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L'inflammation entraîne la progression de l’alzheimer

Un cerveau humain
Représentation d'un cerveau humain Photo: iStock

L'inflammation causée par le système immunitaire dans le cerveau favorise l'accumulation des protéines associées à la progression de la maladie d'Alzheimer, affirment des chercheurs allemands.

Un texte d'Alain Labelle

L’équipe du Pr Michael Heneka de l’Université de Bonn émet cette théorie après avoir réalisé une série d'expériences en laboratoire qui fournissent, selon elle, une meilleure compréhension des mécanismes pathogènes menant à la maladie.

Éventuellement, ces nouvelles connaissances pourraient permettre de s'attaquer à la maladie plus tôt, avant que les symptômes ne se manifestent, à l’aide de nouveaux traitements.

La médecine peine à établir un diagnostic clair de la maladie depuis sa première description, il y a plus de 100 ans.

Il existe bien des tests psychométriques de mémoire, de langage et de concentration qu'on peut réaliser auprès de personnes qu’on pense atteintes, mais leur taux de précision tourne autour de 80 %, ce qui n'est pas considéré comme très fiable pour identifier la démence.

En outre, il est difficile de tester efficacement un traitement si on n'est pas en mesure de diagnostiquer la maladie avec précision.

Des protéines associées

Deux types de protéines sont présentes dans le cerveau d’une personne atteinte de l’alzheimer : l'amyloïde bêta et la protéine tau.

Une personne atteinte de la maladie présente de grandes quantités d'amyloïde bêta dans le cerveau. Cette accumulation est nuisible aux neurones.

De récentes études ont montré que les plaques formées par l'amyloïde bêta déclenchent des mécanismes inflammatoires du système immunitaire inné dans le cerveau.

Cependant, les processus précis qui conduisent à la neurodégénérescence et à la progression de la pathologie ne sont toujours pas bien compris.

Comme le début du processus menant à l’accumulation des protéines précède d'au moins d'une décennie l'apparition de symptômes de la maladie, une meilleure compréhension de ce processus pourrait être la clé de nouvelles approches thérapeutiques.

De tels traitements cibleraient la maladie d'Alzheimer à un stade précoce, avant que les déficits cognitifs ne se manifestent.

Pr Michael Heneka

La piste inflammatoire

Dans la présente étude, il a été démontré que les agrégations de protéines sont également créées par les microglies, des cellules présentes dans le cerveau qui forment la principale défense immunitaire active du système nerveux central.

En outre, ces travaux publiés dans la revue Nature  (Nouvelle fenêtre)permettent de lier directement l'activation immunitaire innée à la progression de la pathologie.

Le saviez-vous?
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 36 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence, dont la majorité souffre de la maladie d'Alzheimer. Ce nombre devrait doubler d'ici 2030 et tripler d'ici 2050, à 115 millions, si aucun traitement efficace n'est découvert dans les prochaines années.

Pour contacter notre journaliste : alain.labelle@radio-canada.ca

Pour suivre Alain Labelle sur Twitter, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Alzheimer

Science