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Plusieurs biens traités avec des pesticides passent sous l'écran radar de Santé Canada

Un rapport interne de Santé Canada souligne que plusieurs biens de consommation, comme des sofas, contiennent des pesticides sans que ce soit mentionné.

Un rapport interne de Santé Canada souligne que plusieurs biens de consommation, comme des sofas, contiennent des pesticides sans que ce soit mentionné.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Santé Canada n'a aucun moyen de mesurer la présence de pesticides utilisés par les fabricants de produits en tous genres. La sécurité des consommateurs canadiens pourrait être compromise.

Un reportage de Dean Beeby, de CBC News

Dans un document interne de Santé Canada, obtenu par CBC, l’agence gouvernementale décrit le problème des pesticides domestiques en soulignant que le Canada n'a pas de mécanismes de vérification appropriés.

« Les produits de consommation et les produits commerciaux, comme les vêtements, la peinture et les articles en plastique, peuvent être traités avec un pesticide antimicrobien afin de prolonger la durabilité, la durée de conservation ou les soi-disant bienfaits de l'article pour la santé publique », affirme la note de service datée du 20 juin que CBC a obtenue en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Santé Canada a traditionnellement mis l'accent sur le contrôle de la présence de pesticides dans les aliments plutôt que sur les vêtements, les canapés et d'autres produits pour la maison.

Il n'existe actuellement aucun mécanisme permettant de surveiller les importations d'articles traités, de déterminer quels articles sont traités et de savoir quel pesticide a été utilisé pour le traitement.

Selon la note de service, le ministère mettra maintenant l'accent sur les pesticides utilisés dans les textiles, qui présentent le « plus grand risque potentiel d'exposition », en discutant des exigences réglementaires avec l'industrie, les importateurs et les détaillants. Le document note cependant que « l'industrie des pesticides et les importateurs/détaillants peuvent réagir négativement à une sensibilisation accrue ».

Au moins quatre rapports existants

Santé Canada affirme qu'il est au courant d'au moins quatre rapports d'innocuité, entre 2009 et 2017, dans lesquels les produits de consommation ont été traités avec des pesticides, y compris un canapé traité au fumarate de diméthyle (DMF), un produit chimique toxique qui endommage la peau.

Les canapés fabriqués en Chine, traités avec du DMF en tant qu'agent antifongique, ont causé des brûlures chimiques à au moins 2000 personnes en Grande-Bretagne en 2008-2009 et entraîné une première série de paiements compensatoires d'une valeur de plus de 30 millions de dollars canadiens. Le produit chimique était contenu dans des sachets à l'intérieur des canapés et s'est évaporé dans les vêtements des victimes du sofa en cuir lorsqu'il était réchauffé. Cela a causé des ampoules.

En 2009, l'Union européenne (UE) a interdit toute importation de produits contenant du DMF.

Et en 2012, le même produit chimique toxique a été trouvé dans des chaussures pour enfants importées par l'Australie.

Les pesticides exclus de la loi sur les produits de consommation

La note de service de Santé Canada précise que la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation, qui encadre la surveillance de l'innocuité des biens de consommation vendus ici, exclut expressément les pesticides de son champ d'application.

La réglementation des pesticides est plutôt laissée à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire du ministère, qui se concentre depuis des années sur l'utilisation plus traditionnelle des pesticides pour traiter les produits alimentaires et les plantes.

« Il s'agit d'une lacune dans le processus réglementaire », a déclaré Kathleen Cooper, une experte en pesticides de l'Association canadienne du droit de l'environnement.

Un porte-parole de Santé Canada a souligné que les fabricants étrangers qui exportent des marchandises doivent respecter les normes de pesticides de leurs marchés étrangers.

« La plupart des produits importés au Canada sont fabriqués pour les marchés mondiaux et doivent satisfaire aux exigences réglementaires internationales en matière de pesticides, comme celles des États-Unis et de l'Union européenne, qui sont semblables à celles du Canada et qui ne devraient pas poser de risques importants pour la santé des Canadiens » , a déclaré Éric Morrissette dans un courriel.

Santé Canada collabore avec les États-Unis et l'Union européenne, par l'entremise de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à l'élaboration d'approches réglementaires pour les produits traités importés.

L'étiquetage en cause

La note de service interne note que seule l'UE exige des étiquettes sur les produits déclarant l'utilisation de pesticides, alors que les États-Unis, comme le Canada, n'ont pas de telles exigences en matière d'étiquetage.

« Nous avons besoin de meilleures lois sur l'étiquetage. C'est un autre domaine où nous avons besoin d'une meilleure divulgation de ce qu'il y a dans et sur les produits », a ajouté l'experte Kathleen Cooper.

La note interne semble faire écho à cette préoccupation. « Les consommateurs ignorent souvent que l'article a été traité avec un pesticide, à moins que des slogans vantant ses propriétés "antibactériennes" [triclosan, par exemple] ou des marques de commerce particulières [comme Microban] ne soient utilisés », est-il écrit.

Le document cite des exemples de produits de consommation parfois traités avec des pesticides antimicrobiens : peintures, textiles, chaussures, bois d'œuvre, articles en plastique tels que des jouets pour enfants, vêtements, literie, matelas, meubles pour bébés et revêtements de sol.

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