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Rétrospective : 17 dates qui ont marqué le Grand Montréal en 2017

Radio-Canada

Une première mairesse, un nouveau chef de police, un mégahôpital au centre-ville... Montréal a changé de visage en 2017. Et la Rive-Sud aussi : l'Hôtel de Ville de Longueuil, par exemple, a été le théâtre d'une guerre interne qui promet d'autres débats passionnés en 2018. Tour d'horizon d'une année qui fut tout sauf ennuyante dans la région métropolitaine.

Un texte de Jérôme Labbé


1ER JANVIER – MONTRÉAL FÊTE SES 375 ANS

Le pont Jacques-Cartier illuminé, lors des célébrations du 375e de Montréal, alors que des feux d'artifice éclatent près de la structure.Le pont Jacques-Cartier illuminé, lors des célébrations du 375e de Montréal. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Ce n'était peut-être pas un chiffre rond, mais Montréal a célébré en grand. Pour 1 milliard de dollars, en fait, si on inclut des projets d’infrastructures tels que l’illumination du pont Jacques-Cartier, qui doit durer au moins 10 ans.

Plus de 575 000 personnes ont vu le pont s’illuminer, le deuxième succès populaire en importance de l’année après la visite des géants, qui a attiré plus de 620 000 personnes. Environ 200 autres activités ont été mises de l'avant, comme l'opéra inspiré de Pink Floyd et le spectacle Montréal symphonique.

Le comité organisateur, qui a dressé un bilan positif de l'événement, a même dépensé 7 millions de dollars de moins que les 125 millions qui lui avaient été alloués.


14 FÉVRIER – MICHEL THERRIEN REMERCIÉ

Michel TherrienMichel Therrien Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Le changement de garde à la barre du Canadien de Montréal avait des impressions de déjà-vu dans le monde du hockey.

La saison du CH bat de l'aile lorsque le propriétaire de l'équipe, Geoff Molson, et son directeur général, Marc Bergervin, remercient Michel Therrien, en poste depuis 2012, pour le remplacer par Claude Julien... celui-là même qui avait pris sa place 14 ans plus tôt, lors de son premier séjour à Montréal, de 2000 à 2003.

Les mauvaises langues diront que, si la tendance se maintient, Bob Gainey devrait redevenir entraîneur-chef du Tricolore d'ici quelques années...


14-15 MARS – COINCÉS SUR L'AUTOROUTE 13 EN PLEINE TEMPÊTE

Des voitures, des autobus et des camions pris immobilisés sur l'autoroute enneigée.Quelque 300 automobilistes sont restés coincés pendant 12 heures sur l'autoroute 13 dans la nuit du 13 au 14 mars. Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Heureusement, personne n'est mort. Mais la nuit du 14 au 15 mars aurait pu être autrement funeste pour les 300 automobilistes qui se sont retrouvés paralysés pendant 12 heures sur l'autoroute 13 sud, en pleine tempête, bloqués par deux camions enlisés dans la neige à la hauteur de Lachine.

À qui la faute? Québec a rapidement reconnu un problème de communication. Mais une enquête externe a montré qu'en dépit du fait que la Sûreté du Québec et le ministère des Transports du Québec (MTQ) disposaient des protocoles, du personnel et du matériel nécessaires pour répondre à la situation d'urgence, les systèmes de vigie et d'alerte en place n'ont pas fonctionné – un « constat accablant », a reconnu le ministre des Transports, Laurent Lessard, lui-même critiqué pour avoir « dormi au gaz » pendant que des automobilistes grelottaient dans leur voiture.

Un recours collectif a été déposé depuis contre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal.


7 MAI – INONDATIONS PRINTANIÈRES : MONTRÉAL, LAVAL, RIGAUD ET PINCOURT DÉCLARENT L'ÉTAT D'URGENCE

Vue aérienne des inondations dans le secteur de Berthierville.Vue aérienne des inondations dans le secteur de Berthierville, où l'état d'urgence a été décrété. Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Des inondations ont déjà cours depuis un bon moment dans plusieurs régions du Québec lorsque Montréal et plusieurs municipalités situées en banlieue de la métropole tirent la sonnette d'alarme. Les dégâts causés par la crue des eaux sont sans précédent.

En tout, plus de 6000 résidents se tourneront vers le gouvernement Couillard pour un dédommagement, qui coûtera au moins 100 millions de dollars aux contribuables.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, promet un plan d'action à court terme pour éviter que la situation se répète le printemps prochain.


