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2018 sonnera la fin des sacs de plastique minces à Montréal

Le reportage d’Olivier Bachand
Radio-Canada

C'est en 2018 que la nouvelle réglementation interdisant certains types de sacs de plastique entrera en vigueur à Montréal. Les commerçants auront jusqu'à début juin pour écouler leur inventaire et trouver des solutions de rechange.

Un texte d'Olivier Bachand

Il y a une dizaine d'années, la quincaillerie Delorimier, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, a fait figure de pionnière, en bannissant les sacs de plastique. Ce geste, posé par souci écologique, n'a cependant pas duré, parce que de nombreux clients étaient mécontents.

« Pour certains, ça devenait carrément un inconvénient, parce qu'ils n'étaient pas prêts à ça. Même si on offrait une boîte de carton au lieu d'un sac ou un sac réutilisable, ce n'est pas ça qu'ils voulaient, ils voulaient juste le sac de plastique », se rappelle le gérant de l'établissement, Nicolas Allard-Gemme.

Il espère que l'administration municipale sensibilisera suffisamment les consommateurs pour que le changement se fasse en douceur cette fois-ci.

En vertu de la nouvelle réglementation de la Ville de Montréal, les commerçants ne pourront plus distribuer de sacs de plastique d'une épaisseur de 50 microns et moins, comme ceux habituellement utilisés par les grandes chaînes de supermarché. Les sacs plus épais seront cependant permis.

Selon la Communauté métropolitaine de Montréal, on utilise environ 2 milliards de sacs de plastique minces chaque année au Québec, mais seuls 14 % d'entre eux sont récupérés.

Voilà pourquoi ils seront bannis dans la métropole. « Le petit sac, il est trop volatil; on le retrouve partout sauf à l'endroit où il devrait être après utilisation, explique le responsable de l'environnement au comité exécutif de la Ville, Jean-François Parenteau. Alors qu'un sac plus épais, les gens ont tendance à le garder plus longtemps. »

L'industrie de l'alimentation touchée

L'impact sera important dans certains commerces, comme les dépanneurs, où les sacs de plastique sont encore abondamment utilisés.

Si apporter ses sacs réutilisables au supermarché est devenu une habitude pour un grand nombre de consommateurs, ce n'est pas nécessairement le cas au dépanneur.

Un employé place les achats d'un client dans un sac de plastique.Employé dans un dépanneur Photo : Radio-Canada

« J'ai moins de 1 % des clients, et là, 1 % je suis généreux, qui arrivent avec leurs sacs réutilisables, parce que c'est souvent des achats qui sont de dernière minute, des achats aussi qui sont de plus petites quantités », affirme André Forget, qui est propriétaire de trois dépanneurs à Montréal. Il ignore pour le moment quel type de sacs il offrira à ses clients en guise de solution de rechange.

L'Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ) indique que ses membres vont se conformer à la nouvelle réglementation montréalaise, tout en se demandant si celle-ci a été mûrement réfléchie.

« Il nous reste les sacs réutilisables, les sacs plus épais et les sacs de papier. La question qu'on se pose actuellement, c'est : "Est-ce que ces alternatives-là vont revenir comme un boomerang, et on va nous dire dans quelques années que c'était des mauvais choix environnementaux?" », se questionne le pdg de l'ADAQ, Pierre-Alexandre Blouin.

En vertu de la nouvelle réglementation, les commerçants pourront toujours distribuer des sacs de plus de 50 microns d'épaisseur, comme ceux qu'on remet aux clients dans les boutiques de vêtements.

À la quincaillerie Delorimier cependant, on a choisi une autre option. « On va proposer les sacs réutilisables, qui existent depuis des années. On va les offrir à 1 $, comme à peu près partout », dit Nicolas Allard-Gemme.

Au lieu d'être remplies de sacs de plastique, les armoires de certains Montréalais risquent d'être remplies de sacs réutilisables.

Société