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Rétrospective : ces événements qui ont marqué le Canada en 2017

Radio-Canada

Au pays, l'année a été marquée par des changements à la tête des partis fédéraux, des catastrophes naturelles, des pommes de discorde avec nos voisins du sud et des dossiers judiciaires épineux. Voici 14 nouvelles qui ont été parmi les plus importantes.

29 JANVIER – FUSILLADE À LA MOSQUÉE DE QUÉBEC

Des fleurs, des bougies et des messages de solidarité devant la grande mosquée de Québec, en hommage aux victimes.Des fleurs, des bougies et des messages de solidarité devant la grande mosquée de Québec, en hommage aux victimes. Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Vers 19 h 45, un homme vêtu de noir entre au Centre culturel islamique situé chemin Sainte-Foy armé de pistolets et ouvre le feu sur les fidèles réunis pour la prière. Il tue six personnes et en blesse huit autres.

La tuerie crée une onde de choc au Québec, au Canada et dans le monde. Hommes et femmes politiques, personnalités publiques, organismes, médias, ils sont nombreux à se montrer solidaires de la communauté musulmane de la capitale, durement ébranlée. Certains appellent à une nouvelle réflexion sur l’intolérance et l’islamophobie dans nos sociétés.

Alexandre Bissonnette, 27 ans, étudiant en science politique et amateur d’armes, fait face à 12 chefs d’accusation, notamment pour meurtres et tentatives de meurtre. Aucune accusation de terrorisme n’est retenue contre lui. Son procès est fixé au 26 mars 2018.


LES OPPOSITIONS À OTTAWA SE DONNENT DE NOUVEAUX CHEFS

On voit Martine Ouellet, Andrew Scheer et Jagmeet Singh de face.Martine Ouellet, Andrew Scheer et Jagmeet Singh Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot/Sean Kilpatrick/Christopher Katsarov

En mars, la députée provinciale indépendante et ancienne aspirante à la direction du Parti québécois Martine Ouellet est élue sans opposition à la direction du Bloc québécois. Elle succède au chef intérimaire Rhéal Fortin. Elle occupe désormais deux fonctions, une décision critiquée par ses adversaires politiques. Martine Ouellet appelle les souverainistes de différentes tendances à « travailler tous dans le même sens ».

En mai, Andrew Scheer, ancien président de la Chambre des communes, devient le nouveau chef du Parti conservateur après une dure course à la direction, où le Québécois Maxime Bernier était considéré comme le favori. Andrew Sheer succède à Rona Ambrose, qui avait assuré l’intérim après le départ de Stephen Harper. Il se dit ouvertement contre l’avortement et le mariage gai, mais il refuse de rouvrir ces débats. Celui qui se présente comme un « pragmatique » promet de mener la vie dure au gouvernement Trudeau, notamment sur la question de la réforme fiscale.

En octobre, c’est au tour du Nouveau Parti démocratique de se donner un nouveau chef en la personne de Jagmeet Singh. Le député ontarien devient le premier chef sur la scène fédérale issu d’une minorité visible. Le successeur de Thomas Mulcair se voit incomber la tâche de redonner un nouveau souffle au parti et de remonter le moral de ses troupes, qui a été miné par des résultats décevants aux élections de 2015.


18 AVRIL – LA MONTÉE DE LAIT DE TRUMP

Des vaches qui mangent dans une étable.Le président Donald Trump a promis aux producteurs américains qu’il allait revoir les accords commerciaux avec le Canada, qu’il a qualifiés d’injustes. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

En mai, le bouillonnant président américain s’en prend aux pratiques commerciales du Canada, qu'il juge « très inéquitables » envers les producteurs laitiers américains, notamment en ce qui a trait au lait diafiltré, et promet de revoir les accords commerciaux internationaux. La gestion de l’offre au Canada est remise en question.

Quelques jours plus tard, l’administration américaine annonce son intention de taxer le bois d’œuvre canadien de 20 % en moyenne, ce qui envoie une onde de choc à l’industrie de ce côté-ci de la frontière.

