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Un froid de canard qui n'est pas près de s'envoler

Un épais brouillard monte des chutes Niagara, alors que les berges sont couvertes de glace et de neige.
Dans le secteur de Niagara Falls, le mercure est descendu jusqu'à -13 °C. Photo: La Presse canadienne / Aaron Lynett
Radio-Canada

Pour une quatrième journée, des millions de Canadiens doivent composer avec des températures largement inférieures aux normales saisonnières. Et c'est loin d'être terminé : la vague de froid persistera au cours des prochains jours.

Des alertes de froid extrême touchent le Québec, l’Ontario, la Saskatchewan, l’Alberta, une partie de la Colombie-Britannique ainsi que le Nouveau-Brunswick et le Labrador.

À Winnipeg et à Saskatoon, il faisait -28 °C à l'aube. À Edmonton, le thermomètre indiquait -27 °C. À Québec et à Montréal, le réveil a été brutal avec des températures respectives de -22 °C et -24 °C. À Ottawa, le mercure affichait -23 °C.

Le froid a d'ailleurs forcé le ministère du Patrimoine canadien à annuler la soirée de clôture des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, qui devait avoir lieu sur la colline du Parlement le soir du 31 décembre.

Le grand froid complique aussi les déplacements. Les policiers recommandent aux automobilistes d’adapter leur conduite aux conditions atmosphériques. Comme les pneus d’hiver n’ont pas la même adhérence à -20 °C, il faut ralentir et maintenir une plus grande distance entre les véhicules, expliquent-ils.

CAA-Québec s’attend à ce que la demande pour son service de dépannage se maintienne au cours des prochains jours. Jeudi, l’organisme a reçu plus de 11 500 appels, tandis que 9600 demandes avaient été enregistrées mercredi, encore loin cependant du record de 15 500 appels reçus en une seule journée, le 8 janvier 2015.

Le club automobile a cependant inscrit un nouveau record, soit trois jours consécutifs avec environ 10 000 services rendus chaque jour, « un volume de trois à quatre fois plus élevé qu'une journée d'hiver normale ».

Les stations de ski répondent à l'appel d'Hydro-Québec

Le froid polaire qui sévit sur le pays prive plusieurs entreprises, dont 25 stations de ski, de plusieurs heures d’activités en raison d’une opération de délestage menée par Hydro-Québec.

L’opération s’effectue sur une base volontaire et les entreprises participantes reçoivent une compensation financière.

La société d’État demande aux stations de ski et aux autres industries de limiter leurs activités afin d’économiser de précieux kilowatts d’électricité qui peuvent être redistribués dans le secteur résidentiel pour réchauffer le domicile de nombreux citoyens.

On trouve que c’est une bonne action collective de notre part et des autres stations de ski qui y participent. On sait que le besoin est important avec ces températures froides-là.

Michel Couture, propriétaire de la station de ski du mont Saint-Bruno

La direction de la station de ski a décidé d’interrompre la fabrication de neige artificielle jusqu’au 2 janvier, date à laquelle la vague de froid devrait prendre fin. « Les arrêts-départs sont excessivement difficiles, c’est très technique, on véhicule de l’eau en montagne, explique M. Couture. Les risques de geler et de générer une catastrophe avec le système d’enneigement sont quand même là, c’est mieux pour nous d’interrompre complètement la fabrication de neige. »

« Des opérations de délestage du genre ont existé au cours des années 1990, poursuit M. Couture. Hydro-Québec a décidé de remettre cette pratique en service. »

Quelques grands clients industriels participent aussi à un programme similaire, dit « de puissance interruptible », comme Alcoa, Alouette ou encore Rio Tinto Fer et Titane.

Hydro-Québec a prévu des mesures au cas où la vague de froid s'éterniserait et que le programme de gestion de puissance ne répondrait pas à la demande. La société d'État pourrait ainsi diminuer ses exportations, redémarrer la centrale thermique de Bécancour, voire importer de l'électricité.

Il n'est pas question pour l'instant de demander au grand public de contribuer à cet effort, mais Hydro souligne que baisser le thermostat – pendant la nuit, par exemple – permet de faire des économies.

Le fait que cette vague survienne pendant le temps des Fêtes facilite un peu les choses, puisque les périodes de pointe du matin et de la fin de journée sont moins intenses qu'à l'habitude.

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