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Une formation pour mieux enseigner le français aux immigrants

Un étudiant qui vient de terminer sa formation sur l'approche neurolinguistique teste ses apprentissages sur un groupe d'immigrants.

Un étudiant qui vient de terminer sa formation sur l'approche neurolinguistique teste ses apprentissages sur un groupe d'immigrants.

Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand

Radio-Canada

Alors que la vérificatrice générale vient de souligner l'échec du Québec en matière de francisation des immigrants, une méthode d'enseignement du français langue seconde pourrait changer la donne. Une quinzaine d'enseignants viennent tout juste de terminer une formation sur cette approche à l'Université Laval.

Un texte de Marie Maude Pontbriand

Cinq journées de formation intensives se terminent, les étudiants et leurs cobayes sont emballés. L'approche neurolinguistique permettra aux premiers d'améliorer leur méthode d'enseignement et aux seconds d'apprendre le français de façon plus efficace et surtout dans le plaisir.

Qu'est-ce que l'approche neurolinguistique?

L'approche neurolinguistique, qui existe depuis une vingtaine d'années, a été développée par Claude Germain de l'UQAM et Joan Netten de l'Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador.

Cette méthode d'enseignement du français langue seconde est basée sur l'oral. Longtemps utilisée pour enseigner le français aux adolescents, l'approche neurolinguistique flirte maintenant avec les adultes. Elle est utilisée notamment au Japon et en Chine, souligne le coconcepteur Claude Germain.

Le professeur en francisation des immigrants et enseignant de linguistique à l'Université Laval, Steeve Mercier, utilise l'approche depuis déjà plusieurs années.

« On met l'accent sur la communication authentique et on va vraiment chercher le vécu des apprenants qui commencent à se connaître mutuellement et sont impliqués émotionnellement », explique-t-il.

L'étudiante en enseignement du français langue seconde, Mylène Gadbois, a suivi la formation de 50 heures. Elle est « vendue » à cette méthode qu'elle vient d'apprendre à utiliser.

C'est un peu comme quand on apprenait la langue quand on était enfant. Il n'y a personne qui nous a dit OK le mot pomme, on écrit ça comme ça; on l'a juste dit.

Mylène Gadbois, étudiante

Wagner Dias est Brésilien. Il fait partie de la dizaine d'immigrants venus pour tester les apprentissages des enseignants qui terminent leur formation. Lui-même enseignant de portugais dans son pays d'origine, il est emballé par la méthode. « C'est beaucoup de plaisir, parce que c'est un processus naturel, agréable, amusant », souligne-t-il.

Augmenter la motivation

L'approche neurolinguistique vise à créer des liens dans le cerveau des élèves en associant des émotions, des sensations et des souvenirs à des mots.

Ils sentent qu'il y a une progression. On s'intéresse à eux. Ils ont envie de parler et ils deviennent super motivés à continuer les cours.

Steeve Mercier, enseignant en linguistique à l'Université Laval

Cette nouvelle motivation chez les étudiants en français langue seconde pourrait contribuer à régler un problème criant au Québec, celui du faible taux d'inscription dans les programmes de francisation et du décrochage.

La vérificatrice générale du Québec faisait aussi récemment le constat que plus de 90 % des immigrants qui terminent le cours de francisation sont incapables de fonctionner au quotidien en français.

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