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Victime de viols, elle brise le silence pour retrouver ses enfants

Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une résidente de la Beauce victime d'inceste dans les années 1970 dévoile son identité dans l'espoir de pouvoir retrouver ses deux enfants, issus des agressions qu'elle a subies.

Luce Carrier est aujourd'hui âgée de 63 ans. À la fin de 1972, elle a été violée par son oncle, Gilles Veilleux, alors qu'elle résidait à Sainte-Rose-de-Watford. L'homme de 71 ans, qui habite maintenant St-Georges, a reconnu les faits mercredi, au palais de justice de Saint-Joseph.

« Lorsque madame est tombée enceinte, on l'a envoyée vivre sa grossesse dans la région de Québec », raconte la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Annik Arbour.

Elle a accouché à cet endroit-là d'un enfant, mais dans le plus grand des secrets, puisque c'était très tabou, très caché à cette époque-là dans la famille. On ne voulait pas que ça se sache dans la paroisse.

Annik Arbour, procureure aux poursuites criminelles et pénales
Annik Arbour, procureure aux poursuites criminelles et pénales, lors d'une entrevue au palais de justice de Saint-Joseph-de-BeauceAnnik Arbour, procureure aux poursuites criminelles et pénales Photo : Radio-Canada

Luce Carrier, qui souffre d'une légère déficience intellectuelle, a donc dû donner sa fille en adoption. Le bébé est né le 16 juin 1973 à Québec.

En salle d'audience mercredi, l'avocate a également affirmé que Luce Carrier a été violée également par son propre père, trois ans après la première agression. L'homme ne sera jamais accusé parce qu'il est maintenant décédé.

Un deuxième enfant

Elle est tombée enceinte une deuxième fois et son deuxième enfant, un garçon, est né le 1er août 1976. Cette grossesse a aussi été tenue secrète par la famille. Comme sa fille, le garçon de Luce Carrier est né à Québec.

Luce a gardé le secret pendant des décennies, avant de tout dévoiler, le jour de la fête des Mères.

« Elle n'avait pas le droit d'en parler, mais là, elle a décidé que ça sortait, raconte sa belle-soeur, Maureen O'Brien, qui s'occupe d'elle. Il fallait qu'elle soit motivée et à bout de garder le secret. »


Maureen O'Brien et sa belle-soeur Luce CarrierMaureen O'Brien et sa belle-soeur Luce Carrier Photo : Radio-Canada

Luce Carrier a demandé au tribunal que son identité puisse être dévoilée dans l'espoir de retrouver ses enfants.

Ça bouclerait la boucle. Elle verrait les enfants qu'elle a mis au monde et qu'elle n'a jamais vus. Elle serait heureuse de les retrouver.

Maureen O'Brien, la belle-soeur de Luce Carrier

Un des enfants de Luce Carrier a déjà tenté d'entrer en contact avec elle, il y a quelques années, via un organisme qui organise des retrouvailles. La mère de Luce Carrier a refusé qu'ils se parlent.

Aujourd'hui, Luce Carrier souhaite pouvoir tourner la page. Rencontrer ses enfants serait pour elle le plus beau des cadeaux de Noël.

« On aimerait qu'ils entrent en contact avec nous, affirme Maureen O'Brien. Ils n'ont pas à avoir peur. Luce, son frère et moi sommes prêts à les accueillir à bras ouverts, sans condition. »

Gilles Veilleux, lui, devrait connaître sa peine le 8 février prochain.

D'après les informations de Yannick Bergeron

Québec

Procès et poursuites