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Des vélos en bambou fabriqués par des écoliers

Au premier plan, un cadre de vélo en bambou, et les enfants à l'arrière.
Les écoliers prennent connaissance des plans en compagnie de Grégoire Fréal, le professeur de technologie. Photo: Radio-Canada / Alexis Gacon

Généralement, les cadres de vélo sont en aluminium ou en carbone. Et ce n'est pas le cycliste qui assemble sa propre bicyclette. Mais à l'école André-Piolat, à North Vancouver, les élèves construisent leur propre vélo... en bambou.

Un texte d'Alexis Gacon

Aina Rabesoa, élève de neuvième année, a levé un sourcil d’étonnement quand elle a entendu qu’elle allait assembler son vélo en bambou. Mais l’enthousiasme a vite pris le dessus : « Construire un vélo en matière naturelle, c’est amusant! »

Grégoire Fréal, professeur de technologie à André-Piolat, dit que les élèves n’avaient pas saisi à quel point une bicyclette pouvait constituer un assemblage aussi complexe : « C’est comme une montre, on sait tous lire l’heure, mais on ne sait pas comment cela marche. »

Une jeune fille de 14 ans.Aina Rabesoa est en neuvième année. Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

Un assemblage rudimentaire

L’école André-Piolat se passionne pour la bicyclette depuis plusieurs années. Laurent Brisebois, son directeur, a découvert en ligne une initiative qui l’a conquis : celle d’un Californien, Craig Calfee, qui a lancé en 1997 son entreprise Calfee Design qui vend des prêts-à-monter de cadres de vélos en bambou.

Un homme au milieu d'un couloir d'école.Le directeur de l'école André-Piolat, Laurent Brisebois Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

Je me promène pas mal dans le monde du vélo, et on a échangé des courriels avec le fondateur de Calfee Design, Craig Calfee. J’ai fait un prototype de ce vélo pour voir si on pouvait le faire avec les élèves.

Laurent Brisebois, directeur d'école

Après une fin de semaine passée dans le garage, avec son ami le mécanicien Guy Mercier, Laurent Brisebois en est convaincu : ses élèves, âgés de 12 à 14 ans, seront capables de fabriquer leurs montures et de rouler sur celles-ci.

Si on ne connaît pas la solidité du bambou, on peut douter du fait que ces bicyclettes soutiennent le poids d’un humain, même léger, aussi bien que l’aluminium. Pourtant, des vélos en bambou ont fait plusieurs fois le tour du monde en cyclotourisme, assure Laurent Brisebois. Des entreprises ailleurs dans le monde fabriquent aussi des vélos en bambou.

Les bicyclettes en balade

Les coupes du bambou doivent être franches, parce qu’une fois qu’on s’assoit sur le vélo, on met notre poids, on met notre sécurité sur le vélo qu’on a construit.

Laurent Brisebois, directeur d'école
Des mains tiennent une perceuse, deux autres serrent l'un des montants.Encadrés notamment par un mécanicien spécialiste du vélo, les enfants percent des trous dans les montants du cadre en bambou. Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Une fois les pièces du cadre assemblées avec des bandes de tissu imprégnées de plâtre, les enfants ajoutent des pédaliers d’anciens vélos pour qu’il puisse rouler. « Avec peu de moyens, on peut le réparer », souligne Laurent Brisebois.

Le bambou ne cède pas, selon lui, et si l’assemblage faillit, il suffit d’utiliser de nouvelles bandes de plâtre pour solidifier le tout. Ce qui fait que les vélos peuvent être réparés même dans des écoles qui n’ont pas beaucoup d’outils.

Sachant cela, Laurent Brisebois et les élèves de l’atelier se sont dit que le vélo, une fois assemblé, pourrait voyager ailleurs, pour ainsi partager l’expertise sur d’autres continents, dans un pays sûrement francophone. Aina Rabesoa, dont la famille est d’origine malgache, aimerait que sa bicyclette se rende jusqu’à Madagascar.

Les premiers tours de roue de ces bicyclettes ne sont pas encore planifiés, mais ils ne constitueront que l'étape initiale d’un long voyage.

Colombie-Britannique et Yukon

Éducation