28 MAI – LA RONDE FERME LA PITOUNE

Une famille se fait éclabousser à l'arrivée de la piste du manège La Pitoune, à La Ronde.La Pitoune proposait aux visiteurs d’immortaliser la descente par un cliché en bout de piste. Photo : La Ronde / Courtoisie: La Ronde

Les Montréalais devront se faire à l'idée : La Pitoune, l'un des emblèmes de La Ronde, appartient désormais au passé.

Après avoir diverti jeunes et moins jeunes pendant 50 ans, le manège « a atteint la fin de sa vie utile », a annoncé le parc d'attractions, une semaine après le début de sa saison estivale.

Dévoilée en marge de l’Expo 67, La Pitoune proposait aux visiteurs de parcourir une glissade d’eau abrupte dans une embarcation de bois, avant d’immortaliser la descente par un cliché en bout de piste.


18 JUIN – MONTRÉAL OUVRE SES PREMIERS CENTRES D'INJECTION SUPERVISÉE

De petits bacs pour récupérer les seringues souillées ont été placées sur des tables en métal.  Il n'y a pas de chaises.Des cubicules au centre d'injection supervisée de l'organisme Spectre de rue, à Montréal Photo : Radio-Canada

Imitant Vancouver et Ottawa, Montréal a ouvert cette année quatre centres où les toxicomanes peuvent consommer des drogues par injection sous la supervision de professionnels. Les trois premiers ont ouvert en juin; le quatrième en novembre.

Ces centres sont toutefois loin de faire l'unanimité. Celui administré par l'organisme Spectre de rue, par exemple, est situé à 200 mètres d'une école du quartier Centre-Sud – une situation vivement dénoncée par les parents.


22 JUIN – BERTRAND CHAREST RECONNU COUPABLE

Portrait de Bertrand Charest au premier jour des témoignages dans le cadre de son procès au palais de justice de Saint-JérômePortrait de Bertrand Charest au premier jour des témoignages dans le cadre de son procès au palais de justice de Saint-Jérôme Photo : Radio-Canada / Dessin de cour

Le petit monde du ski de compétition a été lourdement ébranlé par le procès de Bertrand Charest, qui s'est tenu cet été au palais de justice de Montréal.

À l'issue d'un processus éprouvant pour les nombreuses victimes qui ont témoigné, l'ex-entraîneur a été reconnu coupable de 37 des 57 chefs d'accusation qui avaient été déposés contre lui pour des crimes sexuels commis dans les années 1990 sur plusieurs de ses protégées, lesquelles étaient pour la plupart mineures à l'époque.

Il a écopé le 8 décembre d'une peine de 12 ans de prison que ses avocats ont portée en appel. Une requête visant à le libérer en attendant la suite des procédures a été rejetée deux semaines plus tard.


29-30 JUILLET – LA FORMULE E DÉBARQUE À MONTRÉAL

Une voiture électrique passe devant l'église Saint-Pierre-Apôtre, sur le boulevard René-Lévesque est.Le championnat de formule E a grandement perturbé la circulation dans l'est du centre-ville. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Elle n'aura fait que passer.

Présentée initialement comme un événement visant à faire la promotion de l'électrification des transports, la course de formule électrique n'a pas convaincu grand monde – à commencer par les résidents, les commerçants et les travailleurs du Centre-Sud, qui ont dû composer avec des travaux bruyants et des fermetures de rue qui ont duré plusieurs jours avant, pendant et après le championnat. Le refus de l'administration sortante de révéler combien de billets avaient été réellement vendus a donné des ailes à la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, qui a insisté sur la question chaque fois qu'elle a pu pendant la campagne électorale... avec le résultat qu'on connaît.

Selon Radio-Canada, seuls 15 000 billets ont été vraiment vendus. De toute façon, la course ne reviendra pas l'an prochain, a statué la nouvelle mairesse, malgré le contrat de trois ans signé par son prédécesseur, Denis Coderre. La Ville pourrait maintenant faire l'objet de poursuites.


2 AOÛT – LE STADE OLYMPIQUE OUVRE SES PORTES AUX DEMANDEURS D'ASILE

Trois hommes souriant sortent du stade olympique.Des demandeurs d'asile ont été logés au stade olympique après être entrés au Canada illégalement. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La décision de la Régie des installations olympiques (RIO) avait de quoi frapper l'imaginaire.

