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400 travailleurs de la Davie partent en même temps que l’Asterix

Départ de l'Astérix au chantier maritime Davie. Un reportage de Nicolas Vigneault.
Radio-Canada

Le navire Asterix larguera les amarres au cours des prochaines heures. Son départ coïncide avec 400 nouvelles pertes d'emploi au Chantier Davie Canada.

La plupart des travailleurs de la grande région de Québec savent qu’ils seront toujours en poste au retour du congé des Fêtes.

Des dizaines de travailleurs de la Davie n’auront toutefois pas ce privilège. Ils se présenteront possiblement pour une dernière fois au travail vendredi.

Ces pertes d’emploi s’ajoutent à celles déjà annoncées récemment. Le couperet est tombé sur 113 employés le 23 novembre dernier, tandis que la direction a procédé à 281 mises à pied le 7 décembre.

Nouvelle vague

Daniel Lamonde fait partie de la nouvelle vague de licenciements. À 60 ans, il sera mis à pied sans savoir ce que l'avenir lui réserve.

« Moi j'ai su hier (mercredi) que j'étais “slaké” demain (vendredi), ça, je trouve ça plate un peu. Je suis le dernier des magasiniers de jour. Il y en a quatre de soir qui sont “slakés”, moi je suis le seul de jour et on ne sait pas quand ça va recommencer. C'est un petit peu tannant », avoue-t-il.

Les travailleurs du chantier sont tristes de voir l'Asterix partir. Ils en veulent surtout au gouvernement fédéral qui refuse de donner un nouveau contrat au chantier naval de Lévis, selon eux.

« Ce n'est pas des journées évidentes. On voit tous nos collègues partir, nos amis partir à la maison. Tout le monde est triste de les voir rentrer, parce qu'ils ont travaillé tellement fort », déplore Jérémy Citone.

On a tous travaillé jour et nuit pour faire ce bateau et au final, on se rend compte qu'on n'a aucune reconnaissance. Le premier ministre nous laisse clairement tomber.

Jérémy Citone, travailleur à la Davie

Difficile à vivre

Le délégué syndical Nicolas Samson vit aussi difficilement le départ de plusieurs travailleurs qu'il représente.

« C'est sûr que c'est difficile. On n’a aucune promesse de ravoir des contrats tout de suite. On s'est laissé tasser par notre gouvernement. Présentement, il n'y a personne qui nous a fait de promesse, ils nous ont tassés en disant on va peut-être avoir quelque chose l'année prochaine. A-t-on quelque chose cette année? On n’a rien », dénonce M. Samson.

Les moteurs s'éteindront donc graduellement au cours des prochains jours au chantier Davie.

« C'est le départ de l’Asterix au cours des prochaines heures et c'est la fin d'un beau contrat, un contrat qui a permis d'employer 1200 personnes au chantier. Le moral est au plus bas en ce moment », affirme Frédérik Boisvert, porte-parole de la direction de la Davie.

La direction de la Davie craint aussi le départ définitif de certains soudeurs, dont l'expertise est reconnue mondialement.

Cette expertise-là, on ne veut pas la perdre. Et surtout, on sait qu'il y a du maraudage en ce moment, au profit des autres chantiers. Écoutez, ces gens-là peuvent s'exporter partout dans le monde.

Frédérik Boisvert, porte-parole de la direction de la Davie

Davie a d’ailleurs embauché une équipe de lobbyistes à Ottawa afin de convaincre le gouvernement fédéral de lui octroyer de nouveaux contrats.

Avec les informations de Nicolas Vigneault

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