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Traversiers : toujours des inquiétudes malgré de nouveaux contrats

Le traversier NM Holiday Island fait la navette entre Wood Islands à l'Î.-P.-É. et Caribou en N.-É.

Le traversier NM Holiday Island fait la navette entre Wood Islands à l'Î.-P.-É. et Caribou en N.-É.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Radio-Canada

Le renouvellement pour deux ans des contrats d'exploitation de trois services de traversier dans les Maritimes, dans l'attente d'un nouveau modèle d'affaires, « déçoit » et « inquiète » une élue de la Nouvelle-Écosse qui milite pour le maintien de la liaison maritime entre sa province et l'Île-du-Prince-Édouard.

Un texte de François Pierre Dufault

Karla MacFarlane aurait aimé qu'Ottawa s'engage à plus long terme.

La députée de Pictou-Ouest, en Nouvelle-Écosse, n'est pas convaincue qu'un nouveau modèle d'affaires soit absolument nécessaire. Tout ce qu'il faut, plaide-t-elle, ce sont des contrats à long terme et de nouveaux navires.

« Le gouvernement fédéral ne semble pas prendre des mesures sérieuses pour s'assurer que nous conservions cette liaison essentielle », affirme Karla MacFarlane au sujet du service de traversier de Northumberland Ferries qui relie la communauté de Caribou, dans sa circonscription, à Wood Islands à l'Île-du-Prince-Édouard.

Depuis l'été 2016, l'élue de Pictou-Ouest fait front commun avec son homologue insulaire Darlene Compton pour obtenir d'Ottawa le financement d'un nouveau traversier.

Sans annonce officielle, Transports Canada a décidé de renouveler pour une période de deux ans ses contrats d'exploitation avec Northumberland Ferries et sa compagnie-soeur Bay Ferries, qui assure la liaison entre Saint-Jean au Nouveau-Brunswick et Digby en Nouvelle-Écosse.

Le contrat de la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) des Îles-de-la-Madeleine, qui assure la liaison maritime avec l'Île-du-Prince-Édouard, est aussi renouvelé pour deux ans à compter du 1er avril 2018.

Le statu quo serait donc maintenu jusqu'en 2020 pour les trois services de traversier afin d'assurer une transition en douceur vers un nouveau modèle d'affaires, selon le ministère fédéral des Transports.

Transition vers un nouveau modèle d'affaires

En vertu de ce nouveau modèle d’affaires, annoncé en mai par le ministre fédéral de l'Agriculture et député de l'Île-du-Prince-Édouard, Lawrence MacAulay, les exploitants des services de traversier seraient propriétaires de leurs navires, et ceux-ci ne pourraient être âgés de plus de 10 ans. Les exploitants devraient aussi s’engager à offrir le service à long terme, voire pendant 20 ans.

À l’heure actuelle, le fédéral est propriétaire des traversiers et les loue à la CTMA de même qu'à Bay Ferries et Northumberland Ferries.

Toutefois, au lieu de rassurer Karla MacFarlane, le maintien du statu quo pour deux ans inquiète encore davantage la députée de la Nouvelle-Écosse. Pour elle, ce sont deux années perdues avant le remplacement d'un des deux traversiers de Northumberland Ferries, le NM Holiday Island, un navire de bientôt 47 ans qui a dû subir en 2016 des réparations majeures en cale sèche pour la plus grande partie de la saison de navigation.

C'est toujours un moment angoissant au début du mois de mai. Je me demande toujours si [le NM Holiday Island] va passer l'été sans problème majeur.

Karla MacFarlane, députée progressiste-conservatrice de la Nouvelle-Écosse

Les préoccupations de l'élue de Pictou-Ouest rejoignent en grande partie celles d'une coalition d'élus et de résidents des Îles-de-la-Madeleine, qui s'opposent au nouveau modèle d'affaires proposé par Ottawa et qui revendiquent une exclusion pour la CTMA.

L'archipel québécois réclame un contrat d'exploitation à long terme pour sa coopérative locale de transport, qui soutient près de 500 emplois, et le remplacement de son traversier âgé de 37 ans.

Le ministre fédéral Lawrence MacAulay affirme, pour sa part, que la priorité d'Ottawa « a toujours été d'avoir des ententes à long terme » avec les exploitants des services de traversier dans les Maritimes.

« Comme gouvernement, nous voulons mettre en place un service à long terme pour la population de l'Île et de la région et nous avons une responsabilité de nous assurer que nous avons toutes les informations afin de bien préparer ce service pour une période de longue durée », précise l'élu de l'Île-du-Prince-Édouard dans une déclaration écrite.

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