Le flot de demandeurs d'asile à Saint-Bernard-de-Lacolle a été si important cet été qu'on a dû se tourner vers le stade olympique pour accueillir plusieurs centaines de ces nouveaux arrivants.

Si cet afflux migratoire a été mal accueilli par certains, d'autres se sont précipités au stade dans les jours qui ont suivi pour souhaiter la bienvenue à ces migrants ayant fui les États-Unis de Donald Trump de crainte d'être expulsés dans leur pays d'origine.

La situation s'est finalement résorbée début septembre, d'autres centres d'hébergement ayant pris le relais.


20 SEPTEMBRE – CAROLINE ST-HILAIRE FAIT SES ADIEUX AUX CITOYENS DE LONGUEUIL

Les gens autour d'elles l'applaudissent.Caroline St-Hilaire à la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud. Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Après un règne qui aura duré huit ans, Caroline St-Hilaire, qui avait annoncé en février qu'elle ne briguerait pas un troisième mandat comme mairesse de Longueuil, a participé à son dernier conseil municipal quelques jours avant le déclenchement des élections municipales. La suite des événements est une série de rebondissements, qui laisse présager des échanges musclés l'an prochain.

Sylvie Parent, qui avait succédé à Mme St-Hilaire la tête d'Action Longueuil, a remporté la mairie, mais sa rivale Josée Latendresse, qui avait formé le parti Longueuil Citoyen après sa défaite lors de la course à la direction, a remporté une majorité de sièges au conseil municipal... sans être élue elle-même, et ce, malgré un dépouillement judiciaire. Nommée chef de cabinet de l'opposition, elle a obtenu plusieurs concessions dès la première séance du conseil municipal, mais sa majorité s'est effritée par la suite après le départ d'une conseillère devenue indépendante. Qu'à cela ne tienne : sa formation l'a déjà désignée candidate pour 2021.


21 SEPTEMBRE – LE MARATHON DE MONTRÉAL EST ANNULÉ

Des milliers de coureurs sur le pont Jacques-Cartier au départ du demi-marathon de MontréalLe départ du demi-marathon de Montréal sur le pont Jacques-Cartier le 24 septembre 2017 Photo : Marathon Rock 'N' Roll Oasis de Montréal / Steve Godwin

Trop chaud, trop humide surtout : la météo était telle, en septembre, que les organisateurs du Marathon de Montréal n'ont eu d'autre choix que d'annuler la course de 42 kilomètres – une décision difficile à prendre, qui s'est néanmoins soldée par le transport à l'hôpital de 900 coureurs ayant pris part aux autres épreuves, dont le demi-marathon, qui avait été avancé pour l'occasion.


8 OCTOBRE – LE NOUVEAU CHUM ACCUEILLE SES PREMIERS PATIENTS

La patiente est en chaise roulante.Des infirmiers et des bénévoles, dont l'humoriste Yvon Deschamps, ont participé au transfert de la première patiente de l'hôpital Saint-Luc vers le nouveau CHUM. Photo : Fournie par le CHUM

Après des années et des années de débats entourant son emplacement, d'importants retards dans la livraison et des dépassements de coûts considérables, le mégahôpital du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) est maintenant une réalité.

Inauguré en septembre – soit deux ans après son pendant anglophone, le CUSM – le « nouveau CHUM », comme on l'appelle, a reçu le mois suivant ses premiers patients en provenance de l'hôpital Saint-Luc, juste à côté. Ceux de l'Hôtel-Dieu et de l'hôpital Notre-Dame ont suivi en novembre.

D'une superficie de près de 300 000 mètres carrés, le nouveau CHUM compte notamment 772 chambres individuelles, 39 salles d'opération et plus de 400 salles d'examen.


5 NOVEMBRE – SALUT DENIS, BONJOUR VALÉRIE!

Valérie Plante, nouvelle mairesse de MontréalValérie Plante lors de son discours de victoire après avoir été élue mairesse de Montréal. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Sa victoire a été qualifiée d'historique à plusieurs égards.

Déjouant tous les pronostics, Valérie Plante a défait Denis Coderre aux élections municipales de novembre, remportant du même coup la majorité des sièges au conseil municipal. Sa campagne – menée « avec de la substance, mais avec le sourire », comme l'a décrite Philippe Couillard – a ravi le coeur et l'esprit des Montréalais, qui ont remercié Denis Coderre après un seul mandat à l'Hôtel de Ville, une première depuis en 1960. Son départ a d'ailleurs forcé l'opposition, désormais orpheline, à trouver un nouveau nom... aussitôt refusé par le Directeur général des élections.

