•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une communauté autochtone ontarienne accueillera l'un des plus grands parcs éoliens du pays

Plusieurs éoliennes dans une vallée

Un parc éolien

Photo : Getty Images / Orlando Sierra

Radio-Canada

Malgré des protestations au sein même de la communauté, malgré un lourd emprunt à la Banque mondiale, et malgré les impacts possibles sur des espèces menacées, une Première Nation située au sud de Sudbury ira de l'avant avec un projet de parc éolien de grande envergure.

Un texte de Joël Ashak

Henvey Inlet, une communauté de 120 habitants du Nord-Est de la province, s'apprête à construire un des plus importants parcs éoliens du pays en partenariat avec une multinationale spécialisée dans ce type d'énergie.

La Première Nation espère ainsi obtenir une autonomie financière, mais certains de ses membres s'inquiètent des impacts du projet sur l'environnement.

Le plan est d’envergure. Henvey Inlet et la multinationale Pattern Development investissent à parts égales 1 milliard de dollars pour la construction d’un parc éolien qui sera capable, avec 87 turbines, de produire 300 mégawatts d’électricité.

Le portrait d'un homme

Le chef de Henvey Enlit, Wayne McQuabbie

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

« On m’avait dit que ce projet mourrait 1000 fois avant que je puisse le voir se réaliser, et j’ai en effet pu en témoigner durant ces 10 dernières années », dit le chef de Henvey Enlit, Wayne McQuabbie, fier de voir le projet finalement aller de l’avant après de nombreux obstacles.

Entre autres, il aura fallu convaincre des aînés réticents, faire du lobbyisme auprès du gouvernement fédéral et obtenir de difficiles permis auprès du ministère provincial des Ressources naturelles et des Forêts.

Mais Wayne McQuabbie peut enfin espérer réaliser le rêve qu’il souhaite pour sa communauté : une autonomie financière, loin de la dépendance aux programmes fédéraux et d’aide à l’emploi de la province.

À quel prix ?

Le chef l’admet : obtenir les permis nécessaires de la part de la province a représenté le plus grand défi. La région abrite de nombreuses espèces en péril. Et c’est ce même enjeu qui a créé une division dans la communauté.

Le portrait d'une femme

Zara Contin

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

« Je suis surprise que ce projet aille de l’avant, déplore la résidente Zara Contin, qui est aussi consultante environnementale. Pour accéder au site du projet, il va falloir détruire des terres humides pour faire des routes. Qu’arrivera-t-il dans 20 ans? »

Fervente détractrice du projet depuis ses débuts, Mme Contin affirme que de nombreux aînés se sont opposés au projet durant les consultations publiques des dernières années.

En outre, la communauté a dû emprunter 500 millions de dollars à la Banque mondiale pour financer sa part.

« Comment allons-nous rembourser cette somme? », s’interroge-t-elle.

Mais la majorité des membres de Henvey Inlet, situé tout juste au sud de Sudbury, ont fini par donner leur aval, selon le chef.

Une fébrilité dans la communauté

La plupart des résidents questionnés par Radio-Canada ont exprimé leur appui au projet.

Le portrait d'une femme

Candace Kagagins

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

« Cela va créer des emplois dans un endroit où il n’en existait presque pas », dit la résidente Candace Kagagins.

Le chef McQuabbie estime que ce projet engendrera 300 millions de dollars de revenus nets au cours des 20 prochaines années et que des centaines d’emplois seront créés pendant la construction, qui est déjà entamée.

La compagnie Pattern Development, pour sa part, a publié un communiqué le 26 décembre et n'a pas retourné nos appels.

La multinationale est notamment en conflit juridique avec d'autres Premières Nations du sud de l'Ontario qui s'opposent à la construction d'un de ses projets.

Toutefois, le chef d'Henvey Inlet n’est pas inquiet. Les défis auxquels il a fait face sont « un petit prix à payer » pour assurer la prospérité de sa communauté.

« Les retombées se feront même sentir auprès des autres Premières Nations de la région, s'exclame-t-il. Elles stimuleront nos commerces, nos hôtels, notre administration. Les fonds serviront à financer notre système de santé et notre éducation. Nous ne voulons plus que nos gens soient privés de tout cela. »

Nord de l'Ontario

Énergies renouvelables