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Élever des enfants autistes avec peu de ressources

Dans un pièce noire, un enfant autiste de dos la tête baissée.
En milieu scolaire, les difficultés relationnelles des enfants viennent parfois avec de l’intimidation, un autre facteur qui peut aggraver leur sentiment de détresse. Photo: iStock / jhandersen
Radio-Canada

Linda Gorneau élève seule ses garçons de six et huit ans, les deux sont atteints du trouble du spectre de l'autisme. Le manque de ressources et de formation dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick l'oblige à rester à la maison pour s'occuper d'eux. Pour remédier à la situation, elle lance une pétition pour la création d'un centre de ressources pour les enfants autistes et leur famille.

« Si je ne travaille pas, ce n’est pas parce que je n’ai pas la capacité physique ou mentale, c’est parce qu’il y a personne de professionnel ou d’assez formé dans la région pour m’aider et garder mes enfants », lance Linda Gorneau.

Son fils de huit ans est « autiste sévère agressif ». Il va à l’école tous les matins, mais demande trop de soins spéciaux pour y passer la journée au complet. Linda Gorneau va donc le chercher, tous les jours, à 11 h 15. Elle a longtemps cherché une garderie où il pourrait passer l’après-midi, mais en vain. Elle doit donc rester à la maison pour s’en occuper. De ce fait, le revenu de la famille dépend entièrement de l’aide sociale.

Cela prouve un important manque de ressources pour les enfants autistes dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, selon elle. « On est à un salaire de pauvreté parce qu’ils ne peuvent pas les garder à l’école et la garderie. »

On est censé pouvoir envoyer nos enfants à l’école et à la garderie et on est censé pouvoir travailler et avoir un semblant de vie normale comme tout le monde.

Linda Gorneau

Déséquilibre entre les différentes régions du Nouveau-Brunswick

Selon Linda Gorneau, il y a un déséquilibre entre les ressources offertes dans le nord-ouest de la province et le Sud. Afin de consulter des professionnels, renouveler les dossiers de ses enfants et recevoir des formations, elle doit se rendre à Fredericton, au centre de réadaptation Stan Cassidy. « Mes rapports sont souvent en anglais, fait que je comprends pas grand-chose parce que je suis francophone. »

Je peux comprendre que la population est plus élevée [dans le Sud], mais les enfants ont les mêmes besoins. C’est pas parce qu’il y en a moins qu’il faut les laisser aller, les négliger.

Linda Gorneau

Linda Gorneau a donc lancé une pétition (Nouvelle fenêtre) afin de convaincre le gouvernement provincial de créer un centre de ressources sur l’autisme dans la région du Nord-Ouest.

Pourquoi un centre de ressources pour les personnes autistes?

  • Pour avoir accès à des professionnels formés en autisme
  • Pour sensibiliser la communauté
  • Pour que les parents et intervenants de première ligne aient accès à des formations
  • Pour que les parents aient accès à un endroit où discuter, créer des liens, s'entraider et organiser des sorties éducatives
  • Pour avoir accès un parc sécuritaire pour les enfants
  • Pour avoir accès à des ressources francophones
  • Pour avoir accès à de l'équipement tel que des snuggle vest dont le prix est d'environ 500 dollars
  • Pour avoir accès à une salle sensorielle

Le gouvernement se dit conscient des défis

Geneviève Mallet Chiasson, agente de communications du ministère de l'Éducation et de la Petite enfance a répondu par courriel que « des centres de ressources communautaires offrent des services aux familles afin de réduire la fréquence et la gravité des symptômes du spectre de l’autisme, favoriser l'acquisition par l'enfant d'un ensemble de compétences requises pour mener une vie saine. Les centres visent la participation et l'inclusion des parents et des clients. »

Elle souligne également qu'une « formation sur le spectre de l’autisme a été offerte à tous les assistants en éducation l’année dernière et est continuellement offerte à ceux qui sont intéressés à la suivre. »

« Nous sommes au courant que certains défis continuent à exister dans nos écoles et nous continuons à travailler avec les enseignants et les autres intervenants clés afin d’assurer que le meilleur système d’éducation inclusif possible soit en place dans nos écoles. »

Nouveau-Brunswick

Santé mentale