Autre première historique : c'est un contingent d'élus composé à majorité de femmes qui a été assermenté le 16 novembre dernier. Poursuivant dans la même veine, la nouvelle mairesse a formé deux semaines plus tard un comité exécutif paritaire et confié à une élue de l'opposition, Cathy Wong, la tâche de présider le conseil municipal.

Plusieurs cependant ont dénoncé la faible représentation des minorités visibles, qui composent pourtant 30 % de la population montréalaise. Défait à la mairie de Montréal-Nord, l'ex-footballeur Balarama Holness souhaite même poursuivre la Ville et les partis pour « racisme systémique ».


28 NOVEMBRE – MOLSON ANNONCE QU'ELLE DÉMÉNAGE À LONGUEUIL

Vue aérienne de l'usine de Molson, avec le fleuve Saint-Laurent et le pont Jacques-cartier en arrière-plan.La brasserie Molson est dans le paysage montréalais depuis plus de 230 ans. Photo : Radio-Canada

C'est un symbole de l'histoire de Montréal qui s'apprête à quitter la ville qui l'a vu naître et grandir.

Deux siècles après sa fondation, Molson déménagera bientôt sur la Rive-Sud, a-t-elle annoncé cet automne. La célèbre brasserie s'était laissé désirer pendant la campagne électorale, mais un important congé d'impôt foncier offert par la Ville de Longueuil aura eu raison de son attachement envers la métropole.

Molson gardera toutefois une présence symbolique à son emplacement actuel, au pied du pont Jacques-Cartier. Un musée de la bière pourrait notamment y être aménagé.


6 DÉCEMBRE – QUÉBEC SUSPEND PHILIPPE PICHET ET IMPOSE UN NOUVEAU CHEF AU SPVM

Philippe Pichet.Philippe Pichet (archives) Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

« There's a new sheriff in town », comme l'aurait dit à une autre époque – et dans un tout autre contexte – Denis Coderre.

Sévèrement blâmé pour sa gestion des affaires internes du Service de police de la Ville de Montréal, son directeur, Philippe Pichet, a été suspendu avec solde par le ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, avec la bénédiction de Valérie Plante. Il a été remplacé par le directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme. Fini, donc, la rivalité entre « les bleus » (le SPVM) et « les verts » (la SQ).


7 NOVEMBRE – LE FESTIVAL JUSTE POUR RIRE AURA DE LA COMPÉTITION

Chaque humoriste porte un t-shirt noir avec le nom d'un autre humoriste.Plusieurs humoristes sont venus sur le plateau de l'émission « Tout le monde en parle » pour présenter leur projet. Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Les Montréalais auront droit à un nouveau festival d'humour l'été prochain.

Ébranlés par « l'affaire Rozon », qui a conduit au départ du fondateur de l'empire Juste pour rire, de nombreux humoristes se sont rassemblés autour de Martin Petit pour créer leur propre festival, le Grand Montréal comédie fest, qui aura lieu du 1er au 15 juillet.

Ce nouveau festival empiétera toutefois sur le Zoofest, qui se déroulera tout le mois de juillet, et sur le début du festival Juste pour rire, qui reviendra malgré tout le 14 juillet.


19 DÉCEMBRE – DEUX EX-ÉTUDIANTS DU COLLÈGE DE MAISONNEUVE ACQUITTÉS DE TERRORISME

Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali se tiennent la main à leur sortie du palais de justice de Montréal.Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali à leur sortie du palais de justice de Montréal Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le verdict en a surpris plus d'un. Mais après deux ans et demi de détention préventive, Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali ont recouvré leur liberté quelques jours avant le début des Fêtes.

Les deux ex-cégépiens, qui fréquentaient le Centre islamique Assahaba du prédicateur Adil Charkaoui, ont été acquittés de tous les chefs d'accusation déposés contre eux en lien avec le terrorisme. Seul Jamali a été reconnu coupable de possession d'une substance explosive sans excuse légitime.

Le jury a pris presque une semaine pour mûrir sa décision. Certains renseignements – pourtant fort compromettants à l'endroit de Djermane – ne lui ont toutefois pas été communiqués, puisque les trois personnes ayant rapporté ces informations à la GRC n'ont jamais été appelées à la barre des témoins.

Société