Ces décisions donnent le ton aux pourparlers sur la renégociation de l’ALENA qui s’ouvrent à l’été; les États-Unis menacent même de déchirer l’accord. Même si les chefs de gouvernement au pays se montrent rassurants, les négociations demeurent ardues. La sixième session de pourparlers doit s'ouvrir à Montréal en janvier 2018.


MAI – REMOUS DANS L’ENQUÊTE SUR LES FEMMES AUTOCHTONES

photo d'Evangeline BillyBella Bresse tient une photo de sa fille Evangeline Billy, tuée en 2009 à l'âge de 27 ans. Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

En mai s’amorcent les audiences pancanadiennes de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) sur fond de tensions. L’enquête s’attire déjà les critiques, notamment en ce qui concerne la lenteur du processus, un manque de transparence et un manque de communication avec les familles.

À l’été, l’équipe à la barre de l’enquête connaît une vague de démissions. Des regroupements autochtones réclament le départ des commissaires restants. De son côté, le premier ministre Trudeau réaffirme son appui à l’enquête, mais promet des améliorations. Les commissaires en place, eux, tentent de se faire rassurants sur le fonctionnement des travaux.

Pendant ce temps se multiplient les récits et témoignages émouvants dans le cadre des audiences. Les Autochtones sont nombreux à réclamer justice, mais il devient clair que l’enquête ne pourra répondre aux espoirs et aux attentes immenses de tout un chacun.


DES PAS VERS LA RECONNAISSANCE DE LA DIVERSITÉ DES GENRES ET DES IDENTITÉS SEXUELLES

Le premier ministre Trudeau enlace le ministre des Anciens Combattants Seamus O'Regan à la Chambre des communes. Le premier ministre Justin Trudeau était très émotif lorsqu'il a présenté les excuses du Canada aux membres de la communauté LBGTQ2, le 28 novembre 2017. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le Sénat adopte, en juin, le projet de loi C-16, qui criminalise la discrimination fondée sur l'identité ou l'expression de genre, un projet de loi adopté par la Chambre des communes l’année précédente.

En août, le gouvernement annonce que les Canadiens auront désormais la possibilité d’indiquer un « X » pour désigner leur sexe dans leur passeport, une mesure saluée par plusieurs, mais qui soulève aussi des inquiétudes, même au sein de la communauté LGBT+, notamment concernant la menace à la sécurité personnelle que pourrait représenter cette désignation dans certains pays.

En novembre, le gouvernement Trudeau présente ses excuses officielles aux communautés LGBT+, spécifiquement aux victimes d'injustices subies dans la fonction publique fédérale et dans les Forces canadiennes en raison de leur orientation sexuelle. Le gouvernement canadien prévoit une somme de 145 millions de dollars pour aider à réparer les torts, ainsi qu’un projet de loi.


16 JUIN – ARRÊT JORDAN : RÉDUIRE LES DÉLAIS JUDICIAIRES

La Cour suprême du Canada, à OttawaLa Cour suprême du Canada, à Ottawa Photo : ICI Radio-Canada/Jean-Sébastien Marier

Les conséquences de l’arrêt Jordan continuent de faire couler beaucoup d’encre en 2017. En 2016, la Cour suprême établissait que les procédures judiciaires ne doivent pas excéder 18 mois en cour provinciale et 30 mois en Cour supérieure. Au-delà de ces limites, les délais peuvent être considérés comme « déraisonnables » et mener à l'arrêt des procédures, une décision confirmée en 2017.

Au Québec, Sivaloganathan Thanabalasingham, un homme accusé du meurtre non prémédité de son épouse, échappe à son procès en vertu de l’arrêt Jordan et est expulsé au Sri Lanka. L’affaire crée une forte réaction dans l’opinion publique. D’autres accusés de meurtre au pays, tels Lance Matthew Regan, en Alberta, et Adam Picard, en Ontario, sont aussi libérés en vertu de l’arrêt Jordan. Des victimes ou des proches de victimes s’inquiètent.

