Julie-Kim Beaudry, ou simplement Julie-Kim de son nom d'artiste, est connue comme l'une des membres du trio Les Chiclettes. Mais la chanteuse prendra une pause de ses consoeurs, en 2018, pour se lancer dans une aventure solo. Son premier album complet, un disque R&B en français aux saveurs des années 1970, sortira en mars et concrétisera un vieux rêve pour elle.
Un texte de Kevin Sweet
La Franco-Ontarienne Julie-Kim rêve d’une carrière solo depuis presque 20 ans. Si elle avait déjà fait paraître This Part of Me, un mini-album de quatre chansons en anglais, en 2001, son projet a été mis sur la glace après avoir eu des enfants. Maintenant que ces derniers, dont son fils Keanu qui trace maintenant son propre chemin dans l’industrie du divertissement, sont plus âgés, Julie-Kim n’a plus d’excuses pour ne pas foncer.
Et foncer, c’est ce qu’elle compte faire.
« C’est maintenant ou jamais », affirme-t-elle en entrevue dans le studio d’enregistrement à Montréal, où nous sommes allés la rencontrer.
Il faut dire que le moment est en effet parfait. Après quelques années de tournée avec Nathalie Nadon et Geneviève Cholette, les deux autres membres des Chiclettes, le trio a décidé de marquer un temps d’arrêt pour réfléchir à la prochaine incarnation de leur groupe.
Julie-Kim en profite pour voler de ses propres ailes.
« Les gens me connaissent plus. Je n’ai pas l’impression que je pars de zéro. Il y a une petite reconnaissance des gens », confie-t-elle.
Les textes d’abord
Les discussions plus sérieuses sur ce premier album ont commencé il y a deux ans. Julie-Kim a dû réfléchir au style de musique qu’elle voulait faire, avec qui elle aimerait travailler, mais aussi aux genres de textes qu’elle souhaitait chanter.
S’il y a une chose que cette chanteuse a apprise en cours de route, c’est qu’elle n’a pas le tour avec les mots, et elle le reconnaît, sans détour.
Je ne suis pas bonne avec les mots. Même dans la vie de tous les jours, j’ai de la difficulté à m’exprimer. Je savais dès le départ que j’allais avoir quelqu’un pour écrire mes textes.
Elle s’en est donc remise à son amie de longue date, l’auteure-compositrice-interprète Janie Renée pour l’écriture des chansons.
« Elle écrit bien et dans différents styles et elle est à l’écoute de qui tu es », dit Julie-Kim au sujet de sa parolière.
Alors qu’est-ce que ces textes vont nous révéler sur l’interprète?
« Dans la vie, je suis quelqu’un de positif. Et lorsqu’il y a un événement triste, je vais essayer d’alléger la situation. Donc, c’est important pour moi de faire un album positif », raconte Julie-Kim.
« Il y a une chanson qui parle de l’image de la femme, étant moi-même une femme plus ronde, avec des courbes. Mais ce ne sont pas des chansons revendicatrices », précise-t-elle.

La réalisation
La réalisation de l’album a été confié à Cécile Doo-Kingué, une artiste que Julie-Kim qualifie d’« exceptionnelle » tant au niveau musical que de la performance.
Je voulais absolument travailler avec quelqu’un qui parlait en français. Les textes sont en français et la personne qui réalisait devait comprendre les nuances de la langue.
Le résultat sera un album R&B évoquant les années 1970.
D’ailleurs, si l’album est enregistré aux studios Mechanicsland à Montréal, c’est parce que c’est là que Julie-Kim a été en mesure de trouver des musiciens qui savent jouer des instruments de cette décennie-là, comme un piano Werlitzer.
« Tout est live. Ce sont tous des vrais musiciens sur l’album Il n’y a aucun son qui a été fait avec un ordinateur ou un synthétiseur », précise Julie-Kim.
Une campagne de sociofinancement qui n’a pas atteint sa cible
L’album coûtera au-delà de 20 000 $ à produire et mettre en marché. Pour y parvenir, José Bertrand, le gérant et conjoint de Julie-Kim, a lancé une campagne de sociofinancement pour amasser 6500 $.
Au final, seulement 5500 $ ont été amassés. Julie-Kim et José ont dû investir le reste du montant de leurs propres poches.
Je veux que les gens comprennent que ce n’est pas facile de produire un album. On y met de notre propre argent qu’on ne reverra probablement pas. On va être chanceux si on entre dans notre argent.
Il est fort possible que l’album soit seulement disponible en format numérique et peut-être en vinyle avec une carte de téléchargement.
Certains rêves n’ont pas de prix. Tout ce qui compte pour Julie-Kim, c’est de l’avoir fait, peu importe s’il connait du succès ou pas.
« J’espère que c’est à ça que les gens s’attendent de moi. Maintenant, je fais mon affaire à moi. Ce disque-là, c’est moi. Vraiment moi », conclut-elle.
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