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Le NPD sera prêt à offrir « une autre option » en 2020, affirme Wab Kinew

Wab Kinew, dans son bureau, en entrevue de fin d'année avec Radio-Canada

Wab Kinew est le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba depuis cet automne.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Radio-Canada

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba travaille fort pour s'imposer comme choix crédible aux prochaines élections, affirme Wab Kinew. Dans une entrevue de fin d'année accordée à Radio-Canada, le chef de l'opposition officielle souligne que son parti veut offrir une solution axée sur la prévention aux défis rencontrés dans le système de santé. Sur les questions francophones, il soutient que le gouvernement devrait davantage consulter la communauté.

Un texte de Camille Gris Roy

Si 2016 a été l’année de la chute pour le NPD, marquée par une défaite importante aux élections provinciales et quelques coups durs, Wab Kinew est convaincu que son parti est en meilleure posture un an plus tard.

« On a commencé à remonter pendant la campagne pour la chefferie », affirme le député de Fort Rouge, élu chef du parti cet automne.

« Il y a beaucoup de Manitobains, qui ont peut-être élu M. Pallister, mais après l’avoir vu au gouvernement durant une année, ils sont maintenant en train de penser à une solution de rechange », ajoute-t-il.

Pour moi, c’est encourageant, parce que ça me dit que si je suis capable de faire mon travail, je peux donner une vraie option aux Manitobains […] aux prochaines élections.

Wab Kinew, chef du NPD du Manitoba

Toutefois, le parti continue à panser ses blessures à l'interne, trois ans après une rébellion.

Lors de la course à la direction cette année, on a également vu se creuser un fossé entre les deux candidats au parcours et au style opposés. Ce processus n’a pas été de tout repos pour le NPD et n’a pas donné l’image d’un parti uni. Wab Kinew affirme cependant qu’il travaille dans l’intérêt de tous.

« Une de mes priorités personnelles, et je l’ai dit à la fin de la course, c’est que je veux être le chef pour tout le monde dans notre parti […]. Et je trouve que ça marche. »

Wab Kinew, assis dans son bureau - au premier plan, sur le bureau : une sculpture en bois qui représente le Manitoba et un bison

Wab Kinew, en entrevue de fin d'année avec Radio-Canada dans son bureau au palais législatif

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

« Je pense que les Manitobains en ont assez des [discutions internes du NPD]. Ils souhaitent plutôt avoir des politiciens qui parlent des questions qui les touchent. »

Système de santé

La santé est l'un des premiers sujets qui touchent les Manitobains de près, estime Wab Kinew.

Le gouvernement Pallister a amorcé cette année une réforme majeure du système de santé, avec la fermeture prévue de trois salles d'urgence à Winnipeg, ainsi que la restructuration de nombreuses unités. La semaine dernière, le premier ministre a aussi annoncé des changements à venir pour les hôpitaux du Manitoba en milieu rural.

« Ce qui m’inquiète, c’est que M. Pallister est en train de faire des compressions budgétaires et des changements en pensant à l’argent, mais pas vraiment aux soins des familles », clame le chef de l’opposition.

Mon travail de chef de l'opposition est de donner une voix à ceux qui ne sont pas d’accord.

Wab Kinew

Wab Kinew reconnaît qu’il y a des défis dans la façon dont le système de santé fonctionne au Manitoba, mais la solution, selon lui, « n’est pas celle qui est avancée par M. Pallister ». Le NPD, en contrepartie, mettrait d’abord l’accent sur la prévention, dit-il. « Il y a beaucoup de Manitobains ayant des maladies [chroniques] comme le diabète, des maladies rénales, de grands défis personnels. »

« Si on fait des investissements dans la prévention, avant que quelqu’un ait besoin d’aller dans une salle d’urgence, c’est mieux pour la personne, mais c'est aussi mieux pour le système en entier. »

Un panneau qui affiche le centre de soins de santé pour les urgences non dangereuses de l'hôpital Victoria, après la fermeture de la salle d'urgence.

