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L'envoyé spécial du Canada au Myanmar, Bob Rae, ne trouve pas les mots pour décrire les crimes contre les femmes

Entrevue avec Bob Rae

Photo : Reuters / Hannah Mckay

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Selon l'envoyé spécial du Canada pour la crise des réfugiés rohingyas, Bob Rae, il est difficile de décrire l'ampleur de la crise humanitaire qui sévit au Myanmar.

L'ancien chef libéral et ex-premier ministre ontarien a publié son rapport périodique jeudi soir sur cette crise qui a vu des centaines de milliers de musulmans rohingyas fuir le Myanmar vers le Bangladesh voisin pour échapper à la répression des forces de sécurité.

Selon M. Rae, les camps de réfugiés sont « surpeuplés et représentent une menace pour la santé et la vie en elle-même ».

Plus tôt cette année, le premier ministre Justin Trudeau lui avait demandé de se rendre au Bangladesh, afin d'enquêter et de le conseiller sur cette crise humanitaire, décrite par les Nations Unies, comme une campagne de nettoyage ethnique.

Bob Rae a été premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, député libéral fédéral et chef intérimaire du Parti libéral du Canada.
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Bob Rae a été premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, député libéral fédéral et chef intérimaire du Parti libéral du Canada.

Photo : Radio-Canada

Bob Rae a également rencontré un certain nombre de leaders et d'organisations non gouvernementales de la région.

Violences sexuelles

Dans son rapport périodique, le sort des femmes attire particulièrement l'attention : M. Rae explique avoir entendu, de la part de femmes qui se sont rendues au Bangladesh, des récits détaillés et explicites, à propos de violences sexuelles et de sévices perpétrés par l'armée du Myanmar.

L'ancien politicien a déclaré que ces témoignages font état notamment de violence sexuelle comme arme de guerre et qu'il y a des preuves évidentes de traumatismes sexuels parmi les femmes qui ont survécu.

Un effort ciblé pour résoudre ce problème est nécessaire, selon lui.

En voyant ces mots imprimés, je me rends compte à quel point les mots sont inadéquats pour exprimer l'étendue des dommages et des traumatismes subis par les femmes et les filles parmi les réfugiés rohingyas.

Une citation de : Bob Rae, envoyé spécial du Canada

Comment résoudre la crise?

Bob Rae a déclaré que la communauté internationale devait s'impliquer dans la résolution de cette crise et que des ressources supplémentaires étaient nécessaires.

La communauté internationale doit s'occuper de ces allégations de crimes contre l'humanité, et les survivants ont besoin d'aide post-traumatique.

Une citation de : Bob Rae, envoyé spécial

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a créé une mission d'enquête afin d'évaluer le traitement des Rohingyas, mais les autorités du Myanmar ont refusé l'accès aux responsables désignés par l'ONU et ceux-ci n'ont pas été autorisés à s'entretenir avec les représentants du gouvernement ou de l'armée.

L'enquête sur ce qui s'est passé doit être « rigoureuse et méthodique » et elle doit recueillir des preuves et examiner les événements qui se sont produits au cours des dernières années, indique le rapport, qui mentionne aussi que le Canada doit rester impliqué dans ce travail international « important ».

L'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a déclaré la semaine dernière que, selon leur enquête menée sur le terrain, au moins 6700 musulmans rohingyas, victimes de la répression, avaient été tués entre le mois d'août et le mois de septembre.

Les groupes humanitaires reprochent au gouvernement et à l'armée d'être réticents à enquêter sur les possibles crimes commis par des représentants du gouvernement. Ils exhortent le Myanmar à accepter l'aide des enquêteurs internationaux.

L'armée du Myanmar a déclaré lundi dans un communiqué que des poursuites judiciaires seraient engagées contre les auteurs des crimes.

Bob Rae a indiqué qu'il avait l'intention de retourner au Bangladesh au début de l'année 2018 afin de poursuivre cette mission « difficile ». Il a également l'intention d'avoir plus de discussions avec des responsables du Myanmar, du Bangladesh et des organisations internationales, avant de rédiger son rapport final et de formuler des recommandations.

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