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Ottawa instaure une pension à vie pour les anciens combattants blessés ou traumatisés

Des soldats canadiens en Afghanistan, en 2010.

Photo : La Presse canadienne / Anja Niedringhaus

Radio-Canada

À partir du 1er avril 2019, les vétérans des Forces canadiennes blessés ou traumatisés au combat pourront toucher une pension à vie non imposable et bénéficier de services de santé et de réinsertion accrus.

Selon le ministre des Anciens Combattants, Seamus O’Regan, ce paiement mensuel non imposable à vie pour les vétérans blessés ou rendus malades à la suite de leur service a pour but de saluer le sacrifice consenti au nom du Canada, mais aussi de réduire la complexité des programmes de soutien destinés aux vétérans et à leurs familles.

Ce plan offrira des avantages globaux de même qu’une stabilité financière pour les vétérans canadiens, en particulier pour ceux et celles qui sont les plus gravement handicapés.

Seamus O'Regan, ministre des Anciens Combattants

Ce nouveau plan d’aide aux anciens combattants, qui coûtera 3,6 milliards de dollars sur cinq ans au trésor public, s’articule autour d'une série de nouvelles mesures.

Tout d’abord, Ottawa versera une indemnité financière mensuelle non imposable à vie ou un montant forfaitaire unique « en reconnaissance de la souffrance et de la douleur causées par une invalidité liée au service ».

Le montant maximal mensuel que pourra toucher un ex-militaire admissible sera de 2650 $ par mois pour « les plus gravement handicapés qui ont des entraves à la réinsertion dans la vie civile après le service ».

Le plan d’Ottawa comporte aussi une mesure de remplacement du revenu équivalant à 90 % de leur ancienne solde pour les vétérans aux prises avec des obstacles qui entravent leur retour au travail après le service militaire.

Enfin, le gouvernement prévoit augmenter l’offre de services et d'avantages qui sont offerts aux anciens combattants, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la santé physique et mentale.

D’autres changements sont également apportés aux prestations versées aux veufs, veuves et enfants, qui passeront de 50 % à 70 % de la prestation de remplacement du revenu que touchait le vétéran avant son décès.

Des anciens combattants lors d'une cérémonie commémorative.

Les anciens combattants sont toujours plus nombreux à réclamer des prestations pour invalidité auprès du gouvernement fédéral.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Près de 4 milliards sur 5 ans

Ces nouvelles mesures, qui s’ajoutent à celles qu’a déjà annoncées le gouvernement Trudeau dans son budget 2016, portent à 10 milliards de dollars l’investissement total d’Ottawa dans le bien-être des vétérans depuis l’an dernier, selon le ministère des Anciens Combattants.

Le gouvernement du Canada est déterminé à appuyer les vétérans canadiens et leurs familles. Le Canada a une dette énorme de gratitude envers les hommes et les femmes qui ont servi en uniforme, et il nous incombe de veiller à ce qu’ils aient accès aux ressources dont ils ont besoin.

Seamus O'Regan, ministre des Anciens Combattants

Un programme plus simple

En plus d’être plus généreux que les anciennes dispositions en place, ce nouveau plan permettra de simplifier l’aide aux anciens combattants au pays, notamment en regroupant six différents programmes de soutien du revenu en un seul avantage financier.

Selon les projections du ministère des Anciens Combattants, un vétéran de 25 ans considéré comme invalide à 100 % recevra à partir de 2019 environ 1700 $ de plus chaque mois comparativement à ce qu’il recevait avant 2016.

Notre plan pour offrir une pension à vie consiste en une combinaison d’avantages qui apporte une reconnaissance, un soutien du revenu et une stabilité aux vétérans et aux membres des Forces armées canadiennes aux prises avec une maladie ou une blessure liée au service.

Seamus O’Regan, ministre des Anciens Combattants

Pas vraiment une nouvelle mesure

Le régime de pension à vie pour les ex-soldats blessés ou rendus malades lors de leur service militaire n’est pas une nouveauté.

Un tel régime existait au pays avant que le gouvernement conservateur de Stephen Harper, avec l’appui des libéraux de l’époque, ne le remplace par un système de versement forfaitaire unique pouvant atteindre un maximum de 360 000 $.

Ce système était dénoncé depuis plusieurs années par des groupes d’anciens combattants qui le jugeaient moins généreux et mal adapté aux besoins de leurs membres.

Prudence chez les anciens combattants

« La promesse était le retour à la pension mensuelle sous la loi de la pension et cette promesse-là n’a pas été tenue », déplore le directeur du Groupe de défense des intérêts des anciens combattants canadiens, Sylvain Chartrand.

Il convient cependant que l’allocation versée aux anciens combattants s’approche du montant réclamé, mais craint l’impact de l’abolition de plusieurs programmes qui coexistaient. « Ça rejoint une certaine égalité sur la loi de la pension sauf que le problème, c’est de mélanger les pommes et les oranges. On a toujours des craintes lorsqu’on fait des amalgames de bénéfices. »

Le problème c’est qu’on ne sait pas présentement quel impact ça va avoir sur les programmes existants.

Sylvain Chartrand

« C’est un geste de bonne volonté qui est [sans précédent], poursuit-il. On n’a pas vu ça depuis longtemps, depuis 2006. On est prudent. Il ne faut pas sauter aux conclusions tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas les détails. » M. Chartrand craint également que le programme annoncé, qui semble intéressant à première vue, ne déçoive dans son application.

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