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Le libre-échange Canada-Europe inquiète l’industrie américaine du homard

Gros plan d'un homard
Un homard Photo: Radio-Canada / Radio-Canada
Associated Press

L'entente de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne n'est pas de bon augure pour les pêcheurs américains durant les Fêtes.

La période des Fêtes est habituellement fort occupée pour les exportateurs américains de fruits de mer. Le homard est populaire dans certains pays européens vers Noël.

Le Canada, grâce à son accord de libre-échange avec l’Union européenne, dispose maintenant d’un avantage sur les États-Unis au moment d’exporter du homard dans ce marché.

Des membres de l’industrie américaine du homard disent que leurs exportations en Europe sont restées stables cette année, mais ils s’inquiètent pour l’avenir. La pression sera forte durant les Fêtes, et encore plus forte l’année prochaine, prédit Spencer Fuller, un acheteur de homards à Portland, au Maine.

La Loi de mise en oeuvre de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne est entrée en vigueur en mai dernier. Les tarifs douaniers sur les poissons et fruits de mer s’élevaient en moyenne à 11 %. L’Union européenne est le plus grand importateur de fruits de mer au monde. Ses importations de homards canadiens et américains ont totalisé près de 300 millions de dollars l’an dernier.

Le libre-échange Canada-Union européenne est entré en vigueur tandis que les ventes de homards américains dans certains pays européens diminuent. Les exportations américaines de homards en France ont chuté, de 2006 à 2016, de 42 millions de dollars à moins de 27 millions de dollars. En Espagne, elles ont diminué de 51,6 millions à 42,6 millions durant la même période. Elles diminuent aussi en Italie.

Par contre, les exportations canadiennes de homards en Europe ont augmenté. Leur valeur en dollars canadiens est passée de 88 millions en 2013 à plus de 192 millions l’an dernier, selon les données du gouvernement fédéral. La valeur du dollar canadien était d’environ 78 ¢ comparativement à la devise américaine durant cette période.

Entre-temps, les ventes de homards en Chine explosent. Les États-Unis en ont exporté dans ce pays pour 800 000 $ en 2006 et pour plus de 108 millions de dollars l’an dernier.

Des pêcheurs sur des bateaux chargés de casiers à homards.Les pêcheurs de homards dans les zones 33 et 34, comme ci-dessous dans la région de Pubnico, se préparent à l'ouverture de leur saison de pêche. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le libre-échange Canada-Union européenne peut désavantager les exportateurs américains durant les périodes moins occupées, selon Stephanie Nadeau, propriétaire de l’entreprise The Lobster Company, au Maine. Elle explique que la demande est peut-être assez élevée durant les périodes plus occupées, comme durant les Fêtes, mais qu’un ralentissement est possible durant la saison morte. Lorsque la demande diminuera, ce sera un « énorme désavantage » pour les exportateurs américains, dit-elle.

Les pêcheurs américains, qui sont principalement dans le Maine et le Massachusetts, ont débarqué des prises records de 71,9 millions de kg de homards en 2016. La valeur des débarquements en 2017 n'est pas encore connue, mais certains intervenants s'attendent à une baisse.

Au Canada, des membres de l’industrie du homard se réjouissent de leurs bonnes prises et du libre-échange avec l’Europe. Une bonne quantité de homards des États-Unis est transformée au Canada et exportée, souligne Jerry Amirault, de l’Association des transformateurs de homards de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. « Nous avons une étroite relation avec les débarquements américains », dit-il.

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