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Cancer du sein : les tests ne sont pas systématiquement partagés avec les patientes

Une mammographie.
Mammographie Photo: iStock
Radio-Canada

Les hôpitaux de la Nouvelle-Écosse bénéficient d'une nouvelle solution logicielle pour mieux évaluer la densité mammaire, un important facteur de risque de cancer du sein, mais les résultats des tests ne sont pas systématiquement communiqués aux patientes par leurs médecins.

En octobre, un logiciel conçu par Densitas Inc., une entreprise spécialisée en technologie médicale basée en Nouvelle-Écosse, a été installé dans les hôpitaux de la province.

Il mesure la densité des seins et permet de mieux repérer les tissus denses radio-opaques, qui apparaissent en blanc lors des mammographies et peuvent être difficiles à distinguer à l’œil nu par un radiologiste.

La Société canadienne du cancer explique que les seins denses présentent davantage de tissu conjonctif et glandulaire, et moins de tissu graisseux. Des études indiquent que les femmes ayant des tissus denses dans plus de 75 % de leurs seins ont de 4 à 6 fois plus de risques que le cancer du sein se développe (Nouvelle fenêtre) qu’une femme ayant peu ou pas de tissus denses.

Les femmes méritent de connaître leur densité mammaire

Malgré l’implantation de cette nouvelle technologie dans les hôpitaux de Nouvelle-Écosse, une femme doit demander à son médecin de partager avec elle les résultats concernant la densité de ses seins, car ils ne lui sont pas automatiquement communiqués.

La radiologiste Paula Gordon devant les résultats d'une mammographie.La Dre Paula Gordon, radiologiste Photo : CBC

Paula Gordon est une radiologiste de Vancouver. Elle fait partie de Dense Breasts Canada (DBC), un groupe composé de survivantes du cancer du sein et de spécialistes de la santé qui désire sensibiliser les femmes à la question de la densité mammaire.

Les femmes méritent de recevoir l’information pertinente concernant la densité de leurs seins, dit la Dre Gordon. De cette façon, elles rehausseront leur vigilance lors de l’auto-examen.

« Connaître la densité de ses seins est comme de savoir que vous faites de la haute pression ou avez un taux de cholestérol élevé », explique-t-elle. « Pouvez-vous imaginer qu’un médecin de famille mesure la pression artérielle de quelqu’un, la trouve élevée, et ne donne pas cette information à son patient? »

Environ 43 % des femmes âgées de 40 à 74 ans ont des seins denses, selon Dense Breasts Canada. Cela concernerait donc plus de 100 000 femmes en Nouvelle-Écosse.

Des exigences différentes selon les provinces

Présentement, il est obligatoire à l’Île-du-Prince-Édouard et en Ontario que les résultats concernant la densité des seins soient communiqués au médecin, mais obligatoire que la patiente soit mise au courant seulement si sa densité mammaire est de 75 % ou plus, ce qui est considéré comme très élevé. Le Québec requiert que la densité des seins soit rapportée au médecin, mais pas à la patiente.

Résultats comparatifs en noir et blanc de mammographies d'un sein très dense et d'un autre moins dense.Une mammographie montrant un sein très dense (à gauche) et un sein à la densité moins importante (à droite). Photo : Associated Press / Société américaine de radiologie

La Nouvelle-Écosse affirme que la province souhaite pouvoir automatiquement transmettre l’information sur la densité mammaire aux patientes et aux médecins. Mais selon la Dre Sian Iles, radiologiste et consultante pour le programme néo-écossais de dépistage du cancer du sein, chapeauté par le ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse, il n’y a ni « mécanisme » permettant de le faire pour le moment, ni échéance pour en implanter un.

Jusqu’à récemment, la Nouvelle-Écosse était la seule province qui n’obligeait pas ses radiologistes à mesurer la densité mammaire, selon Dense Breasts Canada.

Paula Gordon met en garde contre les « faux négatifs », lorsque les résultats d’une mammographie n’indiquent pas la présence de cancer, alors qu’il y en a un. Elle soutient que 50 % des cancers du sein chez les femmes présentant une densité mammaire élevée ne sont pas détectés par la mammographie.

« Nous voyons des patientes qui se présentent avec une masse qu’elles ont trouvée dans leur sein, parfois quelques semaines ou mois après une mammographie n’ayant pas détecté de cancer. »

« La masse dans leur sein se révèle être non seulement un cancer », déplore-t-elle, « mais parfois un cancer très sérieux ».

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