La salle d'urgence de l'Hôpital Victoria à Winnipeg est dorénavant un centre de soins de santé pour les urgences non dangereuses.

Photo : Radio-Canada

Là-dessus, le NPD a d’ailleurs entamé la semaine dernière une tournée de forums publics sur le système de santé, qui se poursuivra cet hiver. L'objectif est de « reconnecter avec les gens », dit le chef du NPD.

Affaires francophones

Wab Kinew est aussi le porte-parole de l’opposition en matière d’Affaires francophones, un rôle auparavant tenu par l’ex-premier ministre Greg Selinger, qu’il s’est attribué lorsqu’il est devenu chef.

« C’est important d’avoir un chef de parti qui peut [nouer le dialogue] avec les Franco-Manitobains dans leur langue, et en même temps qui peut démontrer qu’il est engagé d’une façon très sérieuse dans les questions [qui les touchent]. » Il soutient que le gouvernement doit tenir davantage de consultations avec la communauté.

Wab Kinew, debout, en chambre

Wab Kinew en période des questions à l'Assemblée législative du Manitoba

Photo : Radio-Canada

L’un des premiers défis pour Wab Kinew, c’est l’éducation en français : « L’avenir de la communauté franco-manitobaine. » Il note que son parti a été préoccupé par les récents changements au Bureau de l’éducation française (BEF) de la province. La création d’un groupe de travail pour la suite est une nouvelle encourageante, selon lui, « mais on aurait dû faire ça avant de prendre la décision ».

Si le gouvernement est vraiment sérieux, pourquoi n'a-t-il pas juste annulé sa décision et rajouté le sous-ministre adjoint [...]. J’ai encore beaucoup de questions.

Wab Kinew

« Il y a aussi une question au sujet de l’espace pour les écoles secondaires en langue française, ajoute-t-il. Est-ce que ce gouvernement est prêt à donner des appuis comme ça? »

L’opposition s’inquiète, par ailleurs, des possibles répercussions d’un projet de loi déposé plus tôt ce mois-ci, sur la modernisation de la publication des avis du gouvernement. « Est-ce que les avis vont être traduits en français? C’est vraiment décourageant que le gouvernement ne puisse pas nous dire que oui, il va le faire après avoir adopté le projet de loi. »

Invitée à réagir sur la question, la ministre responsable des Affaires francophones, Rochelle Squires, affirme qu’elle va « travailler avec la ministre du Sport, de la Culture et du Patrimoine pour assurer que les avis sont publiés dans les deux langues ». « Le projet de loi est sous son ministère, dit-elle, mais nous serons en constante communication pour assurer les besoins de la communauté. »

Une porte sur laquelle il est inscrit « chef de l'opposition officielle »

Le bureau du chef de l'opposition officielle, à l'Assemblée législative du Manitoba

Photo : Radio-Canada

Histoires du passé

Cette année, Wab Kinew a aussi dû faire face à des éléments sombres de son passé qui ont refait surface, notamment ses antécédents criminels et des allégations de violence conjugale.

« Ç’a été un grand défi, concède-t-il. Mais en même temps, je suis quelqu’un qui a eu la chance d'améliorer sa vie et d’avoir une deuxième chance [...]. C'est important pour moi de montrer aux gens dans la province que c’est possible de changer pour le mieux. »

Wab Kinew dans son bureau, de profil

Wab Kinew

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

« Mais je suis toujours en train d’en tirer des leçons, et même cette expérience m’a montré que c’est important pour moi d’écouter. »

« Et une des façons dont je pourrais améliorer notre société, c’est d'essayer de créer des occasions pour les femmes », assure-t-il.

« Ce travail, je l’aime beaucoup. Alors ça ne me dérange pas que des gens veuillent m’attaquer. Pour moi, j’ai la responsabilité, envers les jeunes de notre province, envers les personnes, d’avancer un plan pour améliorer le Manitoba. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui veulent me voir m'apitoyer sur mon sort. »

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