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Éducation française, bilinguisme : la ministre Squires tire un bilan positif de l'année

Rochelle Squires, dans son bureau au palais législatif du Manitoba, en entrevue de fin d'année avec Radio-Canada

Rochelle Squires est la ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba est satisfaite des progrès réalisés par la province sur le plan de la francophonie. Dans une entrevue de fin d'année accordée à Radio-Canada, Rochelle Squires souligne que le nombre de fonctionnaires bilingues continue d'augmenter, tout comme les inscriptions dans les écoles françaises et d'immersion. En ce qui concerne le Bureau de l'éducation française, elle a bon espoir de voir le gouvernement et la communauté travailler en collaboration.

Un texte de Camille Gris Roy

En ce qui a trait au Bureau de l’éducation française (BEF) qui a récemment fait les manchettes, la ministre Squires se veut rassurante. On a appris, cet automne, entre autres, que le poste de sous-ministre adjoint au BEF a été aboli.

Rochelle Squires était présente à la rencontre du 6 décembre avec le ministre de l’Éducation, Ian Wishart, et plusieurs partenaires pour l’éducation française, à l’issue de laquelle un groupe de travail sur l’avenir du BEF a été créé. « Je pense que nous avons eu un bon dialogue », estime-t-elle.

Nous avons écouté les préoccupations de la communauté, et nous avons clairement entendu que l’éducation francophone est extrêmement importante pour les Manitobains, et ça l’est également pour notre gouvernement.

Rochelle Squires, ministre responsable des Affaires francophones

Elle rappelle, toutefois, à son tour, que ces changements au BEF s'inscrivent dans un plan plus vaste du gouvernement, pour réduire la taille de la fonction publique et gagner en efficacité. « En fin de compte, le plus important, c’est que la communauté sache que nous sommes engagés à renforcer l’éducation française dans la province », affirme-t-elle.

« Je pense que la communauté sera satisfaite quand elle verra qu’elle peut travailler de près avec le ministre de l’Éducation et avoir un lien direct avec son bureau, avec ce groupe de travail [...]. Et j’ai moi-même une excellente relation avec le ministre, nos deux bureaux [travaillent] ensemble. »

Des élèves assis à leurs bureaux écoutent leur enseignante, qui trace un graphique mathématique au tableauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une salle de classe dans une école francophone du Manitoba

Photo : Radio-Canada

Quand on lui demande si son gouvernement saisit pleinement la nature distincte de l’éducation française et la raison d’être du BEF, Rochelle Squires affirme que oui . « Nous comprenons que c’est un arrangement unique et que les besoins de la communauté francophone en éducation sont très distincts et divers, affirme-t-elle. Alors, nous allons travailler en étroite collaboration. »

La ministre estime, de plus, que les inscriptions dans les programmes français cette année sont encourageantes. En 2016-2017, 24 381 élèves étaient inscrits au programme d’immersion française, selon la province, soit 13,2 % du nombre total d’élèves dans les écoles publiques du Manitoba. Rochelle Squires indique qu’il s’agit « d’une année record ».

« Combiné avec une augmentation des inscriptions à la DSFM, nous avons quelque 30 000 élèves inscrits en éducation française dans la province. C’est une réalisation énorme, et c'est une chose que nous voulons continuer à améliorer », affirme-t-elle.

Plans stratégiques et capacité bilingue

Cette année, par ailleurs, les ministères et les agences publiques de la province avaient pour mission d’élaborer de nouveaux plans stratégiques pluriannuels sur les services en français, une obligation qui découle de la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine de 2016. La Province continue de réviser ces plans, et la ministre note qu’il n’y a pas d’échéancier précis pour leur entrée en vigueur. « Ça prend un petit peu de temps [pour] bien faire les choses, mais ça en vaut la peine », indique-t-elle.

Je conçois ces documents comme des documents de travail, en évolution, et pas juste comme quelque chose qu’on laisse sur une étagère.

Rochelle Squires

L’objectif, dit le gouvernement, reste d’offrir de plus en plus de services en français. Là-dessus, la province dit avoir continué à faire des progrès, en augmentant davantage sa capacité bilingue cette année, c'est-à-dire le nombre de fonctionnaires qui sont en mesure d'offrir des services en français, peu importe la désignation officielle de leur poste.

Rochelle Squires, en entrevue avec Radio-Canada dans son bureau, assise devant un sapin de NoëlAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rochelle Squires

Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

« C’est un autre élément dont nous pouvons être vraiment fiers, souligne Mme Squires. Et évidemment [...], notre gouvernement reconnaît que si nous voulons renforcer notre capacité bilingue, pour les services de première ligne, nous devons renforcer le système d’éducation francophone. »

La province continue également d’analyser les résultats d’un sondage en ligne sur les services en français, lancé cet été.

Immigration francophone

La ministre confirme que son gouvernement souhaite toujours atteindre la cible en immigration francophone. Fixé à 7 % au Manitoba, cet objectif établi il y a 10 ans n'a jamais été atteint.

Rochelle Squires admet, à nouveau, que cette cible est « ambitieuse ». Dans ce cas, pourquoi fixer un objectif si élevé? « Ça nous permet de ne pas perdre l’horizon de vue et d’avancer », affirme-t-elle.

Je pense que, sans objectifs, nous n’avons pas de moyens d’évaluer le progrès ou d’aligner nos priorités.

Rochelle Squires

La ministre fait aussi remarquer que son gouvernement fait face à d’autres défis en immigration dans le contexte actuel. Il doit notamment allouer davantage de ressources à l'accueil de réfugiés, « ce qui fait fluctuer les nombres ». « Il y a beaucoup de demandeurs d’asile qui traversent notre frontière [...], rappelle-t-elle. Nous devons nous assurer que le Manitoba est une terre d’espoir pour ces gens. »

Elle souligne que la province a surtout travaillé récemment à l’accueil de réfugiés yézidis. « Nous en comptons un bon nombre ici. Le Manitoba a été choisi comme [lieu d'accueil] pour beaucoup de yézidis [...]. Nous en sommes fiers et nous voulons que le travail continue. »

Rochelle Squires, devant l'arbre de NoëlAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre Rochelle Squires, en entrevue de fin d'année avec Radio-Canada

Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

Entente Manitoba-Canada

L’année prochaine, la province devra également conclure une nouvelle Entente Canada-Manitoba (Nouvelle fenêtre) pour les services en français, puisque le présent accord arrivera à échéance en 2018. Le financement du fédéral dans le cadre de cette entente est gelé à 1,4 million de dollars depuis 2007.

Rochelle Squires confirme que le processus de négociation pour une nouvelle entente est en cours, mais ne donne pas plus de détails. « Nous travaillons à un arrangement qui satisfera nos buts au Manitoba. »

drapeau franco-manitobainAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Drapeau Franco-Manitobain

Photo : Radio-Canada

Le Manitoba à l’OIF?

L’Ontario marquait cet automne le 1er anniversaire de son adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en tant qu’observateur. Le Manitoba envisage-t-il aussi cette option? La ministre note qu'elle ne peut pas se prononcer pour l'instant.

« Je n’ai pas vu de proposition et je ne peux pas dire avec confiance si, oui on non, nous avons l’intention d’emboîter le pas, mais je souhaite bonne chance au gouvernement de l’Ontario [...]. De notre côté, nous cherchons toujours les meilleures pratiques et stratégies, qu’elles viennent de notre communauté ou d’autres à travers le Canada. »

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