Même si les gouvernements mettent les bouchées doubles pour réduire les délais judiciaires, beaucoup d’efforts restent à faire.


7 JUILLET – DES EXCUSES À OMAR KHADR

Omar KhadrOmar Khadr Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Le gouvernement canadien présente des excuses officielles à l’ex-enfant-soldat détenu pendant 10 ans à la prison américaine de Guantanamo. Il lui verse également une somme de 10,5 millions de dollars afin de le dédommager pour les sévices qu'il a subis en détention, une décision critiquée par l’opposition conservatrice.

De son côté, la veuve du soldat américain tué en 2002 en Afghanistan lors d’une fusillade au terme de laquelle Omar Khadr a été capturé réclame que toute somme versée par le gouvernement canadien à M. Khadr lui soit remise à elle, ainsi qu'à un autre soldat blessé.


ÉTÉ – LES RÉFUGIÉS HAÏTIENS ENTRENT EN GRAND NOMBRE AU PAYS

Des demandeurs d'asile au poste frontalier de Saint-Bernard-de-LacolleDes demandeurs d'asile au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle Photo : Reuters / Christinne Muschi

À l’été, un nombre imposant de personnes tentent d'entrer au Canada hors des postes de contrôle, après que le président américain Donald Trump eut menacé de leur retirer leur statut temporaire de résidence. Près de 60 000 Haïtiens sont touchés par ce programme.

À la fin de juillet et au début d'août, le nombre de personnes tentant d'entrer de cette manière au Canada bondit à 250 par jour.

À Montréal, le stade olympique sert à héberger des centaines de demandeurs d'asile et un camp temporaire est installé à Saint-Bernard-de-Lacolle, près de la frontière. Les autorités mettent les bouchées doubles pour traiter les demandes d’asile.

Le nombre d’entrées au Canada chute par la suite, mais la crainte de le voir exploser de nouveau ressurgit après l’annonce par l'administration Trump de la fin d'ici juillet 2019 du statut temporaire de résidence.


ÉTÉ – LA COLOMBIE-BRITANNIQUE RAVAGÉE PAR LES INCENDIES

Des flammes attaquent une forêt en Colombie-BritanniqueUne forêt brûle en Colombie-Britannique Photo : Radio-Canada

Après les incendies qui ont fait rage en Alberta en 2016, la Colombie-Britannique connaît en 2017 sa pire saison de feux de forêts depuis que des données sont compilées à ce sujet.

Plus de 1200 feux sont répertoriés dans la province. Ils brûlent 1,2 million d’hectares et engendrent des dépenses de près de 500 millions de dollars seulement pour la lutte contre les incendies. Au plus fort des feux, la province compte quelque 45 000 évacués.

Les citoyens se montrent solidaires d’un bout à l’autre du pays. Ottawa, Victoria, des Premières Nations et la Croix-Rouge s’entendent sur un plan d’aide.


LA CRISE DES OPIOÏDES

Objets servant à l'injection d'opioïdes Objets servant à l'injection d'opioïdes. Photo : Getty Images / Brendan Smialowski

L’année 2017 aura été marquée par une crise sans précédent qui a frappé tout le pays : la dépendance aux opioïdes, qui a entraîné des milliers de morts.

En septembre, l'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam, lance un signal d'alarme. Les autorités de la santé estiment désormais à 4000 le nombre de décès qui pourraient survenir cette année. Trois facteurs alimentent la crise : le nombre élevé de prescriptions d'antidouleurs au pays, le fait que les utilisateurs peuvent aisément devenir dépendants et la vente illégale de fentanyl mélangé à de faux comprimés pharmaceutiques. Les provinces tentent des solutions, comme la distribution de naloxone, un puissant antidote, et la mise en place de centres d'injection supervisée.


2 OCTOBRE – JULIE PAYETTE, GOUVERNEURE GÉNÉRALE

L'ancienne astronaute Julie Payette devient gouverneure générale du Canada.L'ancienne astronaute Julie Payette devient gouverneure générale du Canada. Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

L’ancienne astronaute québécoise Julie Payette, 53 ans, devient la 29e gouverneure générale du Canada. Elle succède à David Johnston, qui avait été nommé par Stephen Harper. Elle est la quatrième femme à occuper ce poste.

