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Autriche : l'extrême droite entre en force au gouvernement

Les explications de Guy Lapointe
Radio-Canada

L'Autriche est devenue le seul pays d'Europe de l'Ouest dirigé par un gouvernement comprenant l'extrême droite. Une entente de coalition a été conclue entre le Parti de la liberté (FPÖ) et les conservateurs du jeune Sebastian Kurz, qui deviendra, à 31 ans, le plus jeune dirigeant du monde.

Avec cette alliance, le FPÖ décroche trois ministères : la Défense, les Affaires étrangères et l’Intérieur. Son chef, Heinz-Christian Strache, devient quant à lui vice-chancelier et sera également chargé de la Fonction publique et des Sports.

Cependant, la question d’une sortie de l’Union européenne, chère au FPÖ, a été exclue du pacte de gouvernement, à la demande des conservateurs du chancelier Kurz. Le programme du nouveau gouvernement affirme même que le gouvernement autrichien souhaite être un partenaire actif et fiable du développement européen.

De leur côté, les conservateurs gardent la main sur le reste des ministères, notamment sur les Affaires européennes et les Finances.

Au total, le parti conservateurÖVP contrôlera huit ministères et le FPÖ six. Il s’agit donc d’un retour au gouvernement pour l’extrême droite, qui avait gouverné avec les conservateurs entre 2000 et 2005.

Lors de l'entrée du FPÖ de Jörg Haider au gouvernement en 2000, les 14 pays membres de l’UE à l’époque avaient imposé des sanctions, de portée symbolique, à Vienne.

Ce scénario est peu susceptible de se reproduire cette fois-ci. Les partis anti-immigration ou anti-système ont renforcé leurs positions sur tout le continent.

L'enjeu de l'immigration

L’immigration et l’islam ont été les deux sujets dominants de la campagne électorale autrichienne, qui a mené à la victoire, avec 31,5 % des votes, de Sebastian Kurz aux législatives du 15 octobre, deux ans après l’arrivée massive de réfugiés en Europe.

L'extrême droite a pour sa part récolté 26 % aux élections, troisième derrière les sociaux-démocrates.

Le jeune leader conservateur se targue d’ailleurs d’être l’un des principaux artisans de la fermeture de la route des Balkans aux migrants en 2016. Il entend donc maintenir la pression.

En premier lieu, nous voulons améliorer la sécurité dans notre pays, y compris en combattant l'immigration illégale.

Sebastian Kurz

Comme ministre des Affaires étrangères, il s’était nettement rapproché des positions du FPÖ sur le sujet, ce qui a favorisé l’émergence de la coalition.

« Si tout se passe comme nous l'imaginons, rien ne s'oppose à l'investiture du futur gouvernement au début de la semaine prochaine », a indiqué le président, Alexander Van der Bellen.

Annonce dans un lieu symbolique

Kurz et Strache ont présenté les détails de leur alliance dans un lieu à haute teneur symbolique en Autriche, le mont Kalhenberg qui surplombe Vienne. Ce mont est connu pour être le lieu de départ de la reconquête de l’Europe centrale sur les forces ottomanes en 1683.

Liée au siège de la capitale autrichienne, sa reprise par les forces chrétiennes coalisées par le roi polonais Jean III Sobieski avait marqué la fin du siège et le reflux des armées musulmanes d’Europe centrale.

« Sans vouloir y accorder une importance disproportionnée », le choix de ce lieu « a une certaine signification, au moins pour le FPÖ », souligne le politicologue autrichien Thomas Hofer.

Kalhenberg accueille annuellement des groupes identitaires venus commémorer la victoire sur les Ottomans.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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