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Pas de consensus sur le déménagement à la Commission scolaire du Littoral

Municipalité de Blanc-Sablon
La municipalité de Blanc-Sablon est l'un des endroits où les bureaux de la Commission scolaire du Littoral pourraient être déménagés. Photo: Radio-Canada

L'administratrice sortante de la Commission scolaire du Littoral, Lucy de Mendonça, se dit surprise d'apprendre qu'un mandat vient d'être confié par Québec pour amorcer des travaux qui permettront une relocalisation du siège social de la commission scolaire.

Un texte de François Robert

Nadia Landry a été nommée administratrice provisoire de la Commission scolaire du Littoral et sera en poste pour 6 mois. Depuis 2009, elle occupait les fonctions de coordonnatrice des services éducatifs. Nadia Landry remplace Lucy de Mendonça, qui était en poste depuis plus de dix ans et qui a pris sa retraite.

Non seulement Lucy de Mendonça se dit surprise de cette annonce, mais selon elle, il s’agit d’un mauvais choix peu réaliste. Elle réfère notamment à une étude faisabilité réalisée en 2002.

« En 2002, ils ont dit que ça allait coûter 12 millions de dollars parce qu’il ne faut pas oublier que même si on a une petite équipe ici à Sept-Îles, c’est seulement 17-18 personnes, tous ces gens-là ont leur sécurité d’emploi, souligne Lucy de Mendonça, ils sont protégés par leur convention collective. »

Lucy de Mendonça est convaincue qu’il serait illusoire de penser que la plupart des gens en poste à Sept-Îles vont accepter de déménager avec leur famille en Basse-Côte-Nord.

La fameuse photographie illustrant la fin de la route 138La fameuse photographie illustrant la fin de la route 138 Photo : Radio-Canada

Plusieurs personnes pourraient donc se mettre en disponibilité pour un emploi près de leur domicile à Sept-Îles et se faire verser un salaire pour être à la maison pendant des années, faute d’emploi, ou alors la commission scolaire devrait négocier une généreuse indemnité de départ avec le syndicat. Ces deux options pourraient gonfler la facture du déménagement explique Lucy de Mendonça.

Le recrutement de personnel administratif sur la Basse-Côte-Nord risque aussi d’être difficile, prévient Lucy de Mendonça.

« Ça fait des années et des années que je fais ça, du recrutement, note Lucy Mendonça, et tous les ans j’ai de la difficulté à trouver des enseignants. J’ai de la difficulté à trouver des professionnels, j’ai de la difficulté à trouver des directeurs d’école et là ils vont vouloir trouver des gens avec de l’expertise au niveau des ressources humaines, au niveau des finances… »

Peu d'élèves

Pour l’administratrice sortante de la commission scolaire, un grand investissement d’argent public pour déménager les services administratifs de la commission scolaire en Basse-Côte-Nord est d’autant plus difficile à justifier puisqu’il ne reste que 440 élèves, pour l’ensemble de la commission scolaire, répartis sur un très grand territoire.

Un déménagement qui a ses partisans

L’ex-préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, Armand Joncas, se réjouit du mandat confié par le ministre de l’Éducation du Québec pour amorcer des travaux qui permettront une relocalisation du siège social de la commission scolaire.

Alors qu’il était maire de Blanc-Sablon, Armand Joncas, a milité pendant de nombreuses années pour que le siège social de la commission scolaire soit situé dans le territoire qu’elle dessert et non à Sept-Îles.

Selon Armand Joncas, ce déménagement est envisagé et réclamé par le milieu au moins depuis le début des années 2000. Il était passé très près de se réaliser en 2003.

« On a eu l’approbation du ministre dans le temps avec un montant d’argent pour déménager en 2003, soutient Armand Joncas, puis après ça il y a eu changement de gouvernement et les libéraux sont venus au pouvoir et ils ont tout cancellé cela à cause des pressions politiques de la ville de Sept-Îles et puis des syndicats. »

Armand Joncas sur le bord du St-Laurent.L'ancien maire de Blanc-Sablon, Armand Joncas, et ancien préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent. Photo : CBC

Pour Armand Joncas, les inconvénients sont nombreux pour les gens de la Basse-Côte-Nord, d’avoir les principaux bureaux administratifs de leur commission scolaire située à Sept-Îles

C’est loin, c’est comme si Monsieur Couillard prenait son ministère et l’amenait à New York et il essayait de contrôler le Québec à partir de New York.

Armand Joncas, ex-préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent

« Tu n’as pas la réalité du milieu, poursuit Armand Joncas. La Basse-Côte-Nord à cause de son isolement, chaque village à ses particularités. »

L'ex-préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent fait également valoir que la volonté de déménager les bureaux administratifs dans le territoire desservit par la commission scolaire faisait l'unanimité autour de la table du conseil des maires pendant les années où il était préfet.

La nouvelle administratrice devra soumettre au plus tard, le 30 mars 2018, une proposition concrète de relocalisation.

Avec la collaboration de Pierre Roberge.

Côte-Nord

Politique