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Contracter une hypothèque sera plus difficile en 2018

Des maisons de ville

Les institutions financières vont resserrer les règles hypothécaires dès le 1er janvier 2018.

Photo : iStock

Radio-Canada

À partir du 1er janvier 2018, les acheteurs devront avoir les reins financiers plus solides pour acheter une propriété. Ceux qui optent pour le versement d'une mise de fonds initiale de 20 % et plus sur le prix total de leur achat devront se soumettre à une nouvelle simulation de crise – communément appelé stress test en anglais – pour obtenir un prêt.

Un texte de Chu Anh Pham

L'acheteur devra démontrer qu'il est aussi capable d'assumer le plus haut taux d'intérêt parmi les deux suivants : le taux de référence de cinq ans de la Banque du Canada, qui se situe présentement à 4,99 %, ou le taux proposé par l'institution financière majoré de deux points de pourcentage (donc 5 %, si la banque offre 3 %).

Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) en avait fait l'annonce en octobre dernier et cette mesure entrera en vigueur en janvier. L'objectif est d'éviter que les propriétaires ne se retrouvent dans une situation financière précaire et qu'ils puissent toujours être solvables en cas de hausse de taux hypothécaires.

Déjà, la Banque du Canada a augmenté son taux directeur à deux reprises depuis l'été dernier et ce mouvement haussier devrait se poursuivre en 2018.

De nombreux acheteurs optent souvent pour le taux d'intérêt le plus faible, quitte à ce qu'il soit variable ou à très court terme, et ne sont plus en mesure d'absorber toute autre augmentation.

À l'automne 2016, de nouvelles règles étaient aussi entrées en vigueur pour resserrer l'accès à la propriété à ceux qui avaient une mise de fonds inférieure à 20 %, ciblant ainsi davantage les premiers acheteurs.

De nombreux acheteurs touchés

Selon une étude menée par la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) et le Fonds immobilier FTQ, 35 % des acheteurs au cours de la période 2011-2015 versaient une mise de fonds de 20 % et plus. Cette proportion était de 22 % pour les premiers acheteurs et de 47 % pour les acheteurs expérimentés.

La proportion serait encore plus élevée selon une étude de l'Institut de la statistique du Québec, qui a utilisé des données de 2012, soit plus de 50 % :

  • 16,9 % pour les mises de fonds de 20 à 30 %;
  • 17,7 % pour les mises de fonds de 30 à 60 %;
  • 16,3 % pour les mises de fonds de 60 % et plus.

Selon l'Association canadienne de l'immeuble (ACI), l'impact du resserrement se fait déjà sentir sur le marché de la revente. L'ACI prévoit une baisse des ventes de résidences déjà existantes pour 2018, mais l'initiative du BSIF pourrait avoir un impact supplémentaire sur 8500 transactions.

Le ralentissement des ventes devrait se faire ressentir partout à travers le pays, à l'exception du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

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