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L’Alberta ne pourra plus envoyer autant de recyclage en Chine

Un gros plan d'un entrepôt extérieur de recyclage avec beaucoup de déchets.
Un entrepôt de recyclage près de Pékin, en Chine Photo: Reuters / Thomas Peter
Radio-Canada

Dès 2018, la Chine se montrera beaucoup plus sélective par rapport aux matériaux recyclables qu'elle importe de l'Occident. Selon la directrice générale du Conseil de recyclage de l'Alberta, la province devrait donc rendre son système de récupération plus efficace pour affronter ce changement.

Un texte de Héloïse Rodriguez

Lorsque les Albertains jettent leurs matériaux récupérables dans des bacs de recyclage, un bon nombre de ces produits ne sont pas triés dans la province. Ils sont plutôt vendus à la Chine, qui s’occupe de séparer les matériaux.

Christina Seidel, la directrice générale du Conseil de recyclage de l’Alberta, explique que faire le tri des matériaux recyclables est un travail long et « intimidant », particulièrement en ce qui concerne les différents types de plastique.

Après leur collecte, ces matériaux doivent être séparés, dans la province ou ailleurs. Selon Christina Seidel, l’Alberta « a beaucoup compté [...] sur la Chine comme endroit qui peut prendre ces matériaux mélangés et les séparer de manière efficace ».

Des bouteilles en plastique dans un centre de recyclage en Thaïlande.Bouteilles en plastique dans un centre de recyclage en Thaïlande Photo : Getty Images / Paula Bronstein / Intermittent

Christina Seidel croit que la décision du géant asiatique, qui imposera des limites strictes sur l'importation de matériaux recyclables, est un bon incitatif pour la province de revoir son système de récupération. Par exemple, au lieu de récupérer tous les matériaux recyclables dans un seul bac, le tri pourrait se faire au préalable par le consommateur.

Ce n’est pas seulement de rendre le recyclage aussi facile que possible, c’est aussi de le rendre efficace.

Christina Seidel, directrice générale du Conseil de recyclage de l’Alberta

« Si c’est pour être efficace, on doit faire un peu plus attention à ce qu’on récupère : comment on le sépare et comment on le vend, ajoute Christina Seidel. L’idée qu’on va juste tout mettre dans une corbeille et l’envoyer dans un endroit, c’est fini. On ne peut plus faire ça. »

Selon Christina Seidel, l'Alberta est une des rares provinces qui ne mesure pas combien de tonnes de matériaux recyclables sont récupérées chaque année. « On n'a aucune idée combien de matériaux sont amassés ni où ils vont », dit-elle.

Plus facile dans les grandes villes

Trent Tompkins est le directeur des services de récupération des déchets pour la Ville d’Edmonton. Selon lui, la Ville reçoit chaque année 45 000 tonnes de matériel recyclable, dont environ le quart est envoyé en Chine. Ce sont surtout des papiers, comme de vieux journaux, des publicités ou des cartons qui traversent l’océan, car la Ville se charge en grande partie du plastique.

En février 2013 , la Chine avait déjà durci les règles en matière d’importation des matériaux recyclables. Selon Trent Tompkins, cette mesure avait forcé Edmonton à diversifier son marché. « On a été capable de travailler avec d’autres fournisseurs, certains en Indonésie et dans d’autres endroits, [on] ne dépend pas seulement de la Chine, explique-t-il. On a aussi l’avantage d’avoir un système intégré de récupération de déchets, et on peut traiter ces matériaux dans notre usine de transformation de déchets en biocarburant, comme dernier recours. »

Trent Tompkins croit que cette mesure de la Chine risque d’avoir un impact sur la façon de faire d’Edmonton, « mais [que] certaines des autres municipalités, qui n’ont pas les options que nous avons, vont certainement prendre un plus grand coup ».

Revoir le système albertain

Mais selon Christina Seidel, transformer les matières recyclables en biocarburant, comme c’est déjà le cas pour des rebuts ménagers, est loin d’être une solution. « Le recyclage n’est même pas censé s’approcher de cette usine [de transformation] de toute manière, dit-elle. C’est n’est pas du tout attirant, d’un point de vue environnemental, de faire ça. On doit s’occuper correctement de notre recyclage. »

Une poubelle bleue de recyclage.Les villes espèrent que le recyclage fera partie des bonnes résolutions des résidents en 2018. Photo : Radio-Canada

Elle croit qu’une meilleure solution serait de forcer les propriétaires des entreprises à payer pour les déchets recyclables qu’elles produisent, un modèle déjà en vigueur en Colombie-Britannique, par exemple.

« En Alberta, on est littéralement en train de laisser des dizaines, sinon des centaines de millions de dollars sur la table, tandis que dans d’autres provinces comme la Colombie-Britannique, [les entreprises] paient pour ces programmes, les municipalités n’ont plus à payer pour ça », explique Christina Seidel.

Elle aimerait que l’Alberta mette en place ce type de système, « où les matériaux d’emballage sont la responsabilité de ceux qui ont produit ces emballages, [qui] doivent les récupérer, les trier, les faire recycler ».

D’après des informations de Stéphanie Dubois

Recyclage

Environnement