Le premier ministre Justin Trudeau souligne la polyvalence de la nouvelle gouverneure générale, qui en plus de ses activités scientifiques est mère, polyglotte, musicienne, et a déjà été pilote d’avions de chasse.


#METOO : DE L’ESPOIR DE CHANGER LES CHOSES

Une jeune femme brandit une pancarteMarche à Hollywood, le 12 novembre dernier, pour dénoncer les agressions et le harcèlement sexuel Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Après l’affaire Weinstein, la liste des personnalités soupçonnées de harcèlement sexuel aux États-Unis et ailleurs s’allonge. Au Canada, les affaires Rozon et Salvail font couler beaucoup d’encre. Les dénonciations concernant d’autres personnes émergent de tous les milieux, bien au-delà des sphères culturelle et médiatique.

Sur le terrain, les intervenants dans la lutte contre les violences sexuelles et les corps policiers voient une hausse des cas signalés grâce en partie au mouvement #MoiAussi (#MeToo en anglais) sur les réseaux sociaux.

Le Québec annonce des investissements et la tenue d’un forum pour faire face au « fléau actuel » des violences à caractère sexuel.

Beaucoup de chemin reste à parcourir pour contrer le harcèlement et les agressions sexuelles, font remarquer les experts. Au premier plan, l’amélioration des processus judiciaires pour les victimes et de meilleures préventions et sensibilisations, notamment auprès des hommes.


21 NOVEMBRE – PHÉNIX : DES FONCTIONNAIRES IMPAYÉS EXIGENT UNE SOLUTION

des personnes devant la tour de la paix, de l'édifice du centre de la colline du Parlement à OttawaDes dizaines de fonctionnaires ont manifesté contre le système de paye Phénix devant le Parlement. Photo : Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a tardé à agir et n'a toujours pas de plan pour régler les problèmes de paye que vivent les fonctionnaires fédéraux, révèle le vérificateur général du Canada dans son rapport automnal. Selon lui, il faudra « des années » avant qu’une solution durable soit trouvée.

Certains fonctionnaires attendent leur paye depuis deux ans. Les excuses de la ministre des Services publics, Carla Qualtrough, ne suffisent pas : les syndicats de fonctionnaires fédéraux descendent dans la rue et réclament des améliorations immédiates au système de paye informatique.

Des enquêtes révèlent que les problèmes sont non seulement attribuables à Phénix, mais aussi à l’organisation du travail au Centre des services de paye de Miramichi. Aux Communes, libéraux et conservateurs se jettent mutuellement le blâme quant au fiasco du système de paye. La facture de Phénix pourrait atteindre le milliard de dollars.


11 DÉCEMBRE – CANNABIS : QUI VENDRA? QUI TAXERA?

La vitrine d'un comptoirs de vente de marijuana.Commerce qui vend des produits du cannabis Photo : Radio-Canada / David Horemans

Le Canada rejoindra l’an prochain les quelques endroits dans le monde où le cannabis est légal.

À la mi-décembre, le fédéral s’entend avec les provinces sur le partage des revenus de la taxe sur la vente de cannabis. Le cannabis légal sera vendu aux alentours de 10 $ le gramme, avec une taxe d’accise de 10 %. Les provinces (qui, avec les municipalités, subiront la plus grande partie de l'impact de la légalisation) obtiendront 75 % des revenus de la taxe.

L’approche s’articule autour de deux grands principes : contrôler l'accès au cannabis pour éviter que les enfants puissent s'en procurer et, parallèlement, lutter contre le crime organisé en sapant ses profits.

Beaucoup de questions demeurent toutefois, notamment en ce qui concerne les règles de la production, de la distribution et de la vente, le cannabis à l’école, le cannabis au volant, le cannabis dans l’alimentation et la réalité autochtone. Les gouvernements seront-ils prêts? Le temps presse, la loi fédérale entre en vigueur le 1er juillet 2018.

Société