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Une ancienne pompière reçoit des excuses officielles pour discrimination

Comme l'indique Nahila Bendali, Liane Tessier ne serait pas la seule à avoir vécu ce genre de discrimination.
Radio-Canada

Une ancienne pompière a reçu lundi des excuses officielles de la Ville d'Halifax et de la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse, après une bataille de 12 ans pour faire reconnaître la discrimination qu'elle a subie.

Liane Tessier, 53 ans, a conclu un règlement à l’amiable avec la Ville et son service d’incendie.

Le service d’incendie reconnaît la discrimination systémique dont Mme Tessier a été victime.

Mme Tessier avait dénoncé le comportement dégradant de ses collègues masculins et de ses supérieurs à son endroit. Elle a été la cible de rumeurs désobligeantes et son équipement a été endommagé par des collègues. Dénoncer la situation, dit-elle, a eu pour effet de déclencher une campagne de représailles, et le harcèlement à son endroit s’est accentué.

Une longue bataille de 12 ans

Liane Tessier, dont les allégations avaient été rejetées par son employeur, a fait appel en 2007 à la Commission des droits de la personne. Mme Tessier a ensuite poursuivi la Commission après avoir vu sa plainte rejetée. Un juge a reconnu que le dossier avait été mal traité, et a entre autres découvert que la Commission n’avait pas interrogé les deux principales personnes mentionnées dans la plainte initiale.

Liane Tessier, qui a délaissé sa carrière de pompière en 2007, dit s’être heurtée à un « manque complet de respect et de considération pour les plaintes de harcèlement, ainsi qu’au manque de compréhension et d’initiative et de compréhension pour enquêter et réagir à la violence sexuelle envers les femmes ».

Liane Tessier.Liane Tessier le 18 décembre 2017 à Halifax. Photo : Radio-Canada

« La triste réalité », dit-elle, « c’est que nous vivons dans une société où le harcèlement et la violence envers les femmes sont ignorés et rejetés comme si ce n’était pas important. Mon histoire est une preuve de cette réalité vécue par de nombreuses femmes. »

Depuis l’annonce du règlement à l’amiable survenu la semaine dernière, Liane Tessier dit avoir été inondée de messages de partout en Amérique du Nord.

« De nombreuses femmes vivent du harcèlement semblable et sont terrifiées à l’idée d’en parler. »

Citant sa propre expérience, Mme Tessier dit que de dénoncer ces situations équivaut trop souvent à un acte de trahison pour les services d’incendies, et mène les dénonciatrices à être considérées comme des « parias ».

Une approche différente, selon le service d'incendie

Ken Stuebing, le chef de police du service d’incendie d’Halifax, est venu expliquer que des séances de formation sur les comportements appropriés en milieu de travail étaient maintenant obligatoires pour tout le personnel.

Le service d’incendie, dit-il, a engagé un spécialiste en résolution de conflits.

M. Stuebing n’a pas été en mesure de confirmer si des sanctions avaient été imposées à certains membres du service d’incendie qui ont côtoyé Mme Tessier à l’époque, mais il indique que certains ont depuis pris leur retraite.

Liane Tessier lors d'une compétition de pompiers en 2006Agrandir l’imageLiane Tessier a remporté le championnat des pompiers Canadian Scott Firefit en 2006. Elle s'est aussi distinguée lors de compétitions similaires lors des années suivantes. Photo : Liane Tessier

Selon Mme Tessier, plusieurs des individus travaillent toujours pour le service d'incendie aujourd’hui.

« Cela me dégoûte », dit-elle. « Je suis dévastée d’avoir perdu une carrière que j’aimais et dans laquelle j’étais bonne. »

L’important, pour elle, est que les femmes dénoncent les situations de harcèlement et de discrimination sur leur lieu de travail.

La Commission fait son mea culpa

La Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse dit de son côté avoir pris des mesures pour s’assurer que des plaintes comme celle de Mme Tessier soient dorénavant traitées plus rapidement.

« Je ne vais pas me défiler », dit Christine Hansen, directrice de la Commission. « En 2012, il s’écoulait en moyenne 570 jours entre le dépôt d’une plainte et la fermeture du dossier. »

La Commission affirme qu’il faut maintenant en moyenne moins de 200 jours.

Mme Hansen assure qu’il n’y aura pas d’autres dossiers qui s’éterniseront de la sorte. « Il est important que le public sache que ce n’est plus la norme », dit-elle, et elle espère que les personnes qui sont victimes de harcèlement pourront faire appel à la Commission des droits de la personne en ayant confiance de trouver l’aide dont ils ont besoin.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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