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Le choléra, un véritable fléau au Yémen

Une femme tient sa fille malade.
Une femme tient sa fille gravement malade dans un centre de traitement du choléra à Sanaa. Photo: Reuters / Khaled Abdullah
Radio-Canada

Les cas de choléra au Yémen, déchiré depuis deux ans par une guerre civile alimentée par la rivalité entre l'Iran et l'Arabie saoudite, atteindraient désormais un million, selon une évaluation du Comité international de la Croix-Rouge.

Dans un message publié sur Twitter, le CICR a écrit jeudi : « Les cas de choléra suspectés ont atteint la barre du million, ce qui amplifie les souffrances du pays pris dans une guerre brutale. »

Selon des données compilées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), entre le 27 avril et le 8 novembre dernier, 913 741 cas suspects de choléra et 2196 décès liés à cette maladie ont été signalés. Il s'agit de données alarmantes, selon l’OMS, même si le nombre de cas signalés est en diminution depuis plusieurs semaines.

Le blocus des Saoudiens mis en cause

Les conditions de vie de la population, déjà mise à rude épreuve par les combats, la faim et les épidémies, sont nettement aggravées par le blocus qu’impose l’Arabie saoudite sur toutes les cargaisons commerciales ainsi que sur les chargements d’aide humanitaire.

Un enfant remplit un réservoir d'eau. Un garçon rempli un réservoir d'eau à partir d'un robinet toujours fonctionnel à Sanaa, en pleine épidémie de choléra. Photo : Reuters / Mohamed Al-Sayaghi

L'aide arrive ainsi au compte-gouttes aux populations éprouvées par la famine et la maladie, notamment le choléra, qui se répand par l'eau ou les aliments contaminés par des matières fécales ou impropres à la consommation.

Le 10 novembre dernier, l’OMS avait d’ailleurs prévenu que la lutte contre le choléra au Yémen subirait « un revers sérieux » si le blocus du pays se poursuivait.

« Nous avons fait des progrès [dans le traitement de l'épidémie], mais nous allons subir un sérieux revers si nous n'avons pas un accès total à toutes les zones touchées », avait alors expliqué une porte-parole de l'OMS, Fadela Chaïb.

Un ruisseau rempli de déchets.Les sources d'eau potables sécuritaires sont devenues rares au Yémen. Photo : Reuters / Khaled Abdullah

La coalition progouvernementale, dirigée par l’Arabie saoudite, a pour sa part assuré mercredi que le port de Hodeïda, sur la mer Rouge, resterait ouvert « pour une période de 30 jours » pour l'aide humanitaire et les bateaux commerciaux transportant notamment de la nourriture et du carburant.

Près de trois ans de guerre sanglante

En proie à la guerre civile depuis bientôt trois ans, le Yémen est le théâtre d’une guerre sanglante entre les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi et le mouvement des rebelles houthis, qui occupent d’importantes zones du pays, dont la capitale Sanaa.

L’Arabie saoudite a décidé de constituer une coalition militaire en mars 2015 pour contrer la progression des rebelles houthis dans le pays. Selon Riyad, ces rebelles chiites sont appuyés par l’Iran, son grand rival dans la région.

Depuis, le conflit a fait plus de 8750 morts, dont 1500 enfants, ainsi que 50 600 blessés. L’ONU considère en outre que le Yémen, déjà l’un des pays les plus pauvres de la planète au début du conflit, est devenu le théâtre de la « pire crise humanitaire du monde ».

Avec les informations de Agence France-Presse

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