse. Il permet à ses artisans de travailler sur une édition jusqu'à tard dans la nuit et de disposer de plus d'espace pour le contenu.

Éric Trottier se trouve dans les bureaux de La Presse et parle dans un micro de Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Éric Trottier, rédacteur en chef de La Presse, estime que les gouvernements doivent venir en aide aux médias écrits.

Photo : Radio-Canada

Une industrie en crise

La fin de l'édition imprimée de La Presse demeure symptomatique d'une industrie qui est inquiète quant à son avenir et qui réclame de l'aide

« Ce n'est pas un problème de lectorat, insiste M. Trottier. On a beaucoup plus de lecteurs maintenant qu’on en avait autrefois. »

« Ce sont les annonceurs qui désertent les médias traditionnels pour aller en gros chez Facebook et chez Google, qui sont devenus littéralement nos deux plus grands concurrents, ajoute-t-il. Pour cette raison-là, les gouvernements, un peu partout en Europe, ont commencé à donner un coup de main aux salles de rédaction des médias écrits, parce que ce sont elles qui fournissent le plus de nouvelles aux sociétés démocratiques. »

Il faut se pencher sérieusement sur la possibilité d'aider les médias écrits, parce que tous les médias écrits du monde occidental vivent une crise importante.

Éric Trottier, éditeur adjoint et vice-président de La Presse

Le gouvernement du Québec a d'ailleurs octroyé cet automne un prêt de 10 millions de dollars au groupe Capitale Médias, propriétaire de six quotidiens régionaux, dont La Voix de l'Est, Le Nouvelliste et Le Soleil.

Québec a aussi octroyé un prêt d'un demi-million au journal Le Devoir.

Avec les informations d’Émilie Dubreuil

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