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« Rien à reprocher » à Yves Francoeur, dit le nouveau chef intérimaire du SPVM

Le nouveau chef intérimaire de la SPVM Martin Prud'homme.

Le nouveau chef intérimaire de la SPVM Martin Prud'homme.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chef syndical des policiers de Montréal, Yves Francoeur, ne fera l'objet d'aucune mesure disciplinaire dans la foulée des allégations de trafic d'influence impliquant des élus libéraux qu'il a lancées publiquement en avril, même si elles se sont avérées sans fondement, indique le nouveau chef intérimaire du corps policier, Martin Prud'homme.

Poursuivant sa tournée de relations publiques entreprise mercredi dans les quotidiens, M. Prud’homme a indiqué à Radio-Canada qu’il n’avait « rien à reprocher » à Yves Francoeur. En entrevue au 98,5 FM quelques instants plus tôt, ce dernier a refusé de présenter des excuses dans cette affaire et a assuré qu’il n’entendait pas démissionner.

« Comme chef de police, j’encourage les gens à dénoncer », a indiqué l’ancien patron de la Sûreté du Québec (SQ), qui a été appelé en renfort pour remplacer Philippe Pichet, suspendu de ses fonctions à la suite d’un rapport accablant mené pour le compte du ministère de la Sécurité publique.

« M. Francoeur a dénoncé des choses. Le problème, ce n’est pas qu’il a dénoncé, qu’il a apporté des informations au service de police, la problématique, c’est de faire une enquête sur la place publique », a-t-il poursuivi. « Aujourd’hui, on se retrouve dans une situation où on a fait une enquête sur la place publique. »

Le 27 avril, M. Francoeur avait allégué sur les ondes du 98,5 FM que deux élus du Parti libéral du Québec, dont un toujours en fonction, avaient échappé, pour des raisons douteuses, à une enquête criminelle dans laquelle il était question de modifications législatives en échange de dons au parti.

Selon lui, les enquêtes étaient bloquées en « très haut » lieu et cela se décidait au-dessus de la tête des procureurs de l'État, avait-il affirmé en avril.

M. Francoeur n'avait pas nommé les deux élus à cette occasion, ce qui avait placé toute la députation libérale dans l'embarras. Le bureau d’enquête de Québecor a cependant publié en septembre les détails de la déclaration de huit pages qu’il a remise à la SQ et dans laquelle il montrait du doigt Jean-Marc Fournier et Raymond Bachand.

Si l'on en croit les propos de Martin Prud’homme au Réseau de l'information, le problème vient davantage de cette fuite d’informations que de la déclaration de M. Francoeur.

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— Une citation de  Martin Prud'homme

Le chef intérimaire du SPVM a aussi indiqué à Gravel le matin qu’il n’est « pas placé » pour conclure que M. Francoeur « a déclaré n’importe quoi ».

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— Une citation de  Martin Prud'homme

« Je ne peux pas vous dire pourquoi il l'a fait »

Le nouveau chef intérimaire du SPVM a par ailleurs refusé de spéculer sur la possibilité que la sortie de M. Francoeur ne soit pas étrangère au fait que le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s'apprêtait à déposer un projet de loi forçant les policiers à délaisser le port de pantalons non réglementaires dans l'exercice de leurs fonctions.

« C’est à lui à expliquer pourquoi il l’a fait cette journée-là. Je me rappelle de son intervention, de son entrevue. Il n’y avait pas, à ce moment-là, des noms, […] des gens qui étaient visés », a-t-il fait valoir, sans relever que les allégations initiales de M. Francoeur visaient clairement des élus libéraux.

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— Une citation de  Martin Prud'homme

« Il y a deux choses que j’aimerais vous dire ce matin », a poursuivi M. Prud'homme du même souffle. « Idéalement, c’est de ne pas faire ça sur la place publique, et idéalement, c’est de ne pas en parler non plus. Alors quand on se retrouve avec un média, ou n’importe qui, qui parle de nos enquêtes, au moment où on est en plein milieu de notre enquête, ça nous rend la tâche beaucoup plus difficile. »

Martin Prud’homme refuse en outre de se prononcer quand on lui demande si M. Francoeur devrait à tout le moins se rétracter ou s’excuser. « C’est à lui de déterminer ça. Ce n’est pas à moi de lui dire quoi faire. M. Francoeur, c’est quelqu’un d’expérience, quelqu’un de reconnu. C’est quelqu’un qui est habitué de travailler avec les médias. Ce n’est pas moi qui vais lui dire quoi faire ce matin. »

« Je n'ai pas à m'excuser », dit Francoeur

Plus tôt en matinée, Yves Francoeur a assuré sur les ondes du 98,5 FM qu'il ne démissionnerait pas de la présidence de la Fraternité des policiers de Montréal. Il a en outre refusé de présenter des excuses pour ses propos du printemps dernier. Il dit n'avoir fait que son devoir, de bonne foi, et qu'il referait la même chose encore aujourd'hui.

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— Une citation de  Yves Francoeurs sur les ondes du 98,5 FM

Le chef syndical a justifié ses affirmations du printemps en expliquant que pour que les choses avancent, le recours aux médias d'information est pertinent. Il se demande comment ses accusations ont pu être jugées non fondées, en disant n'avoir jamais vu une enquête policière non fondée au cours de laquelle 60 personnes ont été rencontrées.

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— Une citation de  Yves Francoeur sur les ondes du 98,5 FM

Jean-Marc Fournier a réagi par la voix de son attachée de presse, Gabrielle Fallu, déplorant qu'« Yves Francoeur refuse de lire le résultat de l’enquête qui est écrit noir sur blanc dans le communiqué : aucune preuve ».

« En réagissant ainsi, Yves Francoeur attaque toutes les institutions, incluant le DPCP et les policiers à l’enquête », a ajouté par communiqué le leader parlementaire du gouvernement.

Dans un communiqué publié lundi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a indiqué avoir pris connaissance des conclusions de l'enquête des policiers « sur les allégations faites par M. Yves Francoeur qui remettaient en cause l’indépendance de notre institution et l’intégrité des personnes qui la composent ».

L’équipe mixte composée d’officiers et d’enquêteurs de la Sûreté du Québec, de la Gendarmerie royale du Canada et des services de police de Québec, de Laval et de Longueuil a conclu « qu’aucune infraction criminelle n’a été commise par quiconque » au terme de l'enquête.

La patronne du DPCP, Annick Murphy, ne s'est pas gênée pour se livrer à une charge bien sentie contre M. Francoeur.

« Cette situation est regrettable. Lorsque des insinuations sans fondement sont faites à notre égard, elles minent non seulement la confiance du public envers l’institution du DPCP, mais jettent le discrédit sur tout le système de justice. Cela crée un climat malsain de suspicion inacceptable. Tous les procureurs ont été affectés par cette attaque injustifiée ».

« Ainsi, une personnalité publique doit agir de façon responsable lorsqu’elle fait une déclaration dans les médias, puisque ses propos sont immédiatement pris pour avérés, alors que la véracité de ceux-ci n’est souvent déterminée que beaucoup plus tard » a-t-elle ajouté.

Yves Francoeur préside un syndicat qui représente quelque 4500 policiers actifs et qui offre des services à environ 4700 membres retraités. Il est membre du Conseil de direction du syndicat depuis mars 1998.

Avec les informations de La Presse canadienne

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