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Les itinérants de Montréal accompagnés plutôt que chassés

Un itinérant, assis dans une station de métro de Montréal, discute avecc un policier et des travailleurs sociaux.

La STM tolère les itinérants tant qu’ils ne représentent pas une nuisance ou une menace à la sécurité pour eux-mêmes ou pour autrui.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis cinq ans, la Société de transport de Montréal (STM) accompagne, avec l'aide de plusieurs partenaires, les personnes en situation d'itinérance dans la métropole. Cette initiative, qui fonctionne, se démarque de ce qui se fait ailleurs.

La métropole compte plus de 3000 itinérants dans ses rues actuellement, selon l'administration municipale. Par grands froids, comme c'est le cas en ce moment, certains d’entre eux se réfugient dans le métro.

« Dans plusieurs réseaux de métro du monde, la solution est simple : on les expulse. Ce n’est pas ça que l'on fait à Montréal. On se distingue parce qu'on les accompagne et quand on en parle à travers le monde, les gens sont étonnés de voir qu'on a des solutions actives et qui fonctionnent », explique le président du conseil d'administration de la STM, Philippe Schnobb.

Sept travailleurs sociaux sont maintenant dépêchés dans le métro pour venir en aide aux itinérants et une navette est mise à leur disposition.

« À la fermeture du métro, ces gens-là se ramassent à la rue, donc il y a une navette de [la Mission] Old Brewery […] Les gens de la STM savent que la navette sera là à la fermeture du métro. On ramasse une quinzaine ou une vingtaine de personnes par soir », souligne la présidente de la Société de développement social, Stéphanie Gareau.

Des bénévoles de Médecins du monde Canada discutent à côté de la camionnette qui fait office de clinique mobile.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'organisme Médecins du monde Canada dispose d’une clinique mobile qui circule dans neuf arrondissements de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, Médecins du monde Canada dispose d’une clinique mobile qui circule dans neuf arrondissements de Montréal. « Ce sont les travailleurs de rues qui connectent les personnes avec nous, explique la directrice générale de l'organisme, Nadja Pollaert. L’approche que nous on tient, c’est qu’on prend la personne où elle est et on va l’accompagner. On ne va pas lui faire la morale, on ne va pas l’obliger, on lui conseille d’aller à l’urgence, mais on considère qu’une personne est libre et digne même si elle vit dans la rue. »

Mme Pollaert relève que l'espérance de vie pour un itinérant est de 39 ans, alors qu'elle est d'environ 80 ans en moyenne pour un résident de Montréal. « C’est presque comme un pays en situation de guerre, c’est impressionnant », dit-elle.

Selon la Société de développement social, il y a eu en cinq ans 10 000 interventions d'aide aux itinérants, 1500 accompagnements dans des refuges d'urgence et 2500 consultations médicales.

Parfois, les policiers doivent intervenir, mais de moins en moins, selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« On a fait l'analyse de la criminalité dans les cinq dernières années et ça diminue. Ce que l'on fait, c'est qu’on distribue nos effectifs là où il y a le plus d'appels, où il y a le plus d'incivilités commises », note la chef de section dans le métro du SPVM, Carole Lalonde.

Avec les informations de Jacques Bissonnet et Louis